Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
13 Janvier 2007
Décidément, on savait qu'il existait un vide "sidéral" entre le peuple de la France d'en bas et ces élites, formées à l'ENA (le livre que je vous ai conseillé récemment est loin d'être élogieux sur les grandes écoles de la République). Une fois sorties de l'école, et après avoir intégré les hautes sphères du pouvoir, qu'elles ne quittent plus pendant trente ou quarante ans, ces élites qui nous gouvernent sont totalement coupées des réalités. On leur apprend à reproduire des schémas de pensée usés et inefficaces (les mêmes recettes s'appliquent depuis des décennies, sans vraiment de résultats): et après, on s'étonne que les Français soient en avance sur eux (elles) !! Une chose est sûre, le changement de génération va apporter un peu d'air frais dans la vie politique mais il faudra beaucoup plus que cela pour apporter la vraie rupture. La "révolution" reposerait sur une déprofessionnalisation des carrières politiques: l'Etat a besoin de ces très hauts techniciens, animés par leur volonté de service de l'Etat, pour fonctionner. Mais le processus de décision doit se trouver entre les mains de personnes "normales", qui maîtrisent les dossiers, qui ont fait "Sciences Po" et qui sont aptes à prendre une décision à partir de la lecture d'un rapport.
L'actualité vient de nous donner deux superbes exemples de ce fossé, qu'il faut dénoncer, et surtout combattre. 1- l'intervention de Jean-François Copé sur France Info, vendredi matin: pour le ministre délégué au budget, fait parti des classes moyennes celui qui, comme un professeur certifié en fin de carrière ou un conducteur de TGV en fin de carrière, gagne au moins 4000€ par mois !! Inutile de préciser que le professeur en question atteint en fait 2800€ net par mois et que rares sont les conducteurs, même de TGV, à dépasser un salaire mensuel de 3200€ (source: SNCF). Quand on sait que la très grande majorité des ménages n'atteint même pas ces deniers chiffres, on voit clairement à qui s'adresse le discours du gouvernement. 2- une association de consommateurs, qui a mesuré l'évolution du prix des produits alimentaires dans des grandes surfaces, a constaté en 2006 une hausse des prix de 4% sur les produits de marque et de près de 8% sur les produits premier prix, dans le bas des rayons, et auxquels les familles les plus pauvres ont recours, faute de mieux. L'inflation est-elle toujours de moins de 2% comme le prétend l'INSEE? Sûrement pas !! Une refonte de tout le système statistique français, pour le rendre indépendant et fiable (avec de nouveaux indicateurs), s'impose.
Enfin, c'est le combat de toute une législature qui vient de s'achever pour René Dosière, député socialiste de l'Aisne, qui publie ce mois-ci "L'argent caché de l'Elysée" (préface du constitutionnaliste Guy Carcassonne, éditions du Seuil, 17€). Cet ouvrage, qui récapitule cinq ans de travail (d'enquête) dans les comptes de la Présidence de la République, révèle l'étendue des dépenses de l'Elysée, depuis le début de la Vème République. Le constat du livre est clair: les comptes de l'Elysée ressemblent à un iceberg, dont la face visible ne correspond qu'au tiers de la réalité (autrement dit, le budget officiel de l'Elysée, 32 millions d'€, ne tient pas compte des apports des ministères qui, cumulés audit budget, représente 90 millions d'€). L'ère Chirac a vuce budget global multiplié par neuf, la faute aux repas et réceptions coûteuses et aux déplacements en avions privés. Ajoutons à cela que tous les frais du couple présidentiel, des repas aux vacances privées, sont pris en charge par l'Etat alors que le président touche 6000€ d'argent de poche (qui s'ajoutent, dans le cas Chirac, aux retraites de parlementaire, de premier ministre, de conseiller général...). Conclusion, plus personnelle: le train de vie de l'Etat, supporté par les contribuables, doit être considérablement réduit, la chasse aux gaspillages étant une nécessité. Car, si le budget de l'Elysée ne représente qu'un peu plus de 5€ par foyer et par an, la somme de ces dépenses permettraient de réduire la dette colossale que nos gouvernants nous laissent en héritage.
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