Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
10 Décembre 2006
Depuis les épisodes des banlieues, et plus largement depuis 2002, la question de la sécurité est au coeur des discours politiques. La présence de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur ne fait qu'en rajouter, l'hypermédiatisation du président de l'UMP engendrant une hypermédiatisation de ses paroles (de ses projets de loi, aussi) et de ses actes (notamment ses déplacements, caméras et compagnie de CRS derrière lui). Mais, comme aime à le dire Ségolène Royal, dans ce dossier (comme dans beaucoup d'autres d'ailleurs), "tout est lié", l'insécurité naissant notamment d'une inégalité des chances, elle-même conséquence des problèmes du système éducatif, du chômage et du manque d'intégration, ce qui amène à la question de l'immigration, notamment irrégulière. Bref, en vue de la prochaine campagne, il est temps de faire le point, à travers trois propositions.
1- une nouvelle politique de l'immigration, qui ne soit ni subie, ni choisie mais maîtrisée et humaine. J'ai déjà eu l'occasion de faire des propositions en la matière, lorsque Nicolas sarkozy a dévoilé son projet d'immigration choisie, et je vous renvoie aux différents articles correspondant dans la catégorie "Intérieur, police et sécurité". Ces propositions, si je résume, mettaient en avant trois grandes orientations: une politique de lutte contre l'immigration illégale et le recours aux expulsions à l'échelle européenne; la mise en place d'un parcours pour les personnes souhaitant venir s'installer en France (ces personnes déposeraient un dossier dans l'ambassade de France de leur pays en y indiquant les motivations de leur départ, déventuelles causes politiques ou familiales, la demande étant ensuite examinée par le ministère de l'immigration et la prise en charge du candidat acceptée se faisant par l'Etat français, pour son voyage, son logement et son inscription administrative); enfin une nouvelle politique de co-développement sous l'égide de l'ONU, reposant sur un système de parrainage, par les pays riches, de pays pauvres. Voir à cete effet l'article "Les riches au secours des pauvres" (en cliquant sur ce lien). J'ajouterais, pour finir, que le ministre de l'Intérieur vient de faire une proposition forte intéressante, pour la création d'un ministère de l'Immigration, qui soit capable de gérer ce dossier dans sa globalité... mais, en plus de le créer, il faudrait (contrairement à celui de l'Intérieur) lui donner le rang de ministère d'Etat (voir la première proposition sur l'organisation du gouvernement).
2- une véritable égalité des chances pour l'accès au logement et à l'emploi. La lutte contre toutes les formes de discrimination est, depuis la création de la HALDE, une des priorités du quinquennat chiraquien et, à juste titre, il faut en faire l'un des grands chantiers de la prochaine législature. Voici notamment deux mesures-phares à mettre en oeuvre tout de suite: favoriser les actions collectives en justice dans le cas de discrimination avérée (avec testing) et faire appliquer de très lourdes sanctions financières contre les fautifs (et dont le produit serait reversé au co-développement); imposer la pratique du CV anonyme dans le cas des recherche de logement et d'emploi, par le biais d'une procédure de sélection sous le contrôle des agences de location ou de l'ANPE (à ce propos, voir l'article "Généraliser le CV anonyme").
3- enfin, un vrai renforcement de la cohésion sociale, qui passe par des actions ciblées dans les domaines qui engendrent des inégalités. L'inégal accès au logement doit être corrigé par une politique dense de construction de logements sociaux, d'expropriation des propriétaires ayant abandonné leur(s) bien(s), de mise en place de crédits facilitant l'accès à la propriété par le biais de la location (avec la caution des municipalités qui, en cas de défaut de paiement, serait propriétaire de la maison et qui pourrait échelonner davantage les mensualités). Le système scolaire nécessite, comme le soulignent les candidats, une profonde réforme qui passe par une grande loi d'orientation, dont j'ai défini les bases dans l'article sur "L'école de nos citoyens". Enfin, et c'est la proposition-phare des différents candidats après l'épisode de l'an dernier, le fameux service civique est une nécessité pour la cohésion sociale, permettant le brassage social et l'intégration des étrangers. A condition qu'il ne soit que facultatif (ce serait alors un critère de "discrimination positive" à faire figurer dans les CV: les jeunes prendraient alors conscience de l'importance de cette expérience) et pour une durée préfixée (de six mois, dont deux dans le cadre d'une action humanitaire à l'étranger sous l'égide d'une ONG).
Mon objectif étant, par ces propositions dignes d'un projet présidentiel, d'ouvrir le débat sur six grands chantiers du prochain quinquennat, votre avis m'intéresse. Faisons comme si cette mesure (dans son ensemble !) étant soumise à référendum, que voteriez-vous? Oui ou Non? Ou vous absteneriez-vous? Dites-le moi en laissant un commentaire.