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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Non, non et non !!

Cette fois, y'en a vraiment marre ! Cette semaine, les faits d'actualité qui peuvent nous faire bondir se multiplient... sans que les problèmes de fond qu'ils dégagent ne soient abordés. Florilège des sujets, a priori sans importance, mais qui en disent long:
- en visite au Gabon pour participer aux obsèques d'Omar Bongo, dirigeant africain à la longévité extraordinaire (il se vantait lui-même d'avoir connu les six Présidents de notre 5ème République !), le président Sarkozy a été chahuté par une jeunesse en colère. Passons. Le pire, c'est qu'alors que des élections sont prévues dans les prochaines semaines, et qu'une transition respectant les règles démocratiques est en cours (avec la présidente du Sénat), l'un des candidats déclarés n'est autre... que le fils d'Omar, Ali Ben Bongo (photo, à gauche), actuel ministre de la Défense. Outre le fait que cela confirme le népotisme pratiqué dans certaines fausses démocraties africaines, on tombe presque dans un régime monarchique, où le fils promu succède au père avec, déjà, la promesse d'en perpétuer le souvenir. On croit rêver. Si le fils Moubarak prend la succession de son père à la tête de l'Egypte, on peut trembler pour la stabilité future et la vitalité démocratique du continent noir. Mais, le plus scandaleux est que cette annonce n'a ému personne. Cela semble presque normal. Il faut dire que, dans un pays où le "fils à papa" occupe déjà des responsabilités en visant encore plus haut (la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine ou la députation sont déjà dans la ligne de mire du Prince Jean), une annonce comme celle-ci ne choque pas. Et si en plus, cela se passe en Afrique... Ce n'est pas l'ancien ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, qui me contredira, lui qui aurait déclaré au fils de son "meilleur ami de trente ans", d'après une indiscrétion relevée par le Figaro (édition du 3 juin): "Le costume de conseiller général est beaucoup trop étriqué pour toi. Tu auras à en porter d'autres, plus larges et plus amples". Et le vote démocratique dans tout cela?
 
- deuxième affaire, celle des bébés congelés. Véronique Courjault, mère de deux enfants qu'elle a assassiné (la préméditation a été reconnue par la cour) à leur naissance en les plaçant dans un congélateur, vient d'être condamnée à huit années de réclusion criminelle par la Cour d'assises d'Indre-et-Loire. Emprisonnée depuis l'automne 2006, elle devrai donc sortir à l'automne 2014 (si mes calculs sont bons). Or, dès l'annonce du verdict, commentateurs et membres de la famille de l'accusée se félicitait de la voir sortir dans un an et demi environ, les remises de peine pouvant permettre à cette meurtrière de recouvrer la liberté après quatre ans derrière les barreaux. Soit la moitié de la peine à laquelle elle a été condamnée. Je n'ai nullement l'intention de remettre en cause la peine prononcée car, dans un dossier si complexe, le citoyen informé par le biais des médias n'a pas toutes les cartes en main. Mais, là, il y a  matière à scandale: cette femme ne devrait pas pouvoir sortir avant l'automne 2014 ! Après quoi, on s'étonnera que les Français n'aient plus confiance dans leur justice. Une justice qui condamne à perpétuité et laisse sortir un condamné vingt ans après les faits pour bonne conduite, c'est une justice qui échoue !
- troisième affaire, celle de la Formule 1. Annoncée ce matin, l'information semble simple à comprendre: les grosses écuries, qui brassent des millions d'€uros (comme dans tous les sports business), se sont coalisées contre la fédération internationale qui entendait fixer un plafond de dépenses pour toutes les équipes participant au championnant, afin que les gros ne dominent pas systématiquement les moins gros. Dans une époque où un club de foot peut dépenser des millions de SMIC pour s'acheter les services d'un joueur (qui en devient donc une marchandise) et où les responsables de la crise rechignent à voir leurs salaires himalayens encadrés, limiter les dépenses est un affront. Les écuries créent donc leur propre championnat. La fin de l'argent roi n'est pas pour demain !
 
- quatrième exemple, les dépenses de l'Elysée. Comme tous les ans, le député apparenté socialiste de l'Aisne, René Dosière, sort son enquête sur les dépenses de la présidence de la République. Celui qui s'était fait remarquer sous Chirac pour sa persévérance à contrôler ce budget (et il est donc pleinement dans son rôle de parlementaire, contrôlant l'exécutif au nom de la transparence, tant claironnée par la Sarkozie !), remue le couteau dans la plaie. Après l'augmentation du salaire présidentiel et du budget de l'Elysée pour rapatrier des dépenses couvertes, jusque-là, par des ministères (pour mettre officiellement fin à une hypocrisie), voilà donc l'explosion des dépenses sarkozyennes. Avec, comme simple exemple, l'invitation de 2000 convives supplémentaires à la dernière Garden Party de l'Elysée, engendrant un surcoût de 55 000€ (soit un total de 475 000 en 2008 !). Et n'oublions pas le grand concert voulu par le chef de l'Etat le 14 juillet: un grand concert gratuit... payé par les contribuables. La moitié de la somme devrait aller dans les poches de Johnny, exilé fiscal, pour sa prestation. C'est dégeulasse !
- cinquième exemple, plus anedotique: une pub qui circule en ce moment. Intersport, la chaîne de vente de vêtements et d'articles de sport, propose une réclame de quelques secondes dont le message est clair: "C'est les vacances ! Faites des économies ! Dépensez-vous !". Or, les vacances scolaires, pour les collégiens (une des cibles de la pub), c'est dans deux semaines... Comment voulez-vous combattre l'absentéisme de fin d'année - les beaux jours aidant - et mener à bien la reconquête du mois de juin, voulue par le ministre, face à de tels messages? Cette publicité devrait tout simplement être interdite !
 
Et, le meilleur pour la fin ! Depuis hier, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE sont réunis à Bruxelles. Deux missions: se mettre d'accord sur la moralisation du capitalisme, pour faire suite au G20 de Londres et montrer aux citoyens européens, peu mobilisés lors du scrutin du 7 juin, que l'Europe bouge; et, apporter leur soutien au Portugais Barroso pour rester à la tête de la Commission. Sans surprise, hier, les dirigeants européens l'ont tellement soutenu qu'il ne se sentait plus p... après la réunion: "Ce qui s'est passé, c'est extraordinaire. C'est d'avoir l'unanimité des chefs d'Etat et de gouvernements, démocratiques, donc de gouvernements légitimes. J'étais très fier car je vois la reconnaissance" déclarait-il. Heureusement, la majorité des Eurodéputés pourraient lui barrer la route. Car, il y a au moins trois bonnes raisons pour le virer:
- plus que l'homme, ce sont les idées qu'il représente dont les Européens ne veulent pas: l'ultra-libéralisme économique, l'atlantisme diplomatique;
- deuxièmement, l'homme pose aussi problème: comme le dénoncent ces opposants, il a été plus qu'absent pour faire face à la crise et manque de leadership pour diriger avec fermeté et efficacité une commission qui ne fait plus preuve d'audace et d'intiative. A l'heure où Sarko a fait campagne sur le besoin d'un leadership, d'une Europe qui serait bien dirigée, choisir Barroso, c'est faire l'inverse !
- enfin, l'homme se pose en démocrate, mais ce n'en est pas un. Cautionnant un deuxième vote en Irlande (ce qui est la plus grave entorse à la souveraineté d'un peuple), il place d'abord les gouvernements européens - dont il veut être le représentant (d'où son insistance pour rappeler qu'ils sont démocratique et légitimes) - et, loin derrière, les Eurodéputés, soient 732 personnes élues au suffrage universel direct il y a moins de quinze jours. C'est hallucinant !
 
Et vous, qu'en pensez-vous? Je vous propose de donner votre avis en répondant à un second "sondage de la quinzaine" qui restera en ligne jusqu'à dimanche prochain. La réponse est simple. J'espère que vous serez nombreux à participer. Et vous pouvez, en plus, poster un commentaire attaché à cet article pour commenter les sujets que je viens d'évoquer. Très bonne journée !
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