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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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... et l'Europe sociale n'est pas pour demain !

Avant même que nous ne nous rendions aux urnes, nous savions déjà une chose: les partis extrêmes, surfant sur cette vague nationaliste que de nombreux politiciens - Benoît Hamon par exemple - ont annoncé comme une conséquence de la crise économique, ont réalisé quelques percées. Les Pays-Bas, qui avaient rejeté avec la France le Traité constitutionnel européen, n'y ont pas échappé: dans ce pays, les dernières élections nationales l'avaient déjà montré récemment. Et cette tendance n'est pas isolée: en Autriche ou en Grande-Bretagne, des élus d'extrême-droite seront, encore une fois, présents dans l'hémicycle du Parlement européen au sein du groupe nommé "Union pour l'Europe des Nations". Heureusement, en France, ce phénomène est moins prononcé, le FN ayant perdu des plumes dans le scrutin... même si ses principales figures ont été réélues. En plus de Jean-Marie Le Pen, sa fille Marine retrouvera son siège grâce à un score hallucinant dans ma circonscription du Nord-ouest, ma région - la Picardie - lui ayant fourni plus de 12,5% des voix (le plus gros score de toute la France), la plaçant en 3ème position, derrière l'UMP et le PS ! Heureusement, la tendance n'est pas générale et ne concerne que quelques îlots (qu'il s'agisse de quelques régions en France, ou de quelques pays en Europe). Mais, c'est une tendance qui a de quoi nous inquiéter. Tout comme le fait que la majorité sortante, de droite, puisse continuer à gouverner l'UE avec, en chef de file, José Manuel Barroso, déjà déclaré candidat à sa succession... tout en pouvant déjà conpter sur le soutien affiché de N. Sarkozy et Mme Merkel.

Dans le Parlement sortant, le PPE (Parti Populaire Européen) détenait 37% des sièges, ne devant sa majorité qu'à l'appui, régulier, des libéraux (du centre), des formations plus à droite et des indépendants. Dans le nouvelle assemblée (voir le résultat définitif ci-dessus), il disposera de 36% des sièges, passant de 288 sur 785 à 267 sur 736. Bref, là encore, la victoire de la droite que les médias ont proclamé comme une évidence mérite d'être quelque peu nuancée. D'autant plus que le camp des progressistes, qui pourrait bien aller, cette fois-ci, de l'extrême gauche aux libéraux inclus (si le groupe du centre européen suit la logique du centre français), compte davantage d'élus que le camp conservateur. En effet, sur un sujet simple (la réélection de Barroso à la tête de la Commission), la majorité pourrait basculer: en France, il semble exister un consensus allant de l'extrême-gauche au centre (soit 39 eurodéputés sur 72) pour barrer la route à celui qui représente l'atlantisme béat et l'adhésion totale à l'ultra-libéralisme économique. Or, à y regarder de près, avec la montée des extrêmes, des écologistes et la relative stagnation de la droite européenne, ce ne semble pas être la direction que souhaite une majorité d'Européens. Sur ce point, la réaction de José Bové, sur le plateau de France 2 lors de la soirée électorale, était particulièrement intéressante: l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne, figure d'Europe Ecologie, réclamait que l'élection du président de la Commission soit repoussé à quelques mois, en attendant que le traité de Lisbonne entre en vigueur. En effet, ce traité va changer quelque peu les choses. Dans la procédure actuelle, le président de l'organe central de Bruxelles est choisi par le Conseil européen, c'est-à-dire les chefs d'Etat et de gouvernement (d'où la tournée de Barroso dans les pays d'Europe, non pour animer des meetings et donner envie aux Européens d'aller voter, mais pour rencontrer ces dirigeants à qui il doit son fauteuil). Dans le nouveau système, ce poste est attribué par un vote des eurodéputés, qui ne sont que consultés aujourd'hui. Retarder cette élection permettrait donc à une majorité parlementaire, représentant les aspirations des peuples, de mettre fin à cette Commission qui rassemble les ambitieux (tel Michel Barnier !).
 
La droite française a insisté sur un thème que les socialistes auraient été bien inspiré de mettre au coeur de leur campagne: comme je le disais au moment du "sondage de la quizaine" que j'avais consacré à l'orientation à donner à l'UE, l'Europe sociale ou fiscale dont nous avons besoin ne se fera pas sans une Europe politique forte, vraiment démocratique. Or, en observant les résultats des dernières élections, le constat est simple: la nouvelle progression de l'abstention montre que l'Europe des citoyens est dans le coma... Faute d'apparaître comme un ensemble d'institutions transparentes et démocratiquement choisies, l'UE ne passionne pas ceux qu'elle est censée servir. Et l'abstention vertigineuse observée dans certains pays de l'Est pimente encore ce constat: le rêve européen, qui existait chez ces peuples avant 2004, s'est presque volatilisé. Dégoûter aussi rapidement les Lituaniens ou les Slovaques (qui n'ont pas été plus d'un cinquième à se mobiliser), c'est très fort. Et il n'y a vraiment pas de quoi en être fiers. Même pas le fait que les citoyens d'autres pays membres depuis moins de cinq ans se soient davantage mobilisés car, dans d'autres cas, l'abstention y a été plus forte que celle dans l'ensemble de l'Europe. Or, cette dernière a une conséquence directe: les eurodéputés qui vont siéger à Strasbourg pour les 5 prochaines années ne sont pas parmi les plus légitimes, faute d'être représentatifs de leurs électeurs. Et, pourtant, ceux qui se sont déplacés ont participés à une des élections démocratiques les plus importantes du monde (avec celles qui se tiennent en Inde).
 
Mais, il y a pire: la majorité sortante, qui a soutenu le projet de traité proposé par N. Sarkozy, s'apprête à poursuivre sur une ligne politique qui ne craint pas de bafouer le vote des citoyens. Imposer, par voie parlementaire, un texte dont l'essentiel du contenu a été rejeté à l'occasion de trois référendums, est une honte. Quelle que soit la pertinence des mesures, notamment institutionnelles, qu'il contient - et que je soutiens personnellement -, la démarche est injustifiable. Demander aux Irlandais de revoter parce que la première fois, ils n'ont pas voté comme il fallait, c'est bafouer la souveraineté des peuples. C'est enterrer l'Europe des peuples. C'est précipiter nombre de nos concitoyens européens vers l'abstention ou les extrêmes, tous deux obstacles à une Europe forte. Et cette majorité, qui pourrait bien reconduire M. Barroso, poursuivra également sa politique libérale dont les méfaits sont à prévoir: marché commun avec libre circulation des capitaux entre Europe et Amérique du Nord à l'horizon 2015, poursuite de la fragilisation des services publics, réduction des droits des salariés (avec une limite de travail hebdomadaire sans cesse repoussée), aucune lutte contre le dumping fiscal, agitation médiatique pour faire croire à la lutte contre les paradis fiscaux, poursuite de la politique de reconduite aux frontières des migrants miséreux, etc. Malheureusement, faute de transparence, les citoyens européens ne sont pas suffisammen informés sur les projets votés ces cinq dernières années. Il y aurait de quoi les refroidir. Mais, l'essentiel, comme le reconnaissait le leader du PPE au soir de ce qui était présenté comme son succès, c'est que les Européens comprennent que la droite peut sortir l'Europe de la crise... et mordent à l'hameçon de la moralisation du capitalisme. Nouvelle priorité affichée par les conservateurs. En attendant de voir le résultat, une chose est sûre: l'harmonisation des bas salaires par le haut, la création d'un impôt européen pour donner plus de moyens à l'Europe, la lutte contre les délocalisations vers les pays à bas coût ne sont pas pour demain.

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S
S'il y a effectivement un ancrage à "droite", c'est aussi dû au morcellement de la "gauche" entre tendances contradictoires. Le premier constat est que la plupart des partis n'ont pas vraiment parlé Europe, à l'exception des verts et de libertas, tandis que même les europhiles du PS tombaient dans le vote sanction contre sarko dans les professions de foi que j'ai reçue. C'est là le premier déficit aux yeux d'un bon nombre de gens: on ne fait qu'élire des sorte d'apparatchiks pour pas grand chose au bout du compte
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A
<br /> Il est clair que la gauche est en piteux état, ce que montre son score. Mais, toute la gauche n'est pas en lambeaux: les écolo et la gauche radicale (Front de gauche en France ou die Linke en<br /> Allemagne) ne se portent pas trop mal, du fait de leur contestation virulente du capitalisme. Un travail en profondeur, qui concerne autant la gauche socialiste que le reste de la gauche,<br /> est à faire collectivement. Pour la France, j'en dirais plus demain...<br /> <br /> <br />