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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Brève: Gouvernator sera-t-il le sauveur?

Et, non, ce mercredi, je ne vais pas parler de Sarkozy ! Car ce n'est pas lui qui se cache derrière ce titre, mais Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de la Californie. Républicain, soutien de John McCain lors de la dernière élection présidentielle, il bénéficie d'une bonne image, tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger: la popularité de son action et de ses initiatives à contre-courant des non-décisions prises par l'administration Bush (notamment dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique) y participait. Mais, c'était compter sans la crise. Or, contribuant à 13% du PIB américain, l'Etat qu'il gouverne depuis 2003 constituerait la huitième puissance économique mondiale s'il était indépendant. Autrement dit, avec ses technopoles (dont le plus célèbre est celui de la Silicon Valley), son tourisme et une population relativement aisée (des classes moyennes qui cherchent la mer, le soleil et les emplois qualifiés), la Californie est un des moteurs de l'économie américaine. Or, ce moteur est plus que grippé: la crise économique actuelle a tout simplement plongé les finances publiques dans le rouge au point qu'avec des rentrées fiscales inférieures à celles de l'année dernière, l'Etat frôle la faillite si rien n'est fait.
 
Souhaitant apporter une solution à ce grave problème, dont les retombées sociales seraient colossales, le super-Gouvernator a convoqué, hier, un scrutin référendaire pour demander à la population de valider, une par une, six propositions pour sortir de la crise: poursuivre l'augmentation, déjà entamée, de la fiscalité sur le consommation (l'équivalent de notre TVA); amorcer une augmentation de la fiscalité sur les revenus ainsi que sur les véhicules; ou encore geler les salaires des élus de l'Etat jusqu'à ce que l'hémorragie budgétaire se termine. Il faut dire que la situation est telle que le gouverneur avait, dans ses déplacements et interventions publiques, annoncer que l'Etat serait contraint de vendre certains de ses bâtiments ou encore de ses stades. Dans sa campagne, "Schwarzie" avait menacé: en cas de rejet de ce plan de sauvetage des finances locales, des mesures draconiennes seraient prises. Parmi celles qui étaient envisagées, avant même le résultat du vote, on peut citer: la suppression de 5000 postes de fonctionnaires, prioritairement dans l'éducation et la sécurité civile, la diminution des aides sociales aux plus précaires par la définition de critères d'admission plus stricts. Bref, dans un pays où la Sécurité sociale et la solidarité nationale ne sont que très peu développés, ce plan draconien avait de quoi effrayer les électeurs. Et, pourtant, ils ont choisi cette voie puisqu'il n'ont approuvé que la dernière des mesures citées (le gel des rémunérations des élus), à plus de 75% des voix exprimées, rejetant les cinq autres.
 
Apprenant ce résultat, le gouverneur a donc publié un communiqué prenant acte de la décision de ses administrés et appelant à l'unité des démocrates et des républicains pour "commencer à élaborer des solutions constructives pour répondre à la crise fiscale". En espérant que les menaces annoncées avant le vote ne soient pas réellement appliquées. S'en prendre à l'éducation, réduire les budgets de l'université et le nombre d'enseignants dans les écoles, et réduire la présence publique - comme il semble l'envisager de plus en plus sérieusement - c'est précariser encore davantage ceux qui la crise a déjà fragilisé. On peut donc légitimement s'interroger sur la pertinence des choix économiques et politiques menés depuis 2003 et qui, en plus de la crise, expliquent probablement que l'Etat en soit arrivé à une telle situation. Un déficit et une dette publiques aussi élevés ne se forgent pas en quelques mois, en raison d'un phénomène mondial... auquel cas la Californie ne serait pas la seule à être si menacée. Dès lors, on soulignera que le plan proposé aux électeurs, et rejeté hier, semblait être la moins pire des solutions: certes, augmenter la fiscalité comprime sérieusement le pouvoir d'achat des ménages concernés mais, face à un tel trou, la solution fiscale semble incontournable, d'autant plus que le régime sec devait, ici, concerné les élus. Bref, un effort partagé par toute la population, des sacrifices énormes devaient être consentis au nom de l'intérêt commun. En gros, accepter de payer plus d'impôts et se serrer encore un peu plus la ceinture pour les moins précairs et éviter aux plus pauvres une descente aux enfers. A cela, les Californiens ont dit "non". Eux qui avaient déjà, il y a quelques mois, entérine un retour en arrière en rejetant le mariage gay, qui avait été appliqué un court moment en toute légalité.

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