Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Hier, pour deux évènements indépendants l'un de l'autre, la Russie était au coeur de l'actualité. L'un d'eux a été très largement commenté: il s'agit, bien sûr, du concours de l'Eurovision (où la France, avec la participation de Patricia Kaas, s'est moins ridiculisée que les années précédentes). L'autre, qui n'est pas totalement passé inaperçu, a suscité moins de réactions: il s'agit de la "Gay pride" moscovite. C'est à ces deux sujets, sans rapport, mais qui ont attiré mon attention, que je consacre cet article.
En revenant d'abord sur le concours de chant qui a vu la victoire d'un jeune Norvégien de 23 ans, né un 13 mai (il a donc fêté son anniversaire cette semaine) à Minsk, actuelle capitale de la Biélorussie, à une époque où ce pays appartenait encore à l'URSS finissante. Vainqueur facile de la pré-sélection, dans son pays, pour le représenter à Moscou, où se tenait la grande finale, il a provoqué un raz-de-marée dans la plupart des pays dont les citoyens participaient au vote. Avec 387 points, il devient le vainqueur le mieux élu, pulvérisant le précédent record (établi à 292). C'est donc un véritable plébiscite qui lui permet, avec sa chanson "Fairytale", de remporter ce Concours. Et, franchement, c'est mérité. Je ne suis pas très branché, niveau musique (ma soeur me le reproche assez !)... mais sa chansin est vraiment très bien: je vous laisse l'apprécier (ci-dessous, la vidéo de son passage lors de la finale d'hier soir).
Samedi soir, je n'ai pas regardé le concours en entier. En première partie de soirée, j'ai suivi l'émission "Qui veut gagner des millions?" spéciale associations: d'ailleurs, si vous en avez le coeur, donnez à l'association IFRAD (pour la lutte contre la maladie d'Alzheimer), pour laquelle Patrice Lafont et Cécile de Ménibus n'ont récolté que 1500€, après avoir échoué à dire que l'Empire State Building avait été coloré en bleu - couleur du parti démocrate, le soir de l'élection d'Obama. Après avoir regardé le début de l'émission de Ruquier ''On est pas couché", j'ai zappé sur France 3 pour suivre le décompte des résultats de l'Eurovision. Je vous en rappelle les règles: 25 pays présentaient un candidat participant à cette finale et les téléspectateurs de 44 Etats du continent - ils étaient près de 100 millions à suivre la cérémonie organisée par la Russie, lauréate en 2008 - devaient voter, par téléphone ou SMS, pour leur artiste préféré. Chaque pays accordait ainsi des points: 12 pour celui qui avait eu le plus de votes, 10 pour le second, 8 pour le troisième et de 7 à 1 points pour les 4ème à 10ème. Calcul simple: le maximum qu'un des participants pouvait atteindre est de 516 points (43 fois les 12 points attribués au premier de chaque vote, les électeurs d'un pays n'étant pas autorisé à voter pour l'artiste qui les représente). De ce scrutin, on retiendra deux éléments à souligner: - la compétition réunit 44 Etats, soit 17 de plus que ce que compte l'UE: autrement dit, comme l'Europe du foot, l'Europe de la chanson donne sa place, sur le continent, à la Russie, la Biélorussie, l'Ukraine, ou encore la Norvège, l'Islande ou encore la Suisse (qui, tout en étant clairement européens, au sens géographique, n'appartiennent pas à l'Union); - en décortiquant les votes des habitants (des peuples, pourrait-on dire), on constate que la chanson permet aux Estoniens de voter pour la Russie ou aux Allemands de voter pour l'Ukraine: bref, les tensions "traditionnelles" qui peuvent exister entre certains de ses pays en deviennent presque ridicules, n'étant le fait que des hommes politiques qui les gouvernent. Conclusion? L'UE des peuples, que j'appelle de mes voeux, qui mettrait fin à la superposition d'associations auxquelles les pays du continent n'appartiennent pas tous, est loin d'être pour demain. Dommage !
Ajout (au 19 mai):j'ai oublié deux autres enseignements de ce concours de chanson, que j'ajoute donc ce mardi. Ce soir-là, j'ai sans doute eu raison de ne pas visionner l'ensemble du Concours car, d'une part, un bon nombre des artistes proposaient des tubes qui ne me conviennent pas et, surtout, il aurait fallu supporter pendant trois heures les commentaires, frôlant parfois la débilité, de Cyril Hanouna et Julien Courbet (remisé à l'Eurovision, faute de pouvoir nous proposer une émission de service public qui intéresse les gens). J'ai regardé la dernière heure pour consulter les résultats et, pour les commenter, on a eu droit à deux lamentations incessantes, et intéressantes: - les autres pays ont peu voté pour Patricia Kaas, notamment les habitants des pays de l'est où elle est appréciée en tant qu'artiste, sans doute parce qu'ils n'ont pas autant apprécié sa chanson que celle du vainqueur: sauf que, pour nos deux commentateurs d'un soir, c'est l'amitié d'un peuple envers un autre qui aurait du permettre à notre représentante de marquer des points, et non sa prestation vocale. Bref, un concours se gagnerait sur les sentiments et non sur la qualité de la prestation !? - par ailleurs, ils n'ont pas arrêté de nous répéter que, dans les sondages, elle n'était jamais classé au-delà de la cinquième place, étant plus souvent 2ème (derrière le Norvégien, grand favori) que 5ème. Sauf qu'entre les sondages et le vote réel, il peut y avoir un décalage... parfois énorme ! On pensait que 2002 avait suffi à le rappeler. Il faut croire que non. D'autant que lesdits sondages mesuraient davantage l'artiste que sa chanson. Là encore, depuis deux ans, on croyait avoir compris qu'il vaut mieux s'intéresser aux programmes qu'aux personnes. Apparemment, non: c'est désolant !
Et j'en viens, pour finir, à cette Gay Pride moscovite qui, hier également, a tournée court. Un peu comme la France sarkozyenne qui envoie les CRS pour nettoyer les bords de Seine en y délogeant les tentes des "Enfants de Don Quichotte" (comme si, cacher la misère suffisait à résoudre ce vaste et profond problème !), la Russie poutinienne, sous la régence de Medevdev, a écourté la manifestation de militants homosexuels dénonçant la discrimination dont ils sont victimes. La police enti-émeute avait pour consigne d'empêcher ce rassemblement, interdit avant la date fatidique, de militants "sataniques" qui "détrui[sent] les fondations morales de notre société" (dixit le porte-parole du maire de Moscou). Même si elle n'y constitue plus un délit depuis 16 ans, l'homosexualité est très mal vue en Russie... comme dans de nombreux autres Etats, y compris européens, où le sujet reste tabou. En cette journée internationale de lutte contre l'homophobie, on mesure que des progrès énormes sont encore à accomplir. Ne parlons pas des pays musulmans, dont certains appliquent encore une charia qui empêchent l'émancipation des femmes (ces Etats ont des années-lumière de retard sur le sujet). La France vient, symboliquement, de retirer la transexualité de la liste des maladies mentales. Hasard du calendrier: j'ai vu, cette semaine, un reportage - tourné en Inde je crois - qui expliquait que les transexuels y étaient considérés comme le "troisième sexe" et quà ce titre, ils pouvaient obtenir une protection de leurs activités, à savoir la prostitution. Sans aller jusque-là (cela semble très excessif), il est des hypocrisies que l'Europe ferait bien de lever sur le droit à l'adoption pour les couples de même sexe. Ceci n'est qu'un exemple. Mais, en ces temps de campagne des élections européennes, pourquoi ne pas aussi parler de ces sujets en donnant à l'Europe l'opportunité de les résoudre? En tout cas, sur ces deux thèmes, j'attends vos réactions, tout en vous souhaitant un bon dimanche !
Bonjour Aurélien,Oui, les deux commentateurs français de l'Eurovision étaient abominables. Je suis encore étonnée par leur nullité! Ils n'avaient pas préparé de fiches sur les différents candidats et ne disaient rien. C'était pourtant l'occasion de voyager un peu en apprenant des petites choses sur eux. Ensuite, ils n'écoutaient pas les deux présentateurs russes et pourtant la jeune femme, Alsou, parlait en français! Plus leurs remarques désobligeantes sur les CD de l'Eurovision dont "tout le monde se fout", la présentatrice russe qui regarde sa fiche pour dire un mot en français: nos deux Français, ils ont été capables de dire un mot en russe? Et à la fin, ils prenaient de haut le gagnant ("il s'appelle comment déjà? On a oublié"...). Et l'interview de Patricia Kaas pendant qu'un pays chantait... Bref, dure soirée pour les téléspectateurs! J'excuse juste le chauvinisme, c'est pareil dans tous les pays...Pour la "gay pride", c'est vrai que l'homosexulaité est un gros tabou. Même les personnes célèbres, acteurs, chanteurs, qui sont homos le cachent en Russie. Certains se marient même pour brouiller les pistes. Cela change de chez nous où on affiche fièrement son homosexualité (au moins les gens connus)!Bonne fin de journée!Elise
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Merci pour ton passage sur le blog. Cela fait plaisir de lire tes commentaires dès que j'aborde (pas assez souvent, faute d'inspiration et de sujets d'actualité intéressants) la Russie. A<br />
bientôt !<br />
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