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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Téléchargement illégal: la fausse-bonne loi

Même si elle a déjà été largement commentée, la loi Hadopi aura au moins un mérite: rouvrir le débat sur l'assiduité des députés dans l'hémicycle. Car, après le camouflet subi par Nicolas Sarkozy qui, en omniprésident souhaitant tout contrôler, a remonté les bretelles aux députés de la majorité dont l'absence a causé le rejet du texte, ce sujet refait donc surface. Faut-il rendre la rémunération des parlementaires proportionnelle à leur présence à Paris, en sanctionnant les absences non valables? Peut-être. Une chose est sûre: ce sujet mérite un débat complet. Rappeler que le travail dans l'hémicycle n'occupe que le tiers de l'emploi du temps d'un député (avec la présence dans la circonscription et les travaux, bien plus importants, en commission) est nécessaire. Poser la question de la juste rémunération de députés que leurs électeurs ne savent pas toujours sanctionner (contrairement à ce que pense, trop naïvement Bernard Accoyer, président de l'Assemblée) l'est tout autant. Mais, je ne veux pas m'étendre sur cette question: si vous souhaitez en savoir plus, lisez mes propositions sur le statut de l'élu qui devrait, selon moi, être inclus dans un projet ambitieux de rénovation de nos institutions (il s'agit d'une de mes "dix réformes pour faire avancer la France", que vous pouvez consulter en cliquant ICI). Mais, aujourd'hui, je souahaite donc me concentrer sur cette loi anti-téléchargement illégal. Avec l'objectif de livrer mon point de vue, mais aussi (et surtout) de provoquer le débat.
 
Or, ce débat (très passionné dans les médias) est d'autant plus intéressant que le dossier est, en fait, compliqué. En effet, les professionnels du secteur et le gouvernement doivent faire face à une contradiction majeure: tout travail méritant salaire, le téléchargement illégal - qui s'apparente à un détournement d'oeuvre protégé par le droit d'auteur - prive l'artiste qui en est à l'origine du revenu auquel il a droit; mais, dans le même temps, compte-tenu de la révolution numérique que nous vivons, la chasse aux fraudeurs est techniquement impossible. Quant à savoir si elle est souhaitable? Un élément permet de répondre clairement: les dépenses que la mise en place d'une telle chasse suppose ne permettant sans doute pas d'arriver à des résultats convenables, cette loi est à ranger dans le tiroir des fausses-bonnes idées. En effet, comme dans une autre forme de délinquance ou de trafic, ceux qui en profitent ont toujours une longueur d'avance sur ceux qui les traquent. Aussi voudrait-on interdire les sites permettant ce téléchargement que les contrevenants trouveraient, dans l'heure qui suit, un autre procédé... Or, gaspiller de l'argent public pour des résultats si minces n'a pas de sens. C'est donc au nom d'un certain principe de réalité que le gouvernement (qui affirme, dans d'autres domaines, s'en inspirer) devrait s'orienter vers d'autres pistes.
 
Le (double) constat de départ est simple. 1- les produits culturels (CD, DVD et VOD), qu'ils soient vendus dans le commerce ou sur Internet, sont hors de prix. Sans parler du prix de la place de cinéma: dans un passé pas si lointain, une famille pouvait s'offrir une sortie ciné par mois (avec restaurant et entrées pour les parents et deux ou trois enfants). Désormais, c'est soit une soirée de ce type par trimestre, soit une sortie ciné sans restaurant. Il n'y a que le plus honnête et bête citoyen pour acheter tous ses films au prix fort (20€ dès leur sortie en DVD). C'est d'ailleurs ce qui explique le succès des ventes d'objets d'occasion (du style 2xmoinscher ou Priceminister). 2- le téléchargement illégal, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, ne tue pas la création ni les artistes. Ainsi, le film le plus illégalement téléchargé est... "Bienvenue chez les ch'tis". Le succès de l'année ayant également été le film le plus vu dans les salles obscures, le plus acheté en DVD. Ce qui prouve que le téléchargement ne ruine pas la profession: il n'y a qu'à voir le cachet de Dany Boon en 2008 pour s'en convaincre. Dans ce cas, ceux qui ont téléchargé le film sur Internet l'ont fait pour le voir (ou le revoir) avant d'acheter la version DVD. Car, il faut bien le reconnaître, c'est tout de même plus agréable et convivial de regarder un film sur téléviseur en famille que seul sur son PC avec des écouteurs dans les oreilles ! De là à dire, donc, que les deux phénomènes pourraient être complémentaires, il n'y a qu'un pas facile à franchir.
 
Si seulement la profession de la musique et du film prenait conscience que l'Internet peut être une chance pour son développement... Sauf que, comme chaque fois, face à la nouveauté, les réactions sont toujours négatives. Avant l'Internet, c'est la magnétoscope, les lecteurs de CD puis de DVD qui ont été cloués au pilori, symbolisant à leur époque respective le progrès mais aussi la mort annoncée de la création artistique. Et il n'en a rien été. Le problème aujourd'hui, c'est qu'avec un gouvernement qui légifère chaque fois qu'un problème se pose (avec les récentes dispositions anti-bandes ou anti-cagoules, qui en deviennent ridicules), les politiciens ne font qu'amplifier ce rèflexe destructeur. Plutôt que d'encourager à une mutation du secteur de la production, les parlementaires partent en croisade contre ce qu'ils pensent être une régression, ne sachant pas épouser le monde dans lequel ils vivent et, pire encore, ancitiper. Or, prendre des décisions au nom de l'intérêt général en essayant d'anticiper les phénomènes concernés, n'est-ce pas le rôle d'un homme politique? Ainsi, des députés UMP ont eu l'audace d'affirmer qu'ils n'étaient pas contre les artistes, et encore moins contre les Internautes. Car, dans cette affaire, ce sont les seuls intérêts financiers d'une minorité (les maisons de disque et de production) que la ministre de la Culture veut défendre coûte que coûte, allant jusqu'à reprogrammer un vote pour que l'Assemblée adopte une loi déjà rejetée ! Mais, il est vrai que dans les démocraties, on peut demander aux mêmes personnes de revoter une seconde fois en faveur d'un texte qu'ils ont initialement refusé (voyez le traité de Lisbonne en Irlande !).
 
Bref, cette affaire ne peut que renforcer les pirates dans leurs convictions. Et c'est finalement le plus grave. Alors qu'il aurait été si simple: 1- de demander la baisse du prix des CD, DVD, entrées en cinéma, téléchargement sur Internet (un morceau de musique, pour le pauvre con comme moi qui l'achète par carte bancaire, coûte 1€); 2- d'engager, enfin, le débat sur la mise en place d'un forfait qui permettrait aux Internautes, pour une somme mensuelle symbolique, de télécharger autant de musiques ou films qu'ils le souhaitent (autant d'argent qui tomberait donc dans les poches des sociétés concernées); 3- de faire accepter aux artistes, tant chanteurs qu'acteurs, une baisse de leurs salaires qui ne sont pas moins indécents que ceux de stars du foot ou de grands patrons; 4- de réfléchir à une manière de démocratiser vraiment l'accès à la culture. De permettre aux plus défavorisés d'accéder aux musées, aux salles de spectacle ou de théâtre plus facilement. Sans cet effort national, auquel le gouvernement ferait bien de consacrer l'argent qu'il a trouvé pour la loi Hadopi, la jeunesse française ne pourra qu'être encore un peu plus stigmatisée pour son manque de culture générale, sa tentation à user de la violence dans les espaces où nos dirigeants les enferment... Car, et il faut avoir le courage de le dire, c'est le manque d'ambition de nos politique culturelles, sociales ou d'aménagement du territoire qui expliquent la plupart des phénomènes dont l'actualité regorge. On ne les éliminera durablement qu'en s'attaquant à leurs causes profondes. Et, sur ce sujet comme pour d'autres, le gouvernement n'est une fois de plus pas à la hauteur !

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A
Moi, personnellement j'ai téléchargé une seule fois légalement, j'ai compris 2 choses : on met 2 fois plus de temps a télégarger légalement et de plus un titre coûte entre 0.99 et 1.25 euros. Il y a un sérieux probléme a se poser. Mais j'avoue que l'idée d'une loi avec des contraintes, comme le désabonnement pendant une période de quelques mois tout en coutinuant de payer l'abonnement est une idée qui me pousserai a la contrainte de téléchargé légalement.
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A
<br /> C'est en effet le but de cette loi: faire peur aux internautes qui téléchargent. Mais, les moyens budgétaires engagés pour des résultats qui, quoi qu'il arrive, seront faibles - car on ne peut pas<br /> fliquer tout le monde - posent aussi problème. Les pirates trouveront toujours une parade. Il faut que les professionnels du secteur, et non l'Etat, se remettent en cause et trouvent des solutions<br /> commerciales. C'est la clé du problème !<br /> <br /> <br />