Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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"Il ne leur manque rien, ils ont des soins médicaux, de la nourriture chaude... Bien sûr, leur abri actuel est tout à fait provisoire mais justement, il faut prendre ça comme un week-end en camping": c'est ce qu'a déclaré le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, à une journaliste qui l'interrogeait sur le sort des sinistrés de la ville de L'Aquila, dans le centre du pays, principale cité touchée par le séisme qui a frappé, il y a près de 70h, la région des Abruzzes. On pensait être habitué par les petites phrases, toujours plus débiles les unes que les autres, du chef du gouvernement italien par intermitance. Ses remarques sur le bronzage d'Obama ou sur la clarté de sa propre peau (comparée à celle du président américain) passaient encore. Mais, cette fois, c'est la goutte d'eau. Celui qui, à 72 ans (il ne les fait pas, grâce à plusieurs opérations esthétiques... qui lui permettent d'ailleurs de paraître si pâle !), dirige pour la troisième fois en quatorze ans le gouvernement italien est, décidément, un pur connard ! Et je pèse mes mots. Le personnage lui-même est déjà tout sauf sympathique: prétentieux (genre "sans moi la droite italienne ne pourrait rien faire"), arrogant (croyant être le seul capable de gérer correctement le pays, compte-tenu de son passé d'hommes d'affaires) et malhonnête (on ne compte plus les casseroles qu'il traîne derrière lui), il est, ne l'oublions pas, tout sauf un démocrate. Lui qui se fait voter, par un Sénat bien complaisant, des lois sur mesure pour échapper à la justice de son pays. Lui qui, tel un Tibéri à Paris, réussit à charmer l'électeur pour gagner des élections auxquelles il ne devrait plus avoir le droit de se présenter. Bref, ce personnage si méprisable, qui affiche de larges sourires dans les réunions des Grands de ce monde (comme au G20 de Londres), a franchi la ligne rouge. Et, fort heureusement, la polémique enfle en Italie.
Alors que, depuis près de trois jours, les secouristes tentent de retrouver d'éventuels survivants (histoire de ne pas alourdir encore trop un bilan qui fait déjà état d'au moins 250 morts !), le président du Conseil se lâche. Allant jusqu'à plaisanter sur le sort de personnes qui ont failli perdre la vie, qui ont vu leur vie sociale détruite en quelques instants (perdant leur maison ou, parfois, un proche parent), perdant également leur village, c'est-à-dire une partie de leur identité et du patrimoine auquel ils étaient attachés (photo). Un tel rigolo, qui ne perd pas une occasion de se faire remarquer, y compris lorsque l'heure est grave, n'a pas sa place à la tête d'un pays comme l'Italie. Et dire qu'en plus de déclencher l'état d'urgence, il s'est permis de refuser l'aide extérieure pour secourir les victimes... obligeant des pompiers français à n'intervenir qu'en tant que bénévoles ! C'est tout simplement honteux. Son attitude, et maintenant ses propos, sont intolérables. Oser affirmer que les familles touchées par ce drame n'ont qu'à imaginer qu'ils sont au camping pour quelques jours, dans des tentes de fortune, sans chauffage (alors que, à cette altitude, les nuits sont plus que fraîches), c'est faire preuve d'un mépris impardonnable pour un chef de gouvernement. En voilà qu'on ne regrettera sûrement pas le jour où il quittera ses fonctions !
Lui aussi âgé de 72 ans (mais, lui, par contre, il les fait nettement), le président algérien Abdelaziz Bouteflika, qu'on aurait pas été fâché de voir partir également, devrait obtenir un troisième mandat demain, à l'occasion d'une élection présidentielle bien peu passionnante. Comme souvent dans ce genre de scrutin africain (je n'en fais pas une généralité !), où le résultat est connu d'avance, faute de possibilité pour l'opposition de proposer un candidat sérieux, la participation devrait être très faible. Il faut dire que le décalage entre le pouvoir en place et le peuple croît d'années en années. On a l'impression d'entendre toujours ce refrain à intervalle régulier. Mais, c'est vrai. Voilà l'exemple d'un pays qui n'intéresse pas nos médias en dehors de ces scrutins présidentiels qui ne servent qu'à constater le peu de démocratie qu'on y trouve. Voilà aussi l'exemple d'un pays où une bonne partie de la population vit, au quotidien, dans une tente digne d'un mauvais camping. Riche de par ses ressources pétrolières, le pays ne se développe pas faute d'une redistribution équitable de cette manne au profit d'une population misérable. L'argent va dans la poche des uns. Ceux-là mêmes qui gardent le pouvoir, autour d'un homme et d'un clan, en verrouillant les libertés publiques. Et, pour les autres, ce sont ces fameuses miettes dont la crise montre l'ampleur, y compris dans des pays soi-disant riches. Or, ne pas aider la population algérienne, et toutes celles qui sont dans la même situation, c'est laisser se développer un terreau favorable au terrorisme islamiste. Qu'attendent nos diplomates bien-pensants pour réagir?
Eux ne dorment pas sous des tentes. Ils ont même un lit, une maison, une voiture, un boulot... mais, ces derniers temps, il leur est arrivé de dormir par terre, ou dans une chaise assez peu confortable... voire de ne pas dormir du tout. Chefs de petite ou moyenne entreprise en difficulté, cadres et dirigeants de plus grandes entreprises ont connu cette mésaventure: la séquestration, dans les locaux de leur entreprise, par des salariés en colère. Des salariés qui, se sentant méprisés tant par leur direction que par un gouvernement qui se cache derrière une "majorité silencieuse" bien pratique pour négliger les problèmes sociaux, en viennent à des opérations "choc". Plutôt que de se mettre en grève, brûler des pneus, bloquer des voies d'accès autour des grandes villes, signer des pétitions ou autres, les voilà qui choisissent de séquestrer ceux qui regardent passer la crise sans en être affectés. Face à la détresse de ces salariés, qui servent en ce moment de variables d'ajustement pour garantir des dividendes à des actionnaires qui finalement ne prennent aucun risque, les salaires garantis des plus privilégiés choquent. Si bien que, dans un sondage récent, 45% des personnes interrogées jugent "acceptable" cette pratique de la séquestration ! Un chiffre qui ne semble surprendre personne, tant le désarroi et la peur du lendemain touchent de très nombreux Français. Mais, un chiffre qui est très inquiétant. Car il repose sur l'idée que patrons et cadres, quel que soit le contexte dans lequel ils travaillent, sont tous des privilégiés, des planqués, des profiteurs, des pourris. Or, c'est aller bien vite que de croire cela, et d'en venir à cautionner des actes qui n'en sont pas moins condamnables. Le dialogue sans pression est toujours la meilleure voie. Certes, la surdité croissante et tout aussi inquiétante du gouvernement ajoute de l'huile sur le feu. Mais, en venir à de telles extrêmités ne réglera pas durablement le problème. Il est plus que jamais urgent, au PS notamment, de propose une nouvelle façon de mener le dialogue social, de rénover profondément cette démocratie sociale qui fait défaut aujourd'hui !
Pour finir, restons dans le même thème. Après la crise, voilà donc le G20 qui a, en se clôturant sur un de ces "accords historiques" que l'on nous vend à intervalle régulier, accouché d'une série de mesures pour moraliser le capitalisme. On est passé à côté du poisson d'avril que nous prédisait le Canard enchaîné, mercredi dernier. La dotation budgétaire plus conséquente au profit du FMI (de l'argent destiné à soutenir le développement des pays pauvres... auxquels l'organisme présidé par DSK continue par ailleurs d'appliquer des recettes ultra-libérales de dérégulation !) figure au premier rang de ces mesures vers un capitalisme moralisé. On soulignera l'absence d'une coordination des plans de relance, de la remise en cause de la suprématie du dollar, de l'encadrement des plus hautes rémunérations, ou encore de la lutte active contre les paradis fiscaux. Et pourtant, depuis hier, on a appris qu'il n'existait plus de paradis fiscaux présents sur la liste noire... les trois derniers pays les plus récalcitrants (les Philippines, la Malaisie et le Costa Rica) étant passé de la section noire à la section grise du camping fiscal. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ces trois espaces non coopératifs ont, du jour au lendemain, fort de leur bonne volonté, annoncer leur intention de faire des efforts. Et comme, au plus haut niveau, on croit toujours sur parole, le seul engagement des trois pays suffit à les retirer de la fameuse liste... sans qu'aucuen décision concrète n'ait encore été prise. C'est beau la confiance !! Cela permet de faire croire à de pauvres cons comme nous, simples citoyens sans cervelle, que le monde vient de tourner une page. Que l'objectif annoncé va être atteint en moins d'une semaine. Et que ce n'est que le début. Car, là, ce n'est qu'une mise en bouche. D'ici au pot de départ, celui qui est offert aux clients qui quittent le camping après quelques semaines loin de leurs tracas quotidiens, on devrait encore nous annoncer plein de bonnes nouvelles.
Comment les italiens ont-ils fais pour voter pour cette homme, sa réflexion est inhumaine digne du pape Benoît XVI qui lui aussi n'a pas sa place sur cette planéte moderne qui est la notre. Où est passé la dignité et le respect des hommes?