Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
18 Janvier 2009
Enfin, nous y voilà. Depuis le 4 novembre, tout le monde en est conscient. Mais, depuis hier, l'évènement devient réalité: après huit années pénibles pour l'équilibre du monde, que les néo-cons américains ont fragilisé avec pour représentant un Bush qui va se faire vite oublier (même si son nom restera associé, dans l'histoire des Etats-Unis, au tournant qu'a constitué l'entrée dans le XXIème siècle), l'ex-sénateur métis de Chicago et ex-candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, va prendre possession de lieux après sa prestation de serment, mardi, devant le Congrès (photo). Et le moins que l'on puisse dire est que cet évènement, qui constituera un autre tournant, tant dans l'histoire du pays que dans celle du monde, est largement médiatisé. Il n'y a qu'à compter le nombre d'hebdos qui, cette semaine, ont titré sur Obama, son parcours ou son projet pour la "Nouvelle Amérique" (voir Le Nouvel Obs ou le Figaro magazine). Ou encore la place que ces quatre jours qui nous séparent, depuis hier, de l'investiture en elle-même, les chaînes publiques ont consacré au voyage d'Obama, en train, entre Philadephie et Washington, via le Delaware (où il passe prendre son futur vice-président).
Voyage qui symbolise l'admiration du nouveau président pour Abraham Lincoln qui, au moment de son investiture en 1861, avait réalisé ce voyage pour atteindre la capitale, où il allait prendre le pouvoir... et décider de l'abolition de l'esclavage dans le pays. Lincoln, ce héros national, un des présidents les plus populaires auprès des Américains, et auquel Obama a fait plusieurs fois référence au cours de sa campagne électorale (sur le discours de l'Amérique nouvelle et unifiée au-delà des différences), devant la statue duquel le 44ème président des Etats-Unis va prêter serment - une cérémonie que les citoyens Français pourront également suivre en direct, au cours d'une édition spéciale sur le service public ! -. Un prédécesseur avec lequel il partage de nombreux points communs: avocats de formation et sénateurs de l'Illinois, les deux hommes ont promu, dans deux styles et deux contextes différents, la tolérance entre les communautés dans le cadre d'un projet commun, et ont du faire face à des situations de crise (financière pour Obama et intérieure, avec la guerre de Sécession, pour Lincoln).
Les crises, elles sont mutliples actuellement. Et, en plus de la crise financière, le président Obama et son équipe gouvernementale vont devoir faire face à des situations complexes dans le monde. Gaza apparaît en tête de liste, suivie de près par la situation en Irak et Afghanistan - qui constituent des dossiers brûlants et prioritaires, pour l'opinion publique américaine -. D'où cette question, posée il y a deux semaines, dans la rubrique "Sondage de la quinzaine": "A l'arrivée au pouvoir d'un nouveau chef d'Etat, ses premières décisions sont très observées. Et parmi elles, le choix de la destination du premier voyage officiel est attendu. Selon vous, dans quelle région du monde Barack Obama devrait-il se rendre dans les premiers mois de sa présidence?". Sondage pour lequel je proposais sept réponses, parmi celles qui me semblaient potentiellement les plus évidentes, à savoir:
- l'Afrique, compte-tenu de la situation dramatique (guerres civiles meurtrières, épidémies, mal-nutrition, sous-développement...) de ce continent sur lequel Obama a ses racines paternelles et auquel il faudra prêter rapidement notre totale attention;
- le Proche-Orient, du fait de la non résolution du conflit israélo-palestinien, clé de voûte de la stabilité de toute une région qui constitue une poudrière dangereuse pour l'équilibre du monde,
- l'Irak et l'Afghanistan, où les soldats américains sont massivement présents et où les citoyens américains gardent un oeil, y voyant le principal chantier de politique étrangère du nouveau président;
- l'Amérique latine, cette région en construction, avec ses gouvernements de gauche, qui tentent de faire émerger de nouveaux modèles de développement et qui ont si souvent pris leurs distances avec l'Amérique de Bush;
- l'Europe, où Obama avait tenu un discours majeur portant sur les relations transatlantiques et la nécessité d'une entente des deux puissances sur la plupart des sujets, y compris économiques;
- la Russie, avec laquelle les relations ne sont pas les plus simples ni les plus amicales;
- la Chine ou l'Inde, dont on peut difficilement se passer pour organiser le monde de demain, dans lequel ces deux puissances en devenir joueront les premiers rôles.
Or, à cette enquête, seuls quatre lecteurs ont souhaité répondre: deux en faveur de l'Afrique (pour les raisons sansdoute évoquées précédemment, car je n'ai pas d'éléments d'explication), un pour le Proche-Orient et, enfin, un autre pour l'Irak et l'Afghanistan. Ce manque d'intérêt pour ce sondage reflète-t-il le fait qu'Obama est d'abord et avant tout attendu sur les dossiers économiques en politique, tant intérieure qu'interntionale? Peut-être. Si l'aventure du président élu vous intéresse davantage que ses choix diplomatique et si vous voulez, à trois jours de la cérémonie d'investiture (que je vais dévorer en profitant de mon jour de repos hebdomadaire), revivre la victoire d'Obama au soir du 4 novembre dernier, voici une vidéo de quatre minutes reprenant les temps forts de la soirée et les principaux extraits du discours du candidat démocrate. Bon dimanche à tous !