Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
24 Décembre 2008
Partout dans le monde, la période de Noël est considérée comme la "trêve des confiseurs", ce temps de repos au cours duquel les salariés ne travaillent pas, les enfants reçoivent des cadeaux de leurs parents et, parfois, comme en décembre 1914, les soldats arrêtent de ses battre. Cette trêve de Noël, faisant référence à la trêve de Dieu, née au XIIIème siècle et crée par l'Eglise pour que les combats récurents du Moyen-Age s'interrompent pendant certaines périodes de l'année, a permis aux soldats des deux camps de fraterniser quelques heures après cinq mois de combats meurtriers, et d'une violence alors inconnue. Mais, il existe des région dans le monde où, malgré la magie de Noël, les trêves ne commencent pas, mais s'achèvent: c'est ainsi que, comme chaque année, à l'approche de ces fêtes religieuses de premier plan, la peur de voir le Proche-Orient s'embraser resurgit. D'autant plus que, cette année, la trêve entre le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, et Israël a été rompue. Et, les premières conséquences s'en font déjà ressentir: des
tirs de roquette, venus de Gaza et frappant les villes du sud d'Israël (photo), ont déja repris. Tandis que le blocus de cette étroite bande de terre sur la Méditerranée se maintient, accentuant la pénurie alimentaire frappant ces Palestiniens pour qui chaque jour est une menace. Une menace de précarité et de mort.
Car, ce qui se joue clairement dans cette partie du monde, c'est bien un drame humanitaire qui frappe les plus fragiles, des civils qui n'ont rien demandé à personne et qui ne sont en rien responsables de ce qui s'y passe. Or, la communauté internationale reste silencieuse, la sacro-sainte amitié des gouvernements occidentaux pour Israël, dont ils veulent protéger la sécurité (ce qui est évidemment indispensable !), aveuglant l'action de ces hommes politiques qui devraient aussi penser que des dizaines, voire des centaines, de vies d'êtres humaines innocents sont menacées chaque jour. Et quand on voit que l'un des enjeux de la campagne présidentielle américaine était, pour une part de l'électorat, de savoir si Obama était suffisamment pro-israélien pour être un bon président, on ne peut qu'être inquiet pour l'avenir. Car, plus que de dirigeants engagés, cette partie du monde a clairement besoin d'une vision extérieure suffisamment objective et neutre pour parvenir aux solutions qui, par le dialogue et la suspension des combats, peuvent préserver un Proche-Orient déjà tant meurtri. Or, c'est bien la volonté politique qui fait défaut dans ce dossier: les actions entreprises ont été soit trop tardives (les accords obtenus sous le patronage de Bill Clinton n'ont été conclus que trois ans après son arrivée à la Maison-Blanche), soit marginalisées (les différentes propositions de penseurs et diplomates des deux camps, ou encore les feuilles de route sous influence saoudiennes, n'ont pas reçu l'accueil suffisant dans nos démocraties occidentales, et sont donc vouées à l'échec). A moins que ces dernières constituent la base de réflexion d'une grande conférence mondiale dans la région.
Et j'en reviens à ce qui est ma principale proposition dans ce dossier. Proposition que j'ai construit il y maintenant près de trois ans, en janvier 2006, au moment du début du choma du premier ministre israélien de l'époque, Ariel Sharon. Proposition que j'avais soumis, via le forum d'une émission de France 3, au ministre français des Affaires étrangères de l'époque - Philippe Douste-Blazy -, lequel y voyait une possible solution... Cette proposition est simple: organisons, dans la capitale d'un pays stable de la région, une grande conférence sur le Proche-Orient au cours de laquelle seraient discutés trois points: 1- la résolution du conflit israélo-palestinien (qui est la clé de tout); 2- la stabilisation économique et démocratique de tous les pays de la région; 3- un plan d'action coordonné, avec les gouvernements démocratiques ainsi légitimés, contre le terrorisme islamiste qui y prospère. Cette réunion, qui n'aboutirait à aucune solution non négociée, réunirait TOUS les Etats de la région, les représentants de tous les mouvements politiques de ces pays et les diplomates occidentaux. Or, cette solution pourrait bien être la plus envisageable dans les prochains mois. Le contexte s'y prête particulièrement: d'une part, après l'élection de Barack Obama, le 44ème président des Etats-Unis s'apprête à faire du problème proche-oriental, dans sa globalité, une de ses priorités, en rompant radicalement avec la vision néo-conservatrice de l'administration sortante (notamment en Irak et Afghanistan); d'autre part, la nouvelle secrétaire d'Etat, Hillary Clinton - qui devrait jouer un rôle majeur si Obama se concentre sur les problèmes intérieurs -, pourrait bien porter le même type de message que son mari. Le tout étant de rompre avec l'attitude d'une Condoleeza Rice, dont les multiples voyages en Israël n'ont servi à RIEN et qui considérait récemment que les Etats-Unis se trouvaient perpétuellement dans un "12 septembre". Ce à quoi Marianne répond: "il vaudrait mieux que l'administration américaine se considère chaque jour comme dans un 10 septembre". Il est vrai que cela change tout: la gestion des conséquences n'a rien de commun avec la résolution des causes des problèmes auxquels le monde peut être confronté.
Jusque-là, il existait une seule vision dominante, celle des néo-conservateurs: pour eux, il fallait utiliser la théorie des dominos (que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer et dont j'ai appris l'existence à l'occasion d'un stage sur la mondialisation), en exportant par la force le modèle démocratique américain en Irak et en espérant que ce premier domino entraîne une démocratisation de ses voisins. Et, d'après certains spécialistes, c'est fort de cette vision sincère que Bush se serait engagé dans l'aventure irakienne... avec le résultat que l'on connaît. Or, pour règler le drame du Proche-Orient, il faut partir de deux constats: 1- un quelconque modèle occidental n'est pas exportable, tel quel, dans les pays concernés, lesquels doivent conserver leur identité tout en faisant leurs les valeurs que nous défendons; 2- le premier domino n'est en rien l'Irak mais le conflit isarélo-palestinien. C'est en effet dans cette zone du Moyen-Orient que tout se joue, que les attentats les plus fréquents et les plus merutriers sont perpétués. Si nous ne parvenons pas à instaurer une paix durable entre ces deux acteurs, qui seront bientôt deux Etats, jamais les relations bilatérales des Etats de la région ne seront durables. Sans compter qu'une résolution du conflit isrélo-palestinien aurait deux conséquences heureuses: 1- la marginalisation des mouvements extrêmistes en montrant que le dialogue et la politique peuvent règler des problèmes; 2- fragiliser le président iranien qui serait entourer d'Etats stables entretenant de bonnes relations avec l'Etat hébreu... ce qui rendrait ses arguments pour le moins inefficaces. Reste enfin à attendre celui ou celle qui aura le courage politique de mener une telle transformation, sans perdre de vue que cette entente doit d'abord profiter aux populations. Et d'Israël viendra une réponse extrêmement important: selon le résultat des prochaines législatives, qui amènera au pouvoir une coalition plus ou moins pacifique, la résolution du problème sera plus ou moins proche. Allez, encore un peu de patience... en espérant que ces fêtes de fin d'année ne clôturent 2008 par un énième bain de sang ! Et, malgré tout, Joyeux Noël (en famille) à tous !!