Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
7 Décembre 2008
C'était donc le thème du dernier "sondage de la quinzaine", mis en ligne sur Jes6 pendant trois semaines, avec cette question: "[alors que se tenait dernièrement] la première réunion du G20, entre les membres habituels du G8 et les pays émergents, pour "refonder le capitalisme mondial" et apporter une réponse collective à la crise financière débutée en septembre (...) pensez-vous que ces rencontres de chefs d'Etat et de gouvernement peuvent aboutir à un résultat efficace?". Et les possibilités de réponse permettaient de dégager deux lignes: l'une, pessimiste, qui considère que les grandes puissances de l'ex-G8, qui sont en partie responsables de la crise dans la mesure où elles se sont opposées à toute régulation des pratiques ultra-libérales des capitalistes, parviendront à continuer à imposer leur modèle basé sur l'argent-roi, qu'elles considèrent comme le moyen le plus effiace au développement du monde; l'autre, optimiste, pour laquelle la discussion entre les institutions financières - conscientes de l'ampleur de la crise et disposant d'outils pour y répondre - et les pays émergents - qui sont parvenus à développer leurs sociétés en dehors du seul dogme libéral et qui illustrent la volonté de lutter contre les inégalités internes aux pays - devrait porter ses fruits... d'autant plus qu'une prise de conscience de l'aggravation des écarts de richesse dans le monde semble se dessiner.
Difficile pour moi de savoir ce que VOUS en pensez car seuls trois personnes ont répondu à ce sondage. Il apparaît ainsi que je suis le seul optimiste considérant que l'assocation de pays émergents à cette réunion était un gage majeur de réussite et, dans le commentaire que j'ai associé à mon vote, je précisais que "le G20 peut aboutir à une solution, même minimale, dès lors que les grandes puissances comprennent que, dans le monde du XXIème siècle, ils ne peuvent plus prendre de bonnes décisions sans l'accord de pays émergents dont on a trop longtemps négliger l'avis. Le dialogue multilatéral, dans un monde multipolaire, permet de garantir la préservation des intérêts d'une majorité d'habitants de la planète. Car toute décision doit, selon moi, se faire pour les peuples !". Et, pour ceux qui lisent régulièrement mes analyses sur le monde actuel, ils savent que les raisons d'être pessimistes sont nombreuses: faiblesse de la démocratie dans certains pays au sous-sol riche, poursuite des guerres civiles en Afrique, supériorité de l'argent sur les droits de l'homme, faiblesse de l'ONU et de la diplomatie européenne, ampleur des dégâts que laisse l'administration Bush... Et, pourtant, parce que je considère qu'avec de la volonté politique et un dialogue multilatéral ferme, nous pouvons parvenir à construire "un monde meilleur", je place mon espoir de voir changer les choses au-dessus de toutes ces considérations. Chose que les deux autres votants ne semblent pas partagés.
Il faut dire que, pour leur donner raison, l'actualité offre un bel exemple d'un monde qui ne va pas bien. On apprenait en effet, cette semaine, qu'en plus d'une inflation record, du maintien de la dictature sans pitié de Robert Mugabe et de la pauvreté endémique qui frappe le pays, le Zimbabwe entrait dans une épidémie de choléra, maladie moyen-âgeuse que l'Europe n'a plus connu depuis bien longtemps. Maladie liée à l'insalubrité de l'eau. Maladie qui fragilise encore davantage les corps déjà sous-alimentés de ces populations qui fuient leurs villages pour se réfugier en Afrique du Sud, le pays émergent voisin. Bref, dans le sud du continent noir, la situation est donc plus que dramatique... sans qu'aucun dirigeant ne prenne la peine de montrer son indignation et ne lance un appel à trouver des solutions de court terme... en attendant que le G20 ne dégage ce solutions de long terme dont le monde a tant besoin ! Le fait qu'un tel drame passe inaperçu et ne suscite aucune réaction me choque profondément. Il faut dire qu'il est le résultat des politiques menées depuis des décennies vis-à-vis d'une Afrique pensée, depuis la colonisation, comme un réservoir des pays riches sans que ceux-ci ne fassent, à aucun moment, du problème du sous-développement une priorité. Or, en continuant de jouer les égoïstes, en ne passant qu'aux contrats que nos entreprises peuvent imposer à ces pays, on va droit dans le mur... d'autant que les migrations engendrées par cette misère croissante nous concernent directement. Plus que des rustines (qui ne feraient que préserver un système financier mondial, producteur d'inégalités insupportables et qui a fait perdre aux acteurs qui en profitent tout sens de la mesure), c'est tout le modèle qu'il faut donc repenser... avec modestie et sans négliger l'apport de ces pays qui proposent déjà des (ébauches d') alternatives.