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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Obama au sommet du monde

Je n'achète jamais Paris Match car, quand je "m'amuse" à déchirer les pages qui ne m'intéressent pas, ce qui reste ne correspond même pas à la moitié du magazine vendu en kiosque... ce qui ne risque pas d'arriver dans le cas de Marianne, dont je dévore presque toutes les pages. Mais, force est de constater que, pour des évènements aussi importants que l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, cet hebdomadaire propose de longs dossiers (40 pages), riche en photographies et aux textes à la fois instructifs et agréables à lire (mêlant info et anecdotes). Dans l'optique de proposer un bilan de cette campagne présidentielle, la lecture du numéro de la semaine du 12 novembre de Paris-Match est donc un bon moyen de revivre ce marathon électoral passionnant, qui s'est joué il y a maintenant un mois, jour pour jour. Or, cette semaine, comblant une nouvelle fois mon retard de lecture, j'ai aussi dévoré - avec beaucoup d'émotion, un mois après cet évènement que l'on peut être fier d'avoir vécu - les 40 pages du dossier consacré par Marianne à cette révolution américaine. Mais, sans revenir sur la force de son message ou sur la campagne habile qu'ont mené ses conseillers (mêlant habilement l'envie d'un changement profond de discours et de pratique politiques et l'image d'une famille métis symbolisant à l'extrême la vivacité du rêve américain), l'actualité m'oblige à réévoquer ce grand moment de l'histoire des Etats-Unis. Et, avant d'en venir au coeur du sujet, je profite de l'occasion pour vous livrer les résultats défintifs de l'élection (puisqu'il aura fallu quelques semaines pour que ceux-ci soient définitifs, leur proclamation officielle devant d'ailleurs intervenir la semaine prochaine). Le sénateur démocrate a remporté 28 des 50 Etats américains, soit 364 grands électeurs (alors qu'il en fallait 270 pour être élu), alors que son adversaire républicain l'emportait dans 22 Etats, obtenant le soutien de 174 grands électeurs (un des résultats les plus faibles pour un perdant). Les deux hommes obtiennent respectivement 64 264 000 (soit 53%) et 56 357 000 des suffrages. Et, pour ce qui est des deux chambres du Congrès, les démocrates renforcent leur majorité au Sénat (avec 57 sièges contre 40 aux républicains et 3 indépendants), ainsi qu'à la Chambre des représentants où ils devancent l'opposition de 80 fauteuils (255 contre 175).

Mais, l'actualité politique américaine concerne évidemment le choix du nouveau président, qui sera investi à la mi-janvier, de confier le rôle de secrétaire d'Etat à son ex-rivale des primaires démocrates. Comme le laissait entendre la rumeur ces derniers jours, Barack Obama confie donc ce poste de chef de la diplomatie à Hillary Clinton (photo) qui succède donc à celle qui est devenue un symbole malgré elle dans la campagne (une femme métis chef de la diplomatie dont l'émotion à l'élection du sénateur de Chicago avait été remarqué). En faisant ce choix, le 44ème locataire de la Maison-Blanche envoie deux signaux majeurs: d'une part, il choisit une femme reconnue pour son intégrité et ses compétences en matière de politique étrangère (et sur lesquelles elle avait joué, avec le fameux clip sur le coup de téléphone en pleine nuit, pour dénoncer la naïveté de son rival de l'époque, notamment en ce qui concerne un possible dialogue avec l'Iran); d'autre part, il est contraint de donner à son ex-rivale, avec laquelle les échanges ont été violents avant que le scrutin final ne les réconcilie sur l'essentiel des sujets, un poste qui lui porte d'avoir le soutien des Clinton. Or, d'après les spécialistes des Etats-Unis, pour un président démocrate (le premier depuis le départ de Bill), mieux vaut avoir les Clinton à l'intérieur plutôt qu'à l'extérieur de l'administration, tant leur influence est grande. D'ailleurs, pour nombre d'Américains, compte-tenu du bilan calamiteux des années Bush, l'ère Clinton reste un bon souvenir... Et, alors que l'hypothèse de voir Hillary prendre la présidence du Sénat (comme une sorte de marche-pied vers une nouvelle tentative présidentielle dans quatre ou huit ans) s'était écartée, son nom circulait pour devenir secrétaire à la Santé (son plan de sécurité sociale étant plus ambitieux et mieux ficelé que celui du sénateur métis). Et c'est finalement au poste le plus important de l'administration que le vainqueur a préféré la voir à ses côtés.
 
Signe de l'attente qu'a suscité la campagne, puis l'élection, de Barack Obama: alors que son mandat n'a pas encore débuté, et que son équipe travaille à la définition des premières mesures que son administration va devoir prendre dans l'urgence dès son arrivée dans le Bureau ovale, la première polémique de l'ère Obama est lancée. L'annonce des noms de ceux qui allaient composer le nouveau gouvernement des Etats-Unis était à ce point attendue que le retour d'anciens de l'administration Clinton (ce qui prouve l'influence que j'évoquais précédemment) suscite des débats auprès de l'opinion publique. Comment un homme peut-il prétendre imposer le changement en s'entourant de ceux qui ont mené les politiques précédentes? La question est la même qu'avec Sarkozy, lorsque nombre de Français s'interrogeaient sur la possibilité de mener la "rupture" tout en s'appuyant sur cette majorité parlementaire qui avait soutenu, sans la moindre critique ni réserve, la politique avec laquelle l'actuel président français veut rompre. Or, la réponse d'Obama ne s'est pas faite attendre: le changement, c'est MOI qui le porte. Et, pour la première fois depuis le début de son ascension, le président élu utilise le "Je" qu'il avait remplacé par de nombreux "Nous" tout au long de sa campagne ! Preuve de son honnêteté, il rappelle qu'il avait fait la promesse de gouverner avec des républicains modérés dont l'expérience et les visions dans certains domaines lui semblaient nécessaires pour mener de bonnes politiques: ce qui est donc chose faite avec la reconduction de Robert Gates, ancien directeur de la CIA qui avait succédé à Donald Rumsfeld après les élections de mi-mandat de 2006, au poste de secrétaire à la Défense.
 
Bref, plus que les hommes, ce sont les idées, les pratiques et les mesures prises pour changer le quotidien des Américains qui vont être renouvelées. Or, dans ce contexte de crise, il est clair qu'un profond changement s'impose mais qu'Obama ne peut pas se priver de l'expérience de ceux qui ont déjà participé au gouvernement de la première puissance mondiale... alors même que ses adversaires lui reprochent son manque de préparation face à l'ampleur de la tâche. Et il est vrai que les chantiers qui attendent la future administration démocrate, que ce soit en matière de politique économique intérieure que mondiale, ou en terme de politique étrangère (avec de nombreux dossiers épineux et potentiellement explosifs), sont si importants que seule une claire volonté politique de changement peut produire des résultats clairement visibles. Et, quand on voit à quel point nos politiciens européens peuvent manquer d'audace et de courage, on ne peut qu'être confiant: gageons que Barack Obama transformera l'essai du 4 novembre en surfant sur le vent d'espoir qu'il a soulevé et qui sera probablement le meilleur de ses atouts !

 

Et justement, la diplomatie made in Obama, à travers le choix que le nouveau président américain fera de la destination de son premier voyage officiel - qui sera observé comme un signe envoyé au reste du monde -, sera le thème d'un des prochains "sondage[s] de la quinzaine". Mais, en attendant, faites-moi part de vos remarques en postant un commentaire, sans oublier de répondre au sondage en ligne en ce moment !

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