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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Le bonheur, nouveau projet de société

C'est une étude de l'INSEE, qui est passée un peu inaperçue mais à laquelle le journal de 20 heures de France 2 a consacré un sujet, qui m'intéresse aujourd'hui: intitulée "Le bonheur attend-il le nombre des années?", elle analyse la réponse des Français, répartis selon leur âge, à propos de la manière dont ils jugent leurs conditions de vie. Et le bilan de cette étude, loin d'être surpenante (car elle correspond au vécu de nombre de gens de notre entourage), est assez claire: les Français sont plus heureux à 65 qu'à 40 ans. Et le résumé qu'en fait l'Institut sur son site Internet le confirme: "Au cours de la vie, il y a des âges où, plus souvent qu’à d’autres, on se déclare heureux. C’est ce qui ressort de l’analyse d’une série d’enquêtes d’opinion sur plus de 25 ans, qui est présentée ici. Schématiquement, le sentiment de bien-être commence par décliner jusqu’à la quarantaine environ pour amorcer ensuite une nette remontée conduisant à son apogée au cours de la soixantaine. Mais il s’agit là d’une tendance moyenne, qui masque très certainement une grande diversité de configurations, tant sont nombreux les facteurs influençant le bien-être et son expression. Ainsi, le revenu, même s’il y contribue, est loin d’en expliquer à lui seul l’évolution. Interviennent aussi, outre les événements de la vie, l’évaluation que chacun fait de sa propre situation, ses aspirations, ou encore la manière dont il révise son jugement et l’appréciation de son bien-être".

Cette étude, qui nous renseigne sur le vécu et le quotidien des Français, permet de tirer trois principales conclusions, que les témoignages recueillis par France 2 confirment pleinement:
1- puisque la courbe du bonheur, établie par l'INSEE, comporte une phase ascendante qui débute aux alentours de la soixantaine, on constate tout simplement que ce sont donc les personnes inactives, retraitées, ayant du temps à consacrer à des activités qu'elles n'avaient jamais pratiqué, qui sont les plus heureuses. Bref, la vie active produit un stress qui prive les travailleurs d'un simple bonheur quotidien, notamment lorsque le temps passé dans les transports les contraint à de très longues journées tout au long de la semaine;
2- certes, "le revenu y contribue" mais, comme "l'argent ne fait pas le bonheur", il est tout aussi clair que les personnes retraitées, qui ne sont pas toutes propriétaires de leur logement et qui n'ont jamais une pension supérieure à leur dernier revenu d'actifs, dépensent autrement leur argent, les loisirs prenant une place plus importante dans leur budget. Mieux dépensé, l'argent n'est donc pas une denrée qu'il faut à tout prix posséder en très grand nombre;
3- enfin, les jeunes actifs (également concernés par un "bonheur" plus grand que les personnes de plus de 30 ans) et les retraités étant les personnes les plus heureuses, on conclue enfin que la venue d'enfants n'arrange pas les choses. Très loin de moi l'idée de dire qu'avoir un enfant ne procure pas un immense bonheur: bien au contraire ! Mais, force est de constater que la naissance d'un enfant, et les conditions matérielles nécessaires pour l'élever (garde à petit âge, frais des scolarité...), accentuent l'impression de stress des personnes actives.

Dès lors, la classe politique peut-elle tirer de cette étude des conclusions servanr à l'éergence d'un nouveau modèle de société? Je le crois. Et je crois même que c'est à une gauche décomplexée, qui s'opposerait de front à la droite sarkozyenne, qui devrait être porteuse de ce nouveau modèle. Car, des trois conclusions ci-dessus, on peut tirer trois axes de réflexion: 1- se fixer comme objectif le partage du temps de travail entre les salariés français pour que, tous ensemble, ils produisent les mêmes richesses (voire davantage) que celles qu'une partie d'entre eux produisent en laissant les autres sur le bord de la route (alimentés par des aides sociales que les actifs paient) semble une première piste. Dans le même temps, les conditions de travail seraient par ailleurs améliorées: réduire le stress pourrait passer par une réduction du temps hebdomadaire de travail, par l'octroi d'une sixième semaine de congès payés, par la comptabilisation du trajet domicile-travail dans le temps de travail... 2- mettre fin au culte de l'argent-roi pour replacer l'homme au coeur de toutes nos réflexions, dans tous les domaines, c'est tout simplement mettre en oeuvre cette révolution humaniste que Jean-François Kahn appelle de ses voeux. Se fixer comme objectif de contribuer, solidairement, au bonheur du plus grand nombre, n'est-ce pas un objectif plus souhaitable que le "travailler plus pour gagner plus" d'un gouvernement qui allonge l'âge de départ à la retraite sans lancer le débat sur la pénibilité du travail? 3- enfin, parce que la natalité française est l'une des plus fortes d'Europe et qu'elle garantit le renouvellement des générations, il est plus que jamais urgent de donner un nouvel élan à notre politique familiale (lutte contre la discrimination touchant les jeunes femmes enceintes ou en âge de procréer, sécurisation de leurs parcours professionnels, refonte du système d'allocations familiales, aide à la création de crèches tant publiques que l'entreprise, revalorisation de l'école maternelle où les enseignant ne font pas que changer des couches !).

Mettre fin à la politique de la rentabilité, de l'efficacité budgétaire, au détriment des conditions de vie de nos concitoyens, voilà un axe vraiment ancré à gauche (redonner une force à la puissance publique pour être, d'abord, au service des habitants qui paient pour disposer de services publics de qualité, qui doivent être, parallèlement, efficaces !). Et, pour retrouver la confiance des petites gens, pour mettre le progrès social au coeur de la politique, il faut entamer la lutte contre toutes les inégalités. Inégalités entre riches et pauvres qui, en se creusant tout au long des dernières décennis au profit de ceux qui nous ont conduit là où nous en sommes, a marginalisé durablement les plus fragiles. Et, pour cela, des décisions courageuses doivent être prises: de très sérieux systèmes d'encadrement des rémunérations des patrons ou des privilèges de certaines professions, la mise en place de nouveaux droits pour tous. Car, il n'est pas possible que l'Etat demande toujours plus de sacrifices à une part de la population à laquelle on demande de respecter les devoirs qui sont les leurs sans, en contre-partie, garantir des droits justes et équitables. Faute de quoi c'est le contrat social que l'on rompt. Or, une société ne peut se construire que sur l'émergence de nouveaux acquis, qui garantissent la marche vers le progrès. Et la gauche doit donc désormais porter ce nouvel espoir, en jouant la carte de la solidarité, celle-là même que le "Yes we can" de Barack Obama a permis la défaite d'une droite ultra-libérale qui ne se soucie des gens qu'à travers des statistiques. Il est temps qu'en France, des hommes et femmes politiques portent un projet collectif et non une ambition personnelle et ponctuent leurs discours de "nous" plutôt que de "je" (suivez mon regard...).

Je terminerais cet article en soulignant un fait qui a été très peu commenté lors des élections américaines. Vous savez que, ce 4 novembre, les Américains élisaient leur président, leurs députés et sénateurs, leurs shériffs, mais devaient également répondre à des référendums. Or, en Californie, les électeurs ont décidé de rendre illégal le mariage homosexuel... alors même qu'il était pratiqué depuis plusieurs années. Bref, par un vote populaire, un droit, un acquis, qui a profité à des centaines (voire des milliers?) de personnes, vient d'être abrogé. C'est tout simplement ahurissant: revenir sur un droit, c'est entériner la régression sociale et démocratique... Ce dernier exemple est la preuve qu'il existe un espace pour ce nouveau message, basé sur le seul progrès humain au profit du plus grand nombre. A la gauche, et au PS, désormais, de saisir cette occasion pour le porter !

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