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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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L'Afrique au bord du gouffre

Dans le cadre de l'émission qui faisait le bilan des années Bush, ce matin sur France Info, l'invité (Félix Marquardt, consultant américain basé en France) citait, parmi les bons points à mettre à l'actif de l'administration Bush, l'action africaine du président américain. Considérant que le recul de l'influence des différentes nations européennes sur leurs anciennes colonies avait notamment profité à la puissance émergente qu'est la Chine... mais aussi aux Etats-Unis. De là à dire que cet aspect du bilan Bush est plutôt positif, il y a une marge que, personnellement, je ne franchirais pas. Et l'instabilité du continent noir, que les évènements les plus récents confirment, n'est pas pour me rassurer. Avant d'en venir aus deux informations du jour, j'aimerais aborder un sujet dont on parle assez peu et sur lequel l'ONU essaie d'attirer l'attention des citoyens et des gouvernements: il s'agit de l'augmentation du trafic de drogue, et du nombre de crimes qui l'accompagne, observé dans la partie occidentale du continent africain, en particulier autour du Cap-Vert. L'ONU considère que, sans action des pays occidentaux, la région deviendra prochainement une plaque tournante de tels trafics: pour en savoir plus, lisez la quatrième brèves que j'ai publié ce matin sur la page "Pensons d'abord à l'Afrique" dans la rubrique "Les dossiers géographiques" (colonne de droite).

Mais, les deux informations les plus préoccupantes, qui dominent d'ailleurs l'actualité internationale de ce mercredi (en plus du séisme qui a fait, au Pakistan, au moins 150 morts !), concernent la Somalie et le Congo. Dans le premier de ces pays, situé dans la Corne orientale du continent, et d'où partent les pirates qui ont ces derniers temps attaqué plusieurs navires européens, se sont produits cinq attentats. Réalisées dans deux villes différentes du pays, dont l'un des principaux ports de la zone échappant aux rebelles, et perpétrées à l'aide de voitures piégées, ces attaques ont visé des bâtiments stratégiques: le Palais présidentiel et un bâtiment de l'ONU (l'explosion sur ce site du Programme des Nations Unies pour le Développement ayant fait plusieurs morts, dont le nombre était en cours de confirmation dans la martinée). Mais, le sujet le plus dramatique concerne la République Démocratique du Congo (autrement appelée Congo-Kinshasa, du nom de sa capitale) où le conflit entre forces militaires gouvernementales et rebelles est en train de tourner à l'avantage des seconds.

Et je crois nécessaire de s'arrêter quelques instants sur ce conflit. Dans la mesure où il montre que le continent africain, d'un point de vue géopolitique, reste dans une situation d'extrême fragilité, notamment du fait des affrontements à caractère éthnique... que la communauté internationale ne parvient pas, faute d'investissement suffisant, à juguler. Comme dans la plupart des pays africains confrontés à une guerre civile, deux forces s'opposent: l'armée régulière qui obeit évidemment aux ordres du président et des milices de rebelles qui, sur des bases ethniques, revendiquent une partie du pouvoir considérant que les popualtions qu'ils représentent sont exclus du processus démocratique. A quoi s'ajoute le problème du découpage des frontières, qui n'ont pas pris en compte les questions ethniques (qui forgent pourtant ce que Sarko appelle l'identité nationale d'un peuple et d'un Etat), puisque les puissances coloniales se sont réparties, au moment de la décolonisation, le continent comme un gateau à partager. Dans le cas du conflit congolais, les deux forces qui s'affrontent sont composées, d'un côté, de l'armée gouvernementale et des hommes d'une force de maintien de la paix onusienne, et de l'autre, de rebelles tutsis, venus du Rwanda voisin où ils ont été victimes du génocide de 1994. Ces troupes, emmenées par Laurent Nkunda, revendiquent la possession de la partie orientale du Congo, c'est-à-dire la région de Goma, ville dont ils viennent de prendre le contrôle... l'armée, ainsi que les habitants, ayant quitté la ville.

Et ce sont encore une fois - comme dans la plupart des conflits - les populations civiles, dont la pauvreté est aussi forte que l'indifférence de nos dirigeants à leur sort, qui trinquent... l'ONU alertant les Etats occidentaux du fait que la situation humanitaire est plus que précaire. En publiant deux dépêches aujourd'hui, l'Organisation affirme se préparer à l'arrivée massive de réfugiés (photo) dans la région de Goma et attire l'attention sur le fait que ces nouveaux combats et ces nouvelles arrivées vont montrer que "les moyens de la MONUC [les forces des Nations Unies pour le maintien de la paix dans le pays] atteignent leurs limites". Tant que les dirigeants des pays occidentaux, qu'ils soient européens ou chinois, ne verront pas dans l'Afrique un continent au bord du gouffre, fragilisé par les tensions ethniques et le manque de démocratie, la situation n'évoluera pas... Et, de fait, elle se dégradera. Et nous en serons partiellement responsables, dans la mesure où nous participons à la paupérisation de ces pays, en n'y voyant que des marchés pour nos entreprises, les fonds ainsi dégagés permettant à l'élite, aux dirigeants politiques et économiques de ces pays, de prospérer au détriment des habitants dont les conditions de vie se dégradent sur tous les points. Que nos entreprises aident à la modernisation de ces pays, c'est normal. Mais, que cela ne se fasse pas dans la foulée de la modernisation politique et sociale du continent, par le biais d'une plus saine coopération, c'est tout simplement scandaleux !!

Mais, heureusement, dans ce tableau sombre de la situation d'un continent et de ses habitants, les ONG mènent des actions décisives pour empêcher que le quotidien de ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ne soit un calvaire. Citée par un reporter de France Info, l'action de MSF - Médecins Sans Frontières - est ainsi exemplaire de ce que peuvent faire ces associations. Un de ses responsables expliquait ainsi son quotidien dans la ville de Goma (voir la carte), dont les rebelles n'ont finalement pas pris le contrôle (restant aux portes de la cité après avoir déclaré un cessez-le-feu unilatéral, qui intervient après un vaste mouvement de panique...): il décrivait l'atmopshère de ses journées de travail dans l'hôpital de la ville, dont il ne pouvait pas sortir pour des raisons de sécurité et d'où il entend les échanges de tir qui résonnent depuis les alentours de la ville. Et d'autres ONG d'expliquer qu'ils reçoivent chaque jour de nouvelles patientes, des femmes violées par des rebelles, puis battues (voire partiellement brûlées) et qui, pour un quart d'entre elles, deviennent séropositives, en plus de tomber enceintes. Ce quotidien effroyable, que ces humanitaires bravent pour venir en aide à des populations effrayées et vulnérables, aucun être humain ne devait avoir à le subir. Il est de notre devoir de citoyen du monde de faire pression, en diffusant nos opinions via la blogosphère, sur nos gouvernants en leur montrant que nous ne sommes pas insensibles à ces drames auxquels nous devons mettre fin. D'urgence !
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R
shalom aleykhum<br /> <br /> La pompe Afrique ne connait pas la crise !<br /> <br /> (votre blog est un plaisir...je reviendrai sauf si entre temps Misié Hortefeux...)
Répondre
A
<br /> <br /> Merci pour ce commentaire ! Mes lecteurs et moi attendons vos commentaires sur de prochains articles...<br /> <br /> <br /> <br />