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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Ce que cachait en fait la rupture...

"Le tournant de Rethel": voilà comment quelques éditorialistes présentent le discours du président de la République, Nicolas Sarkozy ayant présenté dans cette ville des Ardennes le troisième volet de ce plan de relance qui ne dit pas son nom. Dix-huit mois après le "travailler plus pour gagner plus" adressé aux salariés de ce département sinistré par une industrie en perte de vitesse, et qui est devenu le célèbre solgan de campagne du candidat de l'UMP, c'est donc sur le thème de l'emploi que le chef de l'Etat s'est exprimé. Arrivant donc en troisième position des priorités du gouvernement pour faire face à la crise (derrière les banques et les entreprises), les mesures annoncées pour relancer l'emploi sont présentées dans un contexte particulièrement délicat pour l'exécutif: en plus de la crise mondiale, dont les conséquences économiques et sociales devraient se faire sentir qu moins jusqu'en 2010, la plupart des indicateurs repassent au rouge. Chômage, dette et déficit publics, moral des ménages, consommation, croissance... rien ne va plus en Sarkozie ! Et, pour éviter que la confiance des citoyens ne soit définitivement entamé par ce paysage économique dévasté, le chef de l'Etat a donc réalisé un nouveau déplacement pour annoncer une série de mesures. L'occasion de voir à quoi ressemble la "rupture" tant annoncée?

Le président, faute de fixer un cap (ce que faisait Jacques Chirac lors de ses rares interventions publiques), a proposé un catalogue de mesures: accélération de la mise en place du Pôle public (nouveau nom des maisons de l'emploi, ce gichet unique à destination des demandeurs d'emploi, regroupant ANPE et UNEDIC), augmentation du nombre de contrats aidés prévus dans le budget 2009, généralisation possible des CTP (Contrats de Transition Professionnelle) qui permettent à un salarié victime d'un licenciement économqiue de toucher - pendant un an maximum - l'intégralité de son salaire en attendant de retrouver un emploi, avance sur le crédit d'impôt dont bénéficient les employeurs ayant recours au travail à domicile - les fameux services à la personne de Jean-Louis Borloo -, accélération de la mise en place du travail le dimanche. Le but étant, au final, de sécuriser les parcours professionnels, en facilitant la réinsertion des chômeurs, en leur proposant des dispositifs de formation continue ou en garantissant leur niveau de vie dans les moments difficiles, enfin pensés comme des transitions. Mais, au fait, qui a proposé la mise en place d'un tel système, qu'elle qualifiait alors de "sécurité sociale professionnelle"? Celle-là même qui dénonce aujourd'hui la multiplication des plans, l'annonce de nouvelles tous les deux jours affaiblissant la crédibilité du gouvernement. Vous aurez bien évidemment compris que je veux parler de Ségolène Royal.

En dehors du premier secrétaire du PS, qui s'est largement exprimé sur les annonces du président (aussi bien sur la forme que sur le fond), l'ex candidate socialiste à la présidentielle a été la personnalité de gauche la plus audible à l'issue de l'intervention de Sarko. Et, sur le fond, on ne peut que se féliciter que certaines mesures, prises par la gauche au temps de Lionel Jospin, ou avancées dans le Pacte présidentiel, soient aujourd'hui reprises par un président qui, face aux problèmes, fait glisser son discours vers la gauche. Et cette sécurisation des parcours professionnels, qui considèrent les temps de chômage comme des instants de transition au cours desquels le salarié peut se former pour travailler dans un autre secteur tout en pouvant vivre des aides de l'Etat, est un instrument de lutte efficace contre la précarité. Ou l'on voit par ailleurs que, dans le domaine économique, l'Etat peut (et doit) jouer un rôle de régulateur et d'encadrement, qui est également l'occasion de voir se manifester la nécessaire solidarité qui doit unir les citoyens français. Même si, au final, ce discours aura été celui de la non rupture. D'une part, parce que Sarko est contraint d'en revenir aux vieilles recettes, qui ont fonctionné par le passé et que son prédécesseur a - un peu imprudemment - fragilisé. D'autre part, parce que l'essentiel de l'intervention présidentielle se résume à une succession de mesures, sans que des réformes de structure - préalables à toute politique socio-économique efficace - ne soient envisagées, si ce n'est l'accélération du rapprochement ANPE-UNEDIC.

Bref, ce plan marque le retour du traitement social du chômage, que les gouvernements de droite n'appliquent qu'en temps de crise... et que les plus libéraux redoutent par dessus tout. D'autant plus, en ce moment, que la crise financière a fragilisé le secteur bancaire, entraînant dans ses difficultés les entreprises, petites et grandes, qui ne pourraient maintenir leur activité en l'état sans l'intervention de la puissance publique. Un Etat que la gauche voudrait par ailleurs voir encore plus présent, de manière durable, dans l'économie. Pour éviter de ne donner une nouvelle occasion aux marchés de dicter leurs lois, une fois les dettes de jeu épongées.
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