Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Les suicides successifs de détenus dans les prisons françaises ont occupé l'actualité judiciaire de ces derniers jours, obligeant la ministre à (enfin) réagir. Certes, avec 91 suicides réussis depuis le début de l'année, cela fait une moyenne de 9 par mois: c'est donc bien la médiatisation des derniers de ces actes qui, avec 5 depuis le début du mois, a mis le problème de la surpopulation carcérale et du manque d'effectifs dans les prisons sur le devant de la scène médiatique. Cinq car, en tout debut de matinée cer mercredi, un homme de 52 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule du quartier médical de la prison de Loos, près de Lille. Ce condamné, isolé en raison de troubles pshychologiques qui étaient traités, purgeait une peine de seize mois d'emprisonnement pour vol aggravé. Avant même que ce nouveau suicide n'intervienne, les syndicats de gardiens de prison avaient menacé la ministre de se mettre en grève pendant une journée en novembre pour dénoncer leurs conditions de travail (avec une augmentation de la charge de travail qui leur est demandée mais sans que l'augmentation d'effectifs nécessaire ne soit décidée).
Après les quatre premiers suicides, enregistrés dans l'est de la France, en particulier parmi la population adolescente de ces prisons, on pouvait espérer voir la garde des Sceaux se saisir du dossier. Mais, comme je le dénonçais dans un récent article, elle s'est contentée d'aller sur le terrain, de rendre visite aux personnels et aux familles, de rassurer en faisant des annonces dans la précipitation (profitant de l'émotion ainsi suscitée)... et a demandé à son directeur de cabinet de recevoir les principaux syndicats pénitentiaires. Des syndicats qui sont sortis de la réunion, au cours de laquelle des "propositions de travail" leur ont été faites, en colère, l'un des responsables lâchant: "Elle nous a encore snobés aujourd'hui". Bref, la garde des Sceaux a su se mettre à dos les professionnels de son secteur (gardiens de prison, mais aussi magistrats)... jusqu'à cette réunion d'hier, au cours de laquelle la ministre a finalement annoncé des créations d'emplois, dont la garantie a poussé les syndicats à lever leur menace de grève.
Mais, malgré le règlement (peut-être provisoire) de cette situation, la ministre a fait preuve d'une gestion brouillonne (décidément !) du dossier, ne semblant pas intéressé par un sujet qui est pourtant important. D'autant plus que l'image de la justice, en tant qu'institution (photo), auprès de l'opinion publique n'est pas bonne: une semaine après l'intervention de la garde des Sceaux dans "A vous de juger" (sur France 2), où elle a notamment rappelé qu'elle mettait en oeuvre les grands bouleversements sarkozystes (lutte contre la récidive, carte judiciaire), une enquête publiée aujourd'hui place la justice bonne dernière des services publics en lesquels les Français placent leur confiance. La justice arrivant derrière, dans l'ordre, l'école (et oui !), l'hôpital et la police. Et que reprochent les citoyens à leur justice? Entre autres, son coût trop élevé, l'illisbilité de ses structures et de certaines de ses décisions, sans compter la lenteur des procédures. Il est clair qu'une justice qui met trois ou quatre ans à juger un accusé pour les faits qui lui sont reprochés fait durer une période de détention provisoire qui, en cas d'acquitement, apparaît comme une véritable injustice. Sans compter les quelques mois qui s'écoulent entre un délit et la condamnation de son auteur, qui développe alors un sentiment d'impunité dont on a déjà beaucoup entendu parler !
Et, dès lors, un problème se pose: comment réconcilier les Français avec l'institution judiciaire s'ils ont l'impression qu'ils ne peuvent pas y avoir équitablement accès (pour des raisons financières) ou qu'ils constatent que le tribunal le plus proche s'est éloigné avec la réforme de la carte judiciaire? Cette enquête serait-elle une confirmation que les choix du président ne sont pas les meilleurs? C'est en tout cas l'occasion pour l'opposition de proposer un nouveau modèle de sécurité.
Salut Aurélien, je viens de finir mes partiels de novembre, je suis donc en vacance pour une semaine!<br />
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Ton article est intéressant, mais j'ai vu dernierement un article qui disait que la justice française était l'une des meilleures d'Europe, notamment grâce à un coût faible(comparé à l'Allemagne je crois!).<br />
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Sinon, les nombreux suicides récents révèlent vraiment le malaise dans les prisons françaises. A quand une véritable prise en compte de ce dossier?
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Salut Lewalis, j'espère que ces partiels se sont bien passés...<br />
Pour ce qui est de l'efficacité de notre justice, l'enquête d'opinion reflète l'état d'esprit des Français qui y ont été confrontés: pour eux, évidemment, la procédure pourrait être meilleure car,<br />
on voit toujours le mauvais côté des choses. Il n'en demeure pas moins que certaines affaires graves qui font la Une des médias ne sont résolues que plusieurs années après (le temps que l'enquête<br />
et que le procès s'organisent). Ce qui accroît la probabilité de détenir préventivement un innocent et la douleur des victimes (ou familles de victimes) pour qui cette attente est<br />
insupportable.<br />
Nous ne devons donc pas nous satisfaire de ce qui se passe actuellement et essayer d'améliorer le système, même s'il est jugé meilleur que ceux de nos voisins !<br />
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