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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Agriculture: pour une réflexion européenne

Depuis que les Européens ont décidé de mener une politique commune en matière agricole, les écarts de salaires entre agriculteurs et entre Etats se creusent, à tel point que ceux qui se considèrent lésés réclament une énième réforme. Réforme que ceux qui en profitent, en particulier la France, ne veulent pas freiner - pour faire preuve de bonne volonté - mais ne souhaitent pas trop radicale. Quand on sait que la réforme de la PAC était affichée comme une des priorités de la présidence française de l'UE, et alors qu'aucune piste n'a été évoquée, on peut douter de l'ampleur de cette réforme... si elle voit le jour ! Et pourtant, tous les acteurs et tous les gouvernants savent qu'une réforme de ces aides aux agriculteurs est nécessaire: même si la meilleure des solutions serait de leur garantir des revenus stables et indépendants des subventions, il n'en demeure pas moins que l'attribution de ces subventions doit se faire en fonction de critères pertinents. Favoriser les agriculteurs qui choisissent la voie du bio ou ceux qui seraient en mesure d'y venir, et par conséquent privilégier une agriculture respectueuse de l'environnement, devrait être la première priorité de l'agriculture européenne.

Dans la même logique, la France pourrait prendre des mesures à l'échelle nationale en jouant sur n éventuel taux de TVA fluctuant: une TVA réduite (5,5% au lieu de 19,6%) serait affecter aux produits issus de l'agriculture biologique ou, dans un autre domaine, à ceux qui ont utilisé le circuit du commerce équitable. Cette TVA réduite serait donc attribuée à tous les produits bénéficiant d'un label, qui pourrait être harmonisé à l'échelle européenne. Le principe du bonus-malus écologique, mis en place pour les voitures, et qui pourrait concerner d'autres familles de produits (notamment informatiques et électroménagers), serait ainsi appliqué aux produits alimentaires. Une décision qui serait d'autant plus pertinente que le gouvernement qui mettrait en place un tel système déciderait, dans le même temps, de mener une politique efficace de santé publique, qui valorise les produits les plus sains et qui pénalise les produits les plus dangereux pour certaines catégories de population.

Mais, pour revenir au dossier agricole, il devient urgent d'agir dans la mesure où les écarts de salaires entre les agriculteurs sont de plus en plus marqués. Non seulement leurs salaires varient d'un mois sur l'autre en fonction de la réussite de la récolte, de son ampleur, de son affectation - ou non - par des intempéries. Désormais, dans un contexte mondial de flambée des cours des produits agricoles (née de la spéculation boursière et qui a provoqué, au moins en partie, des émeutes de la faim dans certains pays en développement), ces revenus varient selon les activités pratiquées. Ainsi, profitant de la hausse du prix du blé, les cultivateurs de céréales voient leurs salaires augmenter en même temps que les cours. En parallèle, les éleveurs, qui doivent acheter les mêmes céréales pour nourrir leurs bêtes, font face à une augmentation de leurs dépenses et, donc, à une baisse de leur pouvoir d'achat. Sans compter le cas particulier des producteurs laitiers qui, dans la mesure où le prix du lait est désormais fixé - à la baisse - par les distributeurs, perdent également une partie de leurs revenus... d'où les bloquages observés en Bretagne !

Un système dans lequel chaque producteur, quel que soit sa spécialité de production, travaille pour l'Etat, lequel redistribue l'argent obtenu de ces productions de manière équitable entre les agriculteurs serait-il choquant? Pourquoi ne pas mettre en commun tous les bénéfices de tous les producteurs français pour leur garantir des revenus confortables et stables, qui ne les fragilisent, ni ne les obligent à s'endetter pour accroître leurs surfaces ou moderniser leurs moyens de production? Répondez à ces questions en postant vos remarques et contre-propositions... pour lancer le débat !
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