Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

Publicité

Et la situation s'aggrave

L'équilibre du Proche-Orient se fragilise au pire des moments: la crise ossète, qui a ravivé les tensions enfouies entre Etats-Unis et Russie, ou plus précisément entre les néoconservateurs - toujours puissants à Washington - et l'idéologie poutinienne, écarte les premiers du conflit moyen-oriental. Déjà que l'administration Bush ne brillait pas par son implication dans la résolution de ce conflit, pourtant fondamental, alors que ses soldats se font tués par centaines chaque mois en Irak. Ces dernières semaines, on ne pouvait que regarder les visites surprise de Condolleza Rice ou du secrétaire d'Etat à la défense, Robert Gates, en sachant pertinemment que ces déplacements n'aboutiraient à rien. La secrétaire d'Etat américaine finit par connaître par coeur le terrain, à force de se rendre en Israël, en Palestine, au Liban ou en Irak... mais ne parvient à aucun résultat, pas même symbolique ou embryonnaire ! Et voilà que, dans la grande région proche et moyenne orientale, de la mer Méditerranée aux confins de l'Inde, la situation s'aggrave par le téléscopage, dans l'actualité, de plusieurs faits marquants.

1- la France vient de subir la plus grave attaque perpétrée par ses "ennemis" depuis plus de 25 ans. Dix soldats, des parachutistes provenant de trois bases (dont une située à une vingtaine de kilomètres de mon lieu de résidence, à Noyon), ont trouvé la mort dans une embuscade tendue par un groupe de combattants talibans à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. Evidemment, cette annonce a provoqué une forte émotion dans l'opinion... la France vient de vivre ce que le peuple américain endure presque quotidiennement depuis quatre ans. Et les proches de nos dix victimes vivent, en ce moment, ce que des milliers de familles américaines ont déjà du affronter ! Certes, les soldats français engagés en Afghanistan savent qu'ils peuvent y perdre la vie. Certes, les dix victimes étaient des soldats présents sur place depuis plusieurs mois et ne faisaient, pour leur grande majorité, pas partie des renforts envoyés sur décision de Nicolas Sarkozy. Cette tragédie rappelle cependant deux choses. D'une part, sans objectifs plus clairs, nos forces armées - j'entends par là celles de l'OTAN - auront beaucoup de difficulté à venir à bout de talibans qui, depuis près d'un an, regagnent progressivement le terrain perdu. Et ce depuis que, sur l'autre front, en Irak, les Américains ont clairement perdu la guerre. D'autre part, l'Afghanistan apparaît comme le point le plus faible de la région, la lutte contre le terrorisme - tout indispensable et juste qu'elle soit - doit être menée prioritairement dans ce pays, encore beaucoup trop instable.

La décision de Nicolas Sarkozy de se rendre sur place, à la fois pour s'incliner devant les dépouilles des dix soldats ou rencontrer les blessés de cette attaque, est évidemment à saluer. Le chef de l'Etat, et des armées, a par ailleurs fait savoir qu'un hommage national serait rendu aux dix victimes de l'embuscade aux Invalides: par une cérémonie brève et sans doute émouvante, il s'agit de rendre un hommage mérité à ces soldats qui sont partis volontairement défendre les valeurs dont la France est porteuse. La Nation se doit de saluer le courage et l'engagement de ces hommes !

2- le général-président Musharraf, au pouvoir à Islamabad depuis un coup d'Etat en 1999, a choisi de quitter le pouvoir. Principal allié des Etats-Unis dans la région pour ce juste combat contre le terrorisme islamiste, le Pakistan connaissait, depuis quelques mois, un instabilité politique préjudiciable à la réussite de ce projet. L'assassinat de Bénazir Bhuto, à la fin du mois de décembre dernier, puis la victoire des partis d'opposition aux élections législatives avaient été autant de signaux envoyés au président pakistanais pour lui signifier que sa présence au pouvoir n'était plus véritablement désiré. Lui qui s'attachait au pouvoir, refusant le résultat des urnes, alors qu'il était rien de moins qu'un dictateur dans la mesure où il a pris le pouvoir par la force. L'annonce de son départ ayant suscité quelques manifestations de joie dans les rues de la capitale, on espère qu'il donnera lieu à uen reconstruction politique d'un pays où l'armée jouait un grand rôle. L'opposition va désormais se réunir pour se choisir un leader, qui pourrait revendiquer la présidence du pays. Reste à savoir si cette instabilité ne restera que provisoire: avec un Pakistan où le chef de l'Etat avait d'importants liens avec son armée, par ailleurs engagée dans la lutte contre le terrorisme, la moindre faiblesse était exploitée par les talibans qui, dans la zone dite tribale à la frontière avec l'Afghanistan, se sont reconstitués. Cette base arrière, où serait toujours caché Ben Laden, leur a permis de reconquérir la moitié la plus méridionale du pays qu'ils contrôlaient jusqu'en 2001 et dans lequel ils multiplient les attaques contre l'armée d'occupation.

L'instabilité de la région n'est donc pas un signe encourageant pour son avenir. Sans compter que, non loin de là, en Israël, une guerre de succession s'est ouverte... depuis qu'il a annoncé qu'il ne se représentait pas lors des primaires de son parti, Kadima, le premier minsitre Ehoud Olmert prépare son départ du poste de chef de gouvernement. La guerre contre le Liban et les affaires de corruption dans lesquelles son nom circulait auront eu raison de lui... alors qu'il apparait comme un des plus modérés, déterminés à signer la paix avec les Palestiniens. Ses proches évoquant même la possibilité qu'il y parvienne avant de quitter le pouvoir. Avec Israël occupée à se choisir de nouveaux dirigeants, la stabilité de la région n'est pas pour demain... mais, heureusement, tout ne repose pas sur les épaules d'un seul homme ! Le conflit est bien trop complexe pour que le départ d'un dirigeant bouleverse la situation... ce que Bush n'a d'ailleurs peut-être pas compris. En effet, au cours de la campagne des primaires républicaines pour la désignation du candidat à la succession de Bill Clinton, le 31 mai 2000, il disait: "Nous sommes dans un monde bien plus incertain que par le passé. Dans le passé nous étions certains que c'était nous contre les Russes. Nous étions certains, et par conséquent nous avions d'immenses arsenaux nucléaires dirigés l'un vers l'autre pour préserver la paix. C'est ce dont nous étions certains... Vous voyez, même si nous vivons dans un monde incertain, nous sommes certains de plusieurs choses. Nous sommes certains que, même si "l'empire du mal" a disparu, le mal reste présent. Nous sommes certains qu'il y a des gens qui ne soutiennent pas ce que l'Amérique soutient... Nous sommes certains qu'il y a des fous dangereux dans ce monde, et de la terreur, et des missiles. Et de cela je suis certain aussi: je suis certain que pour maintenir la paix, nous devons avoir une armée qui a un bon moral, et je suis certain que sous ce gouvernement [celui de Clinton], le moral de l'armée est dangereusement bas". Heureusement, le départ de Bush, associé à ceux d'Olmert et de Musharraf, pourrait apporter une lueur d'espoir... dans au moins six mois !!

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article