Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
17 Août 2008
Je vous propose de commenter aujourd'hui un sondage paru hier sur le site mon hebdo favori, Marianne2.fr, évoquant la situation du PS, trois mois avant le congrès de Reims et deux semaines avant l'université d'été du parti à La Rochelle. Il ne s'agit pas de parler - comme le titre le laisserait penser - de François Hollande, qui ne fait plus l'unanimité auprès de militants qui se divisent entre les principaux prétendants, mais bien de savoir si un leader se détacherait par rapport à ses adversaires. Et la réponse est claire: NON ! Et sa principale conclusion? Le socialisme est de moins en moins considéré comme une alternative crédible au sarkozysme, et ce quel que soit le leader qui le porterait (Ségolène, toujours en tête des bonnes opinions, ou un autre). Voici l'article publié par Marianne concernant ce sondage réalisé par CSA le 12 août dernier.

" Cet été, les socialistes n'ont pas bronzé. Ils sont partis en vacances le teint blême et perclus de cicatrices (chasse au « traître » Jack Lang lors de la révision constitutionnelle, affrontements au sein du groupe PS de l'Assemblée, critiques suscitées par les propos de Ségolène Royal sur la libération d'Ingrid Bétancourt, etc), ils s'apprêtent à rentrer de villégiature sans avoir pris la moindre couleur. Quinze mois après avoir encaissé sa troisième défaite présidentielle consécutive, la gauche ne va pas mieux. Et l'anti-sarkozysme ne saurait suffire à lui offrir un regain de santé, encore moins à lui servir de boussole pour sa reconstruction. Tel est le principal enseignement du sondage de l'institut CSA que Marianne publie dans son numéro 591. Un état des lieux plutôt inquiétant pour l'opposition, dressé à deux semaines de l'université d'été du PS de La Rochelle qui promet de sonner le début d'un nouveau round d'affrontements internes.
Ainsi, malgré l'impopularité persistante de Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat progresse de deux points lorsqu'on teste les intentions de vote des candidats qui se sont affrontés le 23 avril 2007, au premier tour de la présidentielle : il passe de 31 à 33% des suffrages exprimés. Ségolène Royal, elle, recule nettement avec quatre points en moins, tandis que François Bayrou n'en perd qu'un. Olivier Besancenot est le seul des opposants au sarkozysme à progresser. Il double son score, un résultat qui réjouira l'UMP puisque celle-ci s'applique à faire du leader de la LCR son principal adversaire. Avec l'espoir qu'en chatouillant la gauche à son extrême, elle la confinera longtemps encore dans l'opposition. Ce constat de faillite est d'autant plus désolant pour le PS que, même affaiblie, Ségolène Royal continue de devancer largement ses rivaux Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë, le maire de Paris étant tout de même consacré par l'opinion comme celui qui remplit le mieux son « rôle d'opposant » au chef de l'Etat. Une performance qui ne troublera tout de même guère Nicolas Sarkozy tant l'enquête (...) manifeste l'absence persistante d'une offre politique crédible, alternative au règne sarkozyste programmé jusqu'en 2012 ".
Le résultat d'un autre sondage, réalisé par l'IFOP, précise la situation. Une majorité de sondés considèrent: 1- que le PS ne se préoccupe plsu assez des problèmes des Français; 2- qu'il ne s'oppose pas efficacement à la politique du gouvernement; 3- qu'il ne compte pas dans ses rangs des dirigeants de qualité; 4- qu'il devrait nouer des alliances avec le MoDem; 5- que le socialiste le plus apte à mener l'opposition est Dominique Strauss-Kahn, devant Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Sauf que les sympathisants socialistes vont à contre-courant de ce que pense l'opinion: les militants placent Royal devant Delanoë et DSK, et préfèrent une stratégie d'alliance avec les autres partis de gauche. Ce qui apparaît contradictoire dans la mesure où, dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, la présidente de Poitou-Charente s'était tournée vers François Bayrou ! Par ailleurs, dans un entretien accordé ce dimanche au Parisien, le vice-président de l'UMP, sénateur de la Vienne et ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin estime que Martine Aubry a le meilleur profil pour devenir premier secrétaire, alliant selon lui compétence et sincérité, contrairement à une Ségolène Royal qui n'a su s'imposer comme leader au moment de la présidentielle.