Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Après la cérémonie d'ouverture, qui a donné aux autorités chinoises une belle occasion d'exalter le sentiment national des habitants de l'Empire du milieu, abordons le problème de l'argent. S'il est clair que l'insertion de la Chine dans la mondialisation - et sa logique capitaliste et financiarisée - n'a pas encore permis l'instauration d'un régime de démocratie libérale, il est tout aussi indéniable que le pays se dirige vers la première place parmi les puissances mondiales. Croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, excédent commercial et budgétaire, armée de salariés à haut rendement (productifs à faibles salaires)... font de la Chine une puissance disposant d'argent à investir. Et une partie de cet argent a permis la construction de sites olympiques grandioses, le but étant pour tout pays organisateur de faire mieux que son prédécesseur, tant en ce qui concerne la capacité d'accueil que le style des monuments. Le nid d'oiseau, avec ses 91 000 places, dépasse ainsi le Stade de France de St-Denis, dont la capacité d'accueil était jusque-là la plus importante.
Cette démesure est d'autant plus souhaitable qu'au-delà du fait qu'elle procure de l'emploi et des marchés aux entreprises du pays hôte, les équipements ainsi créés sont ensuite utilisables par les athlètes. Le nid d'oiseau, le cube d'eau et tous les autres sites (rivière d'eau pour le kayak ou pelouse-tribunes pour le tir à l'arc) profiteront aux Chinois, athlètes confirmés ou jeunes sportifs des clubs chinois. Dans d'autres domaines, l'implication des autorités sportives chinoises est profitable pour la promotion du sport dans la société: les contrôles inopinés contre le dopage, qui ont permis de faire tomber une cycliste espagnole, dopée à l'EPO, montrent l'intransigeance du Comité national olympique chinois. Un Comité qui, contrairement au CIO, a décidé de taper fort: non content de fabriquer des armées d'athlètes dans la sueur et le sang, il a promis de suspendre à vie les athlètes contrôlés positifs. Voilà au moins un domaine où la Chine pourrait être un intéressant exemple pour le reste du monde, notamment les candidats à l'organisation des prochains Jeux, d'été ou d'hiver.
Une fois n'est pas coutume, l'argent a toutefois fait des ravages en ce qui concerne le planning de déroulement des épreuves. Contrairement à l'habitude, les séries qualificatives pour les phases finales des épreuves de natation se dérouleront l'après-midi (soit à la mi-journée en France et en début de matinée aux Etats-Unis). Les demi-finales et finales des épreuves de cette discpline se dérouleront quant à elle le matin du lendemain (soit en pleine nuit en France et en début de soirée aux Etats-Unis). Et qui est à l'origine de cette inversion du calendrier (elle aussi préjudiciable pour les athlètes)? La chaîne de télévision américiane spécialisée dans le sport: la NBC ayant mis sur la table 2 milliards 320 millions de dollars (rassurez-vous, vous avez bien lu !) pour obtenir les droits de retransmissions des épreuves de cette seule discipline. Avec un peu plus de la moitié de la richesse produite annuellement par Haïti, le pays le plus pauvre du monde, une chaîne de télé a pu dicter sa loi et obtenir que les finales, auxquelles Michael Phelps (espérant conquérir pas moins de huit médialles) participera, soient retransmises en prime time !! Alors, scandaleux? J'attends vos réactions.