Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
22 Mai 2008
Après la guerre des deux ânes, qui voit s'affronter un homme et une femme de gauche aux Etats-Unis, voilà la guerre des deux roses (sans mauvais jeu de mot historique !) entre un homme et une femme de
gauche en France. Le duel, artificiellement bâti par les médias, selon la même logique que celle qui avait porté Ségolène Royal au poste de candidate du PS à la présidentielle de 2007, entre la présidente de Poitou-Charente et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, est dans toutes les têtes (photo). Alors même qu'une seule des deux protagonistes s'est officiellement déclarée candidate à la succession de François Hollande ! Mais ce duel a cela de passionnant qu'il voit s'affronter deux styles, de visions de la politique et deux projets... qui, dans un certain sens, montre la diversité des idées qui existent au PS. N'en déplaise à ses détracteurs, le PS regorge d'idées: ses militants, contrairement à leurs représentants nationaux, savent quoi penser des grands sujets politiques. Ce qui manque au PS, c'est un leader qui puisse porter une vision d'ensemble. Car sans vision d'ensemble clairement définie, l'opinion a l'impression qu'il ne se passe rien dans le premier parti de l'opposition... à l'exception de ces conflits de personnes ou oppositions systématiques à ce que propose le gouvernement, que les médias savent mettre en avant !
Or, les Français s'intéressent à ce qui se passe au PS. Ils attendent du principal parti de la gauche française des solutions à leurs problèmes, autres que celles, finalement peu efficaces, que super-Sarko leur avait promis l'an dernier. Ne pas se contenter de s'opposer au président et de profiter de ses faiblesses est une nécessité: gagner des élections intermédiaires ne garantit en rien la victoire aux prochaines échéances nationales de 2012. Et cela, tout le monde le conçoit. Et quoi qu'on en dise, le PS doit, dès aujourd'hui, préparer cette échéance qui paraît lointaine mais qui, par son caractère décisif, nécessite d'être préparée. Car, pour parvenir à proposer un projet et à un candidat aux Français en 2012, encore faut-il qu'une ligne politique claire caractérise le PS dans les prochaines années, en particulier à l'occasion des prochains scrutins européen et régional. Que le socialisme redevienne quelque chose de clair dans l'esprit des Français sera le premier pas vers la présidentielle de 2012 au cours de laquelle les Français déçus du sarkozysme devront trouver le projet qui permettrait de clore une parenthèse qui, si elle ne se referme pas, se poursuivra... dans la mesure où Sarko sera, très probablement, candidat à un second mandat dans quatre ans.
Définir le socialisme du XXIème siècle, qui apporte une réponse aux problèmes que l'évolution récente du monde pose chaque jour, devra être la première priorité du prochain premier secrétaire. Quel que soit son nom, le PS devra bâtir un projet, basé sur une vision claire du monde et de la France, en apportant des réponses concrètes aux inquiétudes de nos concitoyens, et en proposant de grandes réformes qui puissent relancer tant l'économie que notre démocratie. Et là se posent une question, LA question du prochain congrès: les militants devront-ils choisir, dès cette année, un présidentiable? Autrement dit, le successeur de M. Hollande doit-il être le prochain candidat à la présidentielle? Les réponses sont multiples. Pour Ségolène, dernière candidate socialiste à une présidentielle, et qui considère (à juste titre) que "quelque chose s'est levé" et qu'elle a impulsé une dynamique qui ne doit pas retomber, la réponse est claire: elle est candidate à la direction du parti pour en porter, à nouveau, les couleurs en 2012. Pour Pierre Moscovici, l'un des premiers à s'être déclaré candidat, et l'un des socialistes les plus convaincants ces dernières semaines dans le rôle d'opposant constructi à Sarko, la réponse est tout aussi claire: sans ambition présidentielle, le député du Doubs veut un premier secrétaire rénovateur qui prépare le terrain de la prochaine présidentielle sans en être, lui-même, un acteur central. A tel point que "Mosco" a clairement laissé entendre qu'il souhaitait être le premier ministre du prochain président, si celui-ci est socialiste.
A titre personnel, je me situe à mi-chemin entre ces deux visions. Que le PS choisisse un premier secrétaire suffisamment populaire et charismatique pour être un prétendant à la présidence de la République, quoi de plus normal. En revanche, il est clair que faire de ce choix celui du futur candidat est une erreur: qui peut savoir ce qui peut se passer en quatre ans? La mission du premier secrétaire qui sera choisi en novembre se résume à une chose: bâtir un projet clair et fixer un cap qui permette à nos concitoyens de savoir ce que veulent les socialistes pour la France. Ce projet devra ensuite être la base des élections européenne de 2009 et régionale de 2010. L'occasion pour le parti de montrer que ses idées peuvent séduire une part non négligeable de l'électorat. Mais, quoi qu'il arrive, ce n'est pas aux seuls militants de choisir le candidat de 2012: le problème des alliances et du projet de gouvernement devra être réglé entre temps. Si le prochain premier secrétaire prouve, à travers les deux prochains scrutins, qu'il peut mener avec succès une campagne électorale et qu'il est l'un des fondateurs d'un projet ambitieux mais réaliste, alors il sera le mieux placé, car le plus légitime, pour porter ce même projet lors de la présidentielle de 2012. Si ce n'est pas le cas, il serait envisageable d'organiser des primaires à l'italienne permettant de choisir, parmi plusieurs personnalités, un candidat de toute la gauche. Mais pas avant 2011 !