Une impulsion pour de nouvelles politiques publiques
4 Avril 2008
Rédigé par Aurélien Royer et publié depuis
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Voilà le solgan affiché par le ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables en une de son site Internet. Slogan d'autant plus intéressant que les images défilantes qui l'accompagnent permettent d'avoir une idée des priorités que se fixe le gouvernement en matière d'écologie. Pas question de faire, ici, un catalogue des mesures mises en place. Mon objectif est de citer quelques exemples de politiques publiques, qui fonctionnent et qui mettent en avant une chose fondamentale: pour être efficaces, ces politiques doivent être concertées, réfléchies et partagées par la population. A qui s'adresse ce slogan? Aux autres échelons de décision que sont les municipalités, les départements et les régions. Autrement dit, d'importants acteurs du développement durable à l'échelle des territoires, à proximité des citoyens. Ce qui me fait dire que la nouvelle étape de la décentralisation, que beaucoup appellent de leurs voeux sous le terme de "régionalisation", est désormais indispensable: si le gouvernement souhaite prendre le virage d'une politique vraiment durable (lire l'article précédent), il doit commencer par donner aux régions les moyens d'une politique visant l'équité sociale, l'efficacité économique et écologique, mettant les territoires au coeur des projets.
Démocratie participative pour que les choix soient aussi ceux des citoyens et aides aux entreprises locales sont deux des pistes à explorer. Et le secteur qui illustre le mieux la réussite d'un tel projet est sans doute celui du logement et, plus particulièrement, de l'isolation. En proposant à ses habitants des prêts à taux zéro, la Picardie les incite à isoler leurs maisons, considérant que les frais engagés ne sont qu'un investissement... rentabilisé sur le long terme, à travers les économies d'énergie réalisées ! Et, dans le même temps, le Conseil régional passe des partenariats avec des entreprises locales, vers lesquels les particuliers sont redigés: le soutien à l'économie locale est donc bien au coeur d'un projet DURABLE ! Projet qui joue sur un autre paramètre fondamental: toute politique durable n'a de sens que si elle est pensée sur le long terme. Penser à court terme, en politique, est sans doute l'un des meilleurs moyens de se planter: que dire de ces réformes qui se fixent comme objectif une petite amélioration sur cinq ans? Il n'est rien de plus efficace qu'une réforme de structure qui recherche l'efficacité à long terme ! Et nos dirigeants feraient bien d'y réfléchir.
Deuxième domaine intéressant: celui des transports urbains. Sur son site, le ministère de l'Ecologie affiche l'image d'un tramway. Ce moyen de transport à la mode dans les grandes villes: telle municipalité qui n'a pas encore lancé son projet de tram', si elle n'a pas déjà introduit son Vélib' local, a sans doute perdu les élections municipales... se déplacer autrement, privilégier les transports alternatifs (en commun et peu polluants) devient une véritable mode, dont les fameux bobos sont friands. Piétoniser le centre-ville, multiplier les sens uniques de circulation, implanter des espaces verts et des lignes de tramway en site propre sont autant de pistes que de nombreuses agglomérations, souvent capitales régionales mais pas seulement, de droite comme de gauche, mettent en oeuvre. Et tant mieux ! C'est en provoquant de nouveaux comportements que les collectivités territoriales et l'Etat parviendront à mettre en place des politiques vraiment durables, efficaces économiquement et utiles socialement. Il en va de même pour un troisième secteur en vogue, celui des énergies renouvelables: le consommateur a désormais le choix et peut décider de se chauffer avec de l'énergie produite par des éoliennes (via Poweo par exemple) ou en implantant, sur sa maison, des panneaux solaires, des cuves de récupération des eaux de pluie, des systèmes utilisant la géothermie... qui sont généralement subventionnés par les collectivités.
Ces exemples, qui allient économie, social et environnement, sont la preuve que le gouvernement peut agir pour le bien de l'intérêt général: les efforts faits, trop souvent exclusivement présentés comme des avancées écologiques, vont dans le bon sens et appellent à de nouveaux modes de gouvernance... qui sont l'avenir de la politique ! Car, tout est lié !