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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Que penser de l'affaire Martinon?

Déjà beaucoup de choses ont été dites sur cette affaire neuilléenne qui a vu un retournement de situation: l'ancien dissident, neuilléen de longue date et candidat déclaré dès l'automne dernier au nom de la droite républicaine (sans l'étiquette d'une UMP dont il n'est pas adhérent), est devenu le candidat officiel de la droite dans le fief de Nicolas Sarkozy; l'un des anciens membres de la liste UMP étant devenu à son tour dissident. Et avant de vous livrer mon point de vue, je vous propose trois commentaires et analyses proposés avant le dénouement de ce feuilleton, et qui permettent d'y voir un peu plus clair.

D'abord, l'intervention de Patrick Devedjian, serétaire général de l'UMP et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, invité de "Dimanche 13h" sur France 2 et qui réagissait en ces termes à l'annonce de la fronde menée par trois des ex co-listiers de David Martinon: "La campgane de Neuilly est une campagne très difficile, contrairement à ce que l'on pourrait croire"... Toute première phrase, sans rire, de celui qui a été chargé de régler cette affaire, qui a attiré l'attention des médias pendant quatre longues journées, où tous les flashs d'information commençaient par les nouveaux rebondissements d'un épisode, qui a nettement repoussé au second plan la visite de Sarko en Guyane. C'est donc sérieusement que Devedjian considère la campagne de Neuilly comme "difficile", alors que le scrutin est (presque) sans enjeu: la droite, quelle que soit la personnalité qui accèdera au fauteuil de maire, va se succèder à elle-même, la liste d'union de la gauche n'ayant aucune chance de résister.

Ce qui est plus intéressant, en revanche, c'est cette autre phrase du secrétaire général de l'UMP à propos des trois frondeurs (Marie-Cécile Ménard, Arnaud Teulé et Jean Sarkozy): "ce sont des gens de qualité, ce sont des habitants de Neuilly depuis toujours. Ils connaissent bien leur ville, ils la sentent. Ce qu'ils expriment méritent, tout naturellement, d'être pris en considération. D'un autre côté, David Martinon s'est engagé avec beaucoup de conviction dans cette campagne qui est difficile, et il s'est donc heurté à quelques difficultés". Il est vrai que les habitants de Neuilly et la majorité des militants de l'UMP dans cette ville n'ont pas apprécié le parachutage d'un énarque, poulain désigné de l'ancien maître de la mairie qui, devenu président de la République, gardait un oeil trop rapproché sur les affaires d'une ville que d'autres personnes (que lui) ont les moyens de gérer.

Commentant cette affaire, lundi matin, dans le "Duel des éditorialistes" sur France Info, face à Sylvie Pierre-Brossolette (du Point), le directeur de la publication de Libération, Laurent Joffrin, proposait cette analyse: "Nous sommes en monarchie élective: le monarque, étant occupé à administrer le royaume, note un de ses conseillers dans son ancien fief. Mais ce conseiller se débrouille mal et les électeurs se rebellent: il y a ce qu'on pourrait appeler une jacquerie, même si c'est un paradoxe à Neuilly. Les électeurs ne veulent pas de cet envoyé, ce qui provoque une intrigue de cour: David Martinon étant un fidèle de l'ancienne reine, qui est partie, il perd ses soutiens. [S'ensuit] une révolution de palais autour de la mairie de Neuilly: ce qui fait que maintenant, on cherche de nouveaux conseillers, parmi lesquels le dauphin, qui pourrait prendre la tête de la liste".

Réponse de Sylvie Pierre-Brossolette: "C'est évident que la désignation de David Martinon était une erreur de casting: ce n'était pas le bon candidat pour le bon endroit. Et quand Sarkozy, encore en état de grâce, l'a présenté aux habitants de Neuilly, il a aussi fait une erreur politique, assez maladroite. La pire des solutions serait d'ailleurs de continuer dans ce sens monarchique, en nommant le fils. Ce serait une mauvaise idée: il va falloir faire confiance à des gens de Neuilly qui sont là depuis vingt ans".

En fait, ce feuilleton neuilléen n'est pas des plus simples et, si on le décortique, il reflète assez bien (comme les autres feuilletons de la vie élyséenne de ces deriers mois) la fameuse "méthode Sarko":
1- tout se décide au château: on peut supposer, sans trop se tromper, que la dissidence des trois anciens co-listiers ne s'est pas faite sans l'aval du chef de l'Etat qui se préparait à trouver une sortie pour son protégé, qu'il refuse d'ailleurs de voir quitter son poste de porte-parole;

2- outre le caractère monarchique évident de la présidence Sarkozy, il y a comme des touches de "Second Empire": d'une posture libérale et innovante (quand les sondages étaient encore bons) on est passée à une présidence moins sympa", plus "autoritaire" (le voyage en Guyane a été moins médiatisé qu'à l'habitude, les prises de parole du président moins nombreuses et la discrétion des courtisans des plus efficaces); sans oublier le retour aux "candidatures officielles", David Martinon n'ayant pas été présenté autrement que comme LE candidat de l'Elysée, celui que Nicolas veut voir arriver à l'hôtel de ville (comme l'avait dit, sans détour, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, André Santini);

3- l'épisode, qui est un des rebondissements (imprévus) du film élyséen, tombe au plus mauvais moment pour l'UMP qui, faute d'avoir derrière elle un président populaire, s'inquiète de plus en plus d'une nationalisation d'un scrutin qui s'annonce mal... l'attitude du nouveau candidat officiel, visant à ne rien sacrifier de son équipe et de son projet (ce qui est louable !), en est une belle illustration: il n'est pas question d'apparaître comme le candidat de l'UMP mais bien de mener une liste de rassemblement, soutenu par ce parti, qui conjugue les talents et qui propose un projet pour la ville. Telle est la mission de toute candidature aux municipales, disait ainsi le premier ministre François Fillon qui refait son retard sur la scène médiatique... et qui aparaît en rassembleur d'une majorité en pleindoute !

4- une autre polémique, lancée par l'opposition et certains médias (plutôt de gauche), en rajoute: le choix de Sarko d'intervenir à la télévision et à la radio, dimanche soir, pour nour parler du traité de Lisbonne, a beaucoup fait réagir. Il y a comme un décalage, que certains analysent comme une volonté de détourner l'attention... et, vu le résultat (personne ne parle du fond de cette intervention qui, à mon sens -et comme je vous l'ai montré précedemment-, était pourtant importante), c'est un coup de comm' râté !

Bref, la météo n'est pas réjouissante du côté de l'Elysée... et, dans un sens, tant mieux. Car, du côté des grandes villes, on en peut pas dire que ce soit le suspense des résultats qui soit le plus marquant dans cette campagne des municipales en 2008 !
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B
je reviens sur vos conclusions :<br /> 1/ Honnetement est-ce nouveau ? Chrac avait mis son veto par le passé (99 je crois), à l'accession à la tête de l'ump de sarko ; je doute de la meêm manière qu'il a laissé n'imorte qui prendre sa relève en Corrèze, et qu'il ne soutenait pas Tiberi à Paris !<br /> 2/ Il est normal que Sarkozy change sa méthode de communication, vu que c'est le principal reproche qui lui ai fait !<br /> 3/ Il faut tout relativiser : il s'agit d'une péripétie assez banale -le remplacement d'un candidat pour une élection municipale- comparée au désordre chez les Verts en 2002, ou c'est le candidat même à la présidentielle qui avait été changé, et à la double campagne pour le oui et pour le non, du ps lors du référendum. C'est sur que l'image qui est donnée par ce spectacle ridicule est désastreuse pour l'ump, mais je pense qu'on a trop fait monetr la mayonnaise.<br /> 4/ rien à dire
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A
Et je vous réponds sur le 1er point: Sarko a voulu la rupture avec les pratiques passées: ici, ce n'est pas le cas...Pour le reste, on est d'accord !