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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Course à la Maison-Blanche: les leçons du 6 mai

Depuis quelques jours, la campagne des primaires américaines s'étant accélérée avec le tant attendu "super-Tuesday", les analystes comparent de plus en plus cette course à l'investiture (et à la Maison-Blanche) au scrutin présidentiel que nous avons vécu l'an dernier. Et il est vrai que certaines logiques qui ont bâti l'életion française se retrouvent de l'autre côté de l'Atlantique. A commencer par l'intérêt que cette campagne suscite dans l'opinion publique. Trois facteurs permettent de l'expliquer: 1- l'un des camps s'apprête à faire un choix historique, en propulsant, comme le PS il y a un peu plus d'un an, une femme (et, en plus, un afro-américain) comme présidentiable ; 2- la fin du second mandat de George W. Bush est, comme pour celui de Chirac, attendue depuis le lendemain de sa réélection.  Même si une majorité confortable d'Américians ont choisi de renouveler sa confiance au locataire de la Maison-Blanche, de plus en plus nombreux sont ceux qui attendent un nouveau visage, qui les sorte d'une période où le ras-le-bol l'emporte ;

3- dans le cas américain, est enfin arrivée une élection à suspense, qui oblige chacun à faire un choix et à le motiver. Il faut dire que les dernières primaires n'avaient pas été des plus passionnantes: en 2000, Bush fils avait remporté 43 des 50 Etats pendant qu'Al Gore rafflait tous les scrutins, son statut de vice-président sortant lui ayant permis d'être le seul candidat. En 2004, président sortant, Bush n'avait pas à affronter le vote des républicians, tandis que John Kerry l'emportait dans 46 des 50 Etats. Envie de tourner une page (sombre) de l'histoire américaine et d'en écrire une nouvelle, suspense dans la désignation du (ou de la) candidat(e), au moins dans le camp démocrate, font que cette élection passionne l'Amérique autant que les autres pays du globe...

Il faut dire que les enjeux du scrutin de novembre sont fondamentaux: déréglement climatique, crise moyenne-orientale, risque terroriste, fragilité de la planète finances et risque de récession sont autant de défis que la prochaine équipe gouvernementale devra gérer. Et, pour cela, les Américains attendent du changement: ils veulent la rupture, quel que soit le camp d'où elle vienne. Ce que John McCain a bien compris, tirant peut-être les leçons de la stratégie Sarkozy, ou comment apparaître le restaurateur de la vraie droite, rompant avec ce que le camp auquel il appartient a fait jusque-là. Et le sénateur républicain, ancien vétéran du Vietnam, d'exceller dans ce registre: tout son programme repose sur ce qui a été fait jusqu'à aujourd'hui. La philosophie qui a guidé les dernières décisions est bonne, mais il faut aller encore plus loin. Si l'on met de côté l'envoi de troupes supplémentaires en Irak, il est un domaine où le message est clair: les baisses d'impôts entamées doivent continuer, mais en profitant d'abord aux grosses sociétés et aux plus riches des contribuables pour relancer une machine économique, affaiblie par une croissance en berne et une consommation à la peine.

Et, sur ce point, le clivage gauche-droite, qui était déjà bien marqué en France, apparaît clairement: qu'il s'agisse d'Hillary ou d'Obama, la stratégie économique allie justice sociale et recherche d'efficacité. C'est donc sur un autre terrain qu'il fait chercher à différencier les deux prétendants démocrates. Et, pour cela, il suffit de puiser dans l'expérience française. D'un côté, une femme qui joue sur son expérience, sa connaissance des dossiers et son vécu d'élue au service des classes moyennes (thème repris à John Edwards qui a abandonné la course), sans oublier le fait qu'elle est une femme et que la choisir, elle, serait en lui-même un beau message envoyé aux autres pays: cela vous rappelle forcément quelque chose. Et de l'autre côté, un nouveau venu sur la scène politique nationale, qui n'a jamais exercé de fonctions de premier ordre, et qui oriente tous ses discours sur la volonté de changement de tout un peuple autour d'une cause qui transcendrait les clivages traditionnels et qui permettrait d'avancer vers un idéal (un espoir !) qu'il est le seul à porter, tant il connaît les méfaits d'un système qu'il rejette: là aussi, quelques souvenirs doivent émerger.

Il reste donc à attendre de savoir laquelle de ces deux stratégies sera la plus payante. Jouer la carte de la vraie nouveauté et du centre aurait pu emmener François Bayrou beaucoup lus loin si la campagne avait été un peu plus longue: sa percée dans les sondages n'est pas sans rappeler celle du sénateur noir de l'Illinois. Lequel dispose à présent de longues semaines pour cultiver cette voie qui en fait le mieux placé pour barrer la route au candidat du camp sortant: là aussi, nombreux ont été les électeurs français a voté stratégiquement le 22 avril 2007, en considérant que Bayrou était mieux placé que Ségolène pour battre un Sarkozy donné favori. Le parallèle avec la situation américaine est donc difficile à ne pas faire, à un moment où la campagne de l'ancienne première dame s'essoufle, les sondages Etat par Etat et les enquêtes d'opinion au niveau national ne lui étant plus très favorables !

Si l'on ajoute à cela qu'au sein du PS apparaît une ligne de fracture séparant les pro-Obama des pro-Clinton (lire un dossier intéressant de Marianne sur ce sujet, dans le numéro 562 du 26 janvier dernier: vous pouvez, à tout hasard, acheter la version électronique de ce numéro pour 2,50€ en cliquant ICI), on comprend aussi pourquoi cette élection américaine passionne des socialistes frustrés par leur défaite de l'an dernier ! Quant à savoir l'issue des primaires démocrates, qui ne sont encore gagnées pour aucun des deux prétendants, et celle de l'élection de novembre, il ne faut bien sûr pas aller trop vite... même si l'hypothèse d'un McCain élu n'est plus à écarter.
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