Rédigé par Aurélien Royer et publié depuis
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Réagir à l'actualité, c'est l'un des objectifs de ce blog: ainsi, contrairement à ce que j'ai annoncé hier, vous ne retrouverez un dossier sur Bordeaux, et l'avenir politique d'un Alain Juppé peut-être menacé, que dimanche prochain. L'actualité du jour m'oblige à évoquer une autre ville, non moins intéressante: dans la capitale des Gaules, perdue par la droite en 2001, après le départ de Raymond Barre, la bataille va se gagner au centre... et l'histoire politique de la ville ne peut que le confirmer. La ville a souvent choisi un maire que l'on qualifierait de "modéré", soient des centristes de droite (Raymond Barre en 1995 ou l'UDF Francisque Collomb en 1976), soient des centristes de gauche (le social-démocrate Gérard Collomb en 2001 ou le radical-socialiste Louis Pradel en 1957). Autre preuve du caractère modéré de l'électorat lyonnais en 2007: les trois principaux candidats à la présidentielle ont recueilli 84% des suffrages (contre un peu plus de 75% au niveau national).
Dans ce contexte, l'information communiquée ce matin par les sites d'information (entendue, pour ma part, sur France Info) ne devrait pas manquer d'intéresser les commentateurs politiques: la liste MoDem, à laquelle François Bayrou tenait particulièrement dans une ville qui lui a accordé plus de 22% des voix le 22 avril 2007 lors du premier tour de la présidentielle, n'existe plus. Christophe Geourjon (photo), tête de liste du parti centriste à Lyon, a annoncé rejoindre la liste UMP de l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben, après une discussion qui se serait achevée par l'accord des têtes de liste MoDem pour les neuf arrondissements de la ville. Motif: les deux listes auraient de nombreux points de convergence sur "le projet et la méthode de travail". Et, comme si cela ne suffisait pas, le chef de file des sénateurs MoDem, par ailleurs patron du MoDem dans le Rhône, annonce son départ du parti centriste: encore un rallié à Sarko, qui viserait, d'après les rumeurs, une place au gouvernement...
Lyon serait-elle en train d'illustrer la situaion globale d'un MoDem plus que jamais en difficulté au niveau national et qui peine à trouver sa place sur un échiquier politique encore trop bipartisan? Il est vrai qu'avec des élus qui visent des places, avec les honneurs et les €uros qui vont avec, il est difficile de construire un parti politique autonome qui, faute de ligne claire, ne parvient pas (encore) à s'imposer comme troisième force en France. Pour le moment, malgré le soutien populaire dont bénéficie le parti du Béarnais, il est difficile de ne pas parler, d'ores et déjà, des alliances qu'un parti en pleine construction doit nécessairement nouer pour espérer peser sur les choix politiques nationaux ou locaux. Il en est de même à Paris où, avant même le premier, une alliance MoDem/PS est évoquée pour le second tour...
Situation que l'on retrouve par ailleurs à Lyon: Anne-Marie Comparini refuse de rejoindre une liste (UMP) qui a fait une place aux partisans d'un Charles Millon qui, élu UDF, avait noué une alliance avec le FN pour garder son siège lors des régionales de 1998. L'ancienne présidente du Conseil régional de Rhônes-Alpes (1999-2004) et actuelle conseillère régionale serait d'ailleurs tentée par une alliance avec le socialiste Gérard Collomb, par ailleurs favori du scrutin. Le maire sortant affiche, comme Delanoë à Paris ou Gaudin à Marseille, un bilan que les statistiques permettent de qualifier de globalement positif: le chômage a ainsi reculé de 23%, le nombre d'enfants accueilli en crèches multiplié par deux. La ville a par ailleurs connu quelques transformations: toutes les écoles ont été informatisées, des vélos en livre service permettent de circuler dans un centre-ville plus agréable (grâce, notamment, aux travaux sur les berges du Rhône), l'équipe municipale est à l'écoute de la population, le maire proposant sur son site un tchat hebdomadaire avec les internautes lyonnais et promettant de maintenir un tchat mensuel après sa possible réélection.
Bref, depuis l'arrivée au pouvoir d'un Sarkozy qui a droitisé le discours d'une droite plus modérée sous l'ère Chirac, les centristes ont glissé vers la gauche pendant que certains socialistes glissent vers le centre, s'éloignant de positions plus radicales, défendues par l'aile gauche du PS. Cette division du MoDem à Lyon ne serait-elle qu'une confirmation de ce qui pourrait se produire dans les prochains mois: la création de deux nouveaux grands partis, l'un à gauche anti-capitaliste (autour d'un Olivier Besancenot qui a déjà lancé la rénovation de soncourant de pensée) et l'autre vraiment centriste, tendance social-démocrate? C'est en tout cas ce que je souhaite: à vous de réagir, en postant un commentaire !
Source: le paragraphe en orange a été réalisé à partir des données fournies par le site du maire sortant. Consultez-y les rubriques "le bilan" et "le projet" pour vous faire ue idée de sa gestion de la ville: pour cela, cliquez ICI.