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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Sarko et l'exercice de la fonction présidentielle (bis)

Voici la première partie de la suite d'un article (du même nom, paru la semaine dernière) sur la conception qu'a Sarko de sa fonction, à travers sa pratique au quotidien. Et avant de vous livrer quelques extraits de Marianne, sur le thème "Sarko et la pratique du pouvoir", voici ce qu'en pense François Bayrou, le président du MoDem ayant été interrogé sur ce thème par l'Express. "La fonction présidentielle, ce n'est pas s'occuper de tout, mais de l'essentiel. Ce n'est pas "je communique à tout va", mais "j'inspire confiance", c'est s'arrêter pour réfléchir, c'est se protéger et protéger le pays contre l'actionnite désordonnée. Laisser à d'autres le court terme, et penser le long terme. Ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France (...) Je uge davantage les faits que les mots. Je sais que l'on peut mettre les mots à toutes les sauces. On peut sortir des citations époustouflantes pour dire le contraire de ce que l'on fait (...) par exemple, à quoi bon dire "politique de civilisation" quand, précisément, on abandonne la civilisation face au matérialisme ambiant? A quoi bon parler de "démocratie exemplaire" quand la réalité, c'est la fin de la séparation des pouvoirs et la prise de contrôle des médias dans une entente de groupes connivents?"

Pour ce qui est de Marianne, voici quelques extraits choisis dans le numéro de la semaine du 12 janvier, sur lesquels je vous invite à réagir. Ainsi, d'après Paul Thibaud, essayiste et ancien directeur de la revue Esprit : « Le fait de rechercher en priorité la compagnie des hommes d’affaires n’est pas moins instructif que cet étalage de luxe. Naguère, les hommes politiques se montraient avec des écrivains et des artistes, c’est-à-dire avec des hommes voués, comme eux mêmes en principe, à une œuvre qui les dépassait (…) la discrétion concernant la fortune renvoie à un clivage entre l’homme et le pouvoir. Il n’est que de se souvenir du soin mis par de Gaulle à distinguer son privé et son public, le personnage historique, le président qu’il incarnait et le « pauvre homme » comme il a pu dire en parlant de lui-même (…) pour Nicolas Sarkozy, le pouvoir n’est pas le service d’une cause ou d’une grande ambition, il comble une insatisfaction personnelle avec laquelle il n’en a jamais fini. D’où sa boulimie, sa bougeotte. Ce qu’il importe de noter, c’est que la fonction suprême ne lui a apporté aucune sérénité ».

Puis, « Il est essentiellement dans le négatif, remplaçant un sublime qui ne marchait plus par une virtuosité quelquefois efficace, souvent dérisoire, voire la démagogie pour les siens, comme dans le cas du paquet fiscal. Il semble plutôt s’ébattre dans des ruines que poser des fondations. Mais il est remarquable qu’il évite de tomber dans le cynisme. Au contraire, il tient à peupler ses discours de références élevées et à évoquer de vastes desseins – nouvelle laïcité, nouvelle Renaissance, politique de civilisation, réconciliation méditerranéenne… ce ne sont pas le moins du monde des formules qui obligent mais elles sont peut-être sa part de naïveté. On peut être sans principe, mais sensible aux belles idées ».

" Les cinquantenaires de la génération de Nicolas Sarkozy ont été bercés par "la séquence du spectateur". Chaque dimanche, cette émission, née sur la châine unique de télévision, proposait tris extraits de films d'une dizaine de minutes. On se délectait de ces "séquences" sans connaître le début et la fin des longs-métrages. Les extraits étaient bien choisis et mêlaient habilement comédies, films d'action ou d'humour. "La séquence du spectateur", c'est la méthode Sarkozy, comme il l'a lui-même revendiquée: "j'essaye de faire des séquences cohérentes, c'est la chose la plus difficile qui soit" [commentaire personnel: en toute modestie, bien sûr !]. Seule différence, sile décor change, c'est toujours le même acteur qui s'agite. Le président, qui a fait don de son coprs à la télé, mise sur la médiocrité des médias: il suffit de les gaver, ils n'iront pas voir ailleurs. Et cela marche! Tout le monde ne parle plus que de ces "séquences" devenues l'unité de mesure du temps politique et sur laquelle dissertent les meilleurs esprits

(...) comme dans "la séquence du spectateur", on ne sait ce qui s'est passé avant et on lâche avant de savoir ce qui se passe après; ne reste dans les esprits que la scène culte (...) qui connaît l'épilogue, au Guilvinec, du mâle défi présidentiel - "Descends un peu, qu'on discute !" - répondant à la gaillarde apostrophe d'un autochtone - "140% ! Enculé !" - à propos de son augmentation de salaire? Personne ne sait que le dénommé Juju est bien descendu, mais qu'il a été retenu hors séquence par les gorilles de la sécurité présidentielle..." [voilà une information, qui en dit long sur cette pratique du pouvoir, qi n'est vraiment que de la com'].

Enfin, dans le même article, on peut lire: "cette volonté de transparence et d'authenticité angoisse par ce qu'elle révèle et que la tribu des psychanalystes s'amuse à décrypter dans cette "hémorragie narcissique": "une sexualité adolescnte à la recherche de femmes-trophées brandies pour se rassurer" (...) retourner avec son nouveau trophée sur les lieux qu'il fréquentait avec Cécilia. Et ceux où elle l'a humilié publiquement comme Pétra, revanche qi semble avoir constitué le principal motif du détour jordanien. Lui offrir la même bague. "Il revisite son passé pour l'effacer: c'est très adolescent aussi, ce refus de s'inscrire dans son histoire, observe un analyste. Cela répond à son incapacité à s'inscrire dans l'histoire politique: rien de bon n'a été fait avant lui, il fait table rase du passé, tout commence avec lui, il n'y a plus que lui: du narcissisme infantile".

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