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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Fillon ou la remise en cause des 35h

Attention ! Le titre de cert article ne doit pas vous induire en erreur: mon but n'est pas de critiquer une remise à plat de la durée légale du travail mais, au contraire, d'en discuter en profitant de la polémique naissante autour de ce dossier, devenu tabou ! C'est donc par une lettre aux partenaires sociaux que le premier ministre, François Fillon, a décidé d'ouvrir ce dossier qui divise tant la gauche et les syndicats, et qui fait l'unanimité à droite. Chirac n'a jamais osé y toucher, se faisant le défenseur d'une durée minimale commune à tous les salariés. Sarko a toujours dit qu'il faudrait, un jour ou l'autre en parler, même s'il a décidé de commencer son quinquennat par encourager les salariés à recourir aux heures supplémentaires, qui n'ont de sens qu'avec l'existence d'une telle durée minimale...

Et, avant de parler du fond de ce dossier, sur lequel nous allons (je l'espère) échanger, revenons sur la forme. Deux constats s'imposent. 1- le contenu de la lettre peut être discutée: demander aux partenaires sociaux de négocier d'ici au 31 mars 2008, faute de quoi une loi imposera la décision finale montre que le gouvernement a déjà une idée de ce à quoi il veut arriver, lanégociation n'ayant alors aucun sens. Fillon fait donc du Sarko (et c'est logique !): discutez, mais de toute façon, il faudra arriver à cela... cela rappelle le dossier des régimes spéciaux ! 2- le choix de la date, un 28 décembre, en pleine période de vacances, n'est pas le plus pertinent. De deux choses l'une: soit le premier ministre veut montrer qu'il travaille pendant que les Français skient (ce qu'il a déjà fait en visitant un foyer pour sans-abris !), soit il cherche à exister face à l'hyperprésident, en profitant non pas des vacances des syndicalistes mais de celles de Sarko. Je pencherais plutôt pour la deuxième option !

Et maintenant, venons-en au fond ! J'ai déjà eu l'occasion de le dire sur le blog Débattons, je ne suis pas hostile à une négociation, branche par branche, de la durée légale du travail. Comme pour le calcul des retraites, certains métiers pénibles pourraient bénéficier d'une durée légale hebdomadaire inférieure à celle qui concernerait des emplois moins pénibles. Exemple: les ouvriers des usines, qui travaillent parfois de nuit et qui ne bénéficient pas des conditions de travail les plus favorables, pourraient ne travailler que 35 heures par semaine, pendant que des employés du Trésor public ou des différentes administrations pourraient travailler 38 heures. D'autant plus que ce serait l'occasion, pour l'Etat, d'ouvrir ces administrations plus tôt le matin, plus tard le soir, ou les samedis toute la journée, afin de permettre aux autres salariés d'y accéder plus facilement.

Par ailleurs, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire l'an dernier, pendant la campagne des présidentielles, il serait tout aussi utile de négocier la mise en place de "compensations" à l'augmentation de la durée de travail. Comme la création d'une sixième semaine de congès payés. Comme l'obligation, pour tous les salariés, de bénéficier de trois demi-journées de repos hedomadaire. Ou encore le décompte, du temps de travail, d'une partie du temps passé dans les transports entre son domicile et son lieu de travail; je reproduis là ma proposition de décembre 2006. " soustraire à cette durée le temps passé dans les transports pour deux raisons: il s'agit, au moins dans les transports en commun, d'un élément de cumul de stress et, pour les personnes éloignées de leur lieu de travail, il engendre des journées très longues [ainsi qu'une amputation partielle de la "vie de famille"]. Je propose donc de soustraire aux 38 heures, soit 35% du temps de transport (pour les personnes venant en voiture, dans la limite d'une heure par jour), soit 60% du temps de transport (pour les personnes recourant aux transports en commun, dans la limite de deux heures par jour) ". Exemple: un employé qui travaille cinq jours par semaine et doit effectuer deux heures, aller-retour, de train pour aller au bureau ne travaillerait pas 38 heures par semaine mais 32 heures effectives (38 - (5*2*0,6)).

Quoi qu'il arrive, il est clair que, dans ce dossier, le maintien d'une durée minimale est nécessaire, afin que ceux qui veulent "travailler plus" puissent "gagner plus" grâce aux heures supplémentaires et afin qu'il existe des repères assurant l'équité entre tous les salariés. Ainsi, supprimer toute durée légale, comme le souhaite le MEDEF, permettraient de supprimer, de fait, les heures supplémentaires sur-payées ! Mais aussi empêcherait de définir un temps partiel... Parmi les mesures que je préconisais l'an dernier se trouvait un autre de ces "repères": le SMIC. Il doit être commun à tous les salariés car il permet lui aussi de maintenir cette équité, plus que nécessaire, entre les salariés: ce SMIC doit être suffisamment élevé pour le distinguer des minima sociaux et permettre d'assurer à tous un pouvoir d'achat confortable, mais pas trop élevé pour permettre une valorisation des carrières.

Que le gouvernement ouvre ce chantier est une bonne chose. En espérant, donc, que l'objectif ne soit pas fixé à l'avance et en déplorant que le sujet soit lancé en ce moment, créant, dès le début, une tension entre syndicats et patronat, à qui Fillon fait une belle fleur ! A vous, maintenant, de donner votre avis, de débattre de mes propositions... et d'avancer les vôtres !
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B
Dans ce cas, tout est négociable sans soucis : si des efforts sont demandés aux français, il ne sera pas anormal qu'ils obtiennent quelques avantages, même si la situation actuelle ne permettra pas à ces avantages de compenser les efforts, mais nous en sommes ici tous conscients, ainsi qu'il s'agit d'assurer un avenir plus radieux à notre pays et à ses habitants
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B
Après mûre réflexion, et bien que je ne sois pas encore sûr de moi :<br /> Que quelques professions, que certains salariés à cause de leur éloignement géographique bénéficient d'une durée légale minimale de travail inférieure, pourquoi pas ! Tout compte fait, je ne suis pas sûr que ce porjet aurait des conséquences vraiment importantes, mais bon, je ne suis pas économiste.<br /> Par contre, cela devrait se faire, pour que ce soit acceptable dans mon esprit, qu'à une seule condition : la durée minimale "normale" augmente (36, 37, ou plus j'en sais rien) et la durée "spéciale" augmente moins ou reste à 35h. Je ne pense pas qu'il serait bon de diminuer encore le nombre d'heures de travail d'une partie de la population : pour des raisons de compétitivité internatinale, et pour des raisons de pouvoir d'achat qui risque fort de devenir un problème endémique.
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A
Evidemment, dans l'esprit du gouvernement et dans le mien, une négociation sur les 35 heures doit aboutir à une augmentation globale du temps de travail. La France a besoin que ce dossier soit ouvert. Et ma proposition est, sur ce point, assez complète (même si elle est loin d'être parfaite, car je ne suis pas économiste !): la sixième semaine de congès payés associée à une hausse du temps de travail hebdomadaire doit conduire à une hausse global du nombre d'heures travaillées annuellement par chaque Français.
B
Très bien, je ne l'avais pas du tout compris comme cela, mea culpa donc.<br /> Effectivement, sur cette (nouvelle) base, cela me parait envisageable et potentiellement efficace
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A
C'est noté ! J'avoue que c'était beaucoup mieux expliqué dans l'article que j'avais l'an dernier... au moins, celui-là vous a fait réagir ! Et tant mieux... cette mesure est-elle vraiment la meilleure? N'avez-vous pas d'autre idée, reposant sur le même principe?
B
Je pense malheureusement que la fixation d'une limite temporelle est nécessaire (bien qu'une d'entre elle fut par le passé, sous l'ère sarkozy, déjà repoussée, ce quui montre que cetet date est plus un guide qu'un réel ultimatum.<br /> Pour le pourquoi du comment de 28 décembre. J'ai du mal à croire que Fillon agisse sans l'aval du président. Je penche pour la première option. Mais bon, on ne le saura jamais !<br /> <br /> sur le fond :<br /> <br /> qu'on fixe un temps légal du travail, pourquoi pas... 35h serait le minimum des minima, mais certaines professions comme celles que vous citez, avec les avantages que vous citez en terme de service aux usagers ou aux consommateurs, pourrait allonger ce palier.<br /> <br /> Que certains nouveaux acquis comme une 6è semaine de congés payés, pourquoi pas une nouvelle fois (mais j'ai bien peur que les syndicats, s'entêtant dans une logique du "on ne touche pas aux 35h" ne viendront jamais à ce stade des discussions!!!)<br /> <br /> Par contre, je suis contre le "temps transport".<br /> Pour deux principales raisons :<br /> 1/ Pourqoi serait-ce à l'entreprise de payer pour le temps passé par son employé dans les transports ? Rendez-vous compte, si l'employeur doit offrir 6 heures par semaine à l'employé-type que vous évoquez, des sommes que cela peut représenter aussi bien pour les grosses boites que pour les pme familiales ?<br /> 2/ Cela offrirait une voie royale à la fraude : j'habite à 10min à pied de ma boite, mais je me déclare encore chez mes parents, passant mon réel habitat comme une maison secondaire... Il faudrait encore plus flicardiser les controleurs du travail...
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A
Pour ce qui est du "temps transport":- il n'est pas question de faire travailler un salarié 32 heures payées 38 (en décomptant les six heures hebdomadaires de mon exemple). ll s'agirait de fixer, dans le secteur cité, le temps minimum de travail à 38 heures, sauf pour les salariés qui passent beaucoup de temps dans les transports, pour qui se minimum passerait à 32. Ils travailleraient 32 heures payées 32, en bénéficiant d'une limite prenant en compte leur situation personnelle.- ceux qui travailleraient au-delà de cette limite seraient payés en "heures normales", afin de ne pas pénaliser les salariés qui ne bénéficient pas du même temps transport. Toutes les heures supplémentaires au-delà des 38 h (qui restent la limite de cette branche) seraient payées l'équivalent de 125% d'une heure normale.- pour ce qui est de la fraude: malheureusement, elle peut être partout. Il existerait sans doute des moyens de l'empêcher, mais je ne suis pas assez spécialiste pour en avoir une idée.Le but de mon article était de lancer une proposition sur le temps de travail, en prenant en compte ces situations où des salariés sont hors de leur domicile de 6h à 20h, six jours sur sept. Pour eux, tout s'accumule: garde d'enfant pour emmener et aller chercher les enfants à l'école, cantine scolaire, frais de transport... il serait juste et équitable que ceux-là bénéficient d'avantages qui ne seraient pas desprivilèges. Ne faisant pas partie de ces gens qui s'accrochent à leurs idées (toujours géniales), et ayant lancé la première proposition qui me venait à l'esprit, je suis donc ouvert à toute proposition !