Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
4 Octobre 2007
Voici le tout premier article de la nouvelle communauté "Pour un monde meilleur" qui, à compter d'aujourd'hui, permettra à ses membres de dialoguer de tous les thèmes de l'actualité internationale. Et pour commencer, je vous propose cet article sur un thème brûlant de l'actualité: la question de l'immigration, du contrôle de flux et de la politique de regroupement familial. L'immigration étant ce lien qui nous rattache à la misère du monde, elle trouve toute sa place dans cette communauté qui va tenter de réfléchir à un monde plus solidaire, plus démocratique, plus juste... en un mot, meilleur ! Et j'attends, tout de suite, vos réactions en postant un commentaire à ce premier article.
Cette nuit, les sénateurs ont adopté un amendement rédigé par la commission des lois de la Haute Chambre, celle-là même qui avait rejeté l'amendement Mariani, du nom de ce député qui avait proposé, et fait adopter par l'Assemblée nationale, une disposition permettant d'avoir recours à des teste ADN pour prouver une filiation entre immigrants souhaitant bénéficier de la politique française de regroupement familial. Sous la pression des associations et de la fronde qui s'est levée dans la classe politique, d'Olivier Besancenot à Dominique de Villepin, les sénateurs ont réécrit le texte, le vidant complètement de sa substance: 1- de payant pour le demandeur, le test sera désormais gratuit car pris en charge par l'Etat ; 2- il ne pourra être effectué que sur une mère de famille afin de prouver la filiation biologique avec ses enfants ; 3- le test, s'il est demandé par l'immigrant, se fera dans le cadre d'une procédure encadrée par un juge.
Que l'Etat donne la possibilité à une mère de famille de prouver que les enfants qu'elle a à ses côtés sont bien les siens, faute de pouvoir le prouver autrement (dans les cas des pays n'ayant pas d'état civil), on peut le comprendre. Mais que ce test devienne une norme dans la politique d'immigration, non ! Car la parenté, et l'amour d'un homme ou d'une femme à son enfant, n'est pas qu'une question de biologie mais aussi d'humanité: il n'est pas besoin d'être le père
biologique d'un enfant pour être son vrai père... et cela est aussi vrai pour nombre de familles françaises !! C'est sur la base de ce constat, partagé par les associations et les hommes politiques de gauche, qu'une pétition a été lancée, recueillant en vingt-quatre heures près de 35 000 signatures, dont 12 000 depuis hier soir 20h30, heure à laquelle j'ajoutais mon nom à cette liste de signataires. Et si vous voulez faire de même, cliquez ICI pour aller sur le site, joliment intitulé "Touche pas à mon ADN" (logo ci-contre).
La politique sarkozyenne d'immigration, portée par Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'identité nationale et du co-développement, montre donc certaines de ses limites. A droite, seule l'immigration de travail est acceptable: elle fournit de la main d'oeuvre à ces secteurs qui recrutent sans trouver preneurs, faute de salaires et/ou de conditions de travail convenables. Tous les autres migrants sont considérés comme une menace à l'identité nationale qui, si elle s'enrichit des apports extérieurs de quelques individus, ne peut pas faire de la place à tout le monde. Que la France, et l'Europe, ne puissent accueillir toute la misère du monde, on est d'accord: il ne sera jamais question de mettre en place une politique d'immigration zéro, faute de quoi les naufrages d'embarcations de fortune au large de Lampedusa ou des Canaries vont se multiplier, causant la mort de milliers de cladestins. Il ne sera non plus jamais question de laisser grandes ouvertes nos frontières, promettant aux étrangers une carte de séjour: on a vue ce que les régularisations massives avaient pu donner en Espagne et en Italie !
Je reste donc persuadé qu'il faut que l'Europe se saisisse de ce dossier car aucune politique d'immigration ne sera réellement efficace si un seul des Etats membres se lance dans la bataille: avec l'espace Schengen, et les frontières ouvertes, c'est à l'UE que se pose le plus gros problème ! Pour qu'elle soit juste et efficace, une politique d'immigration européenne doit, à mon sens, répondre à trois impératifs: 1- harmoniser, au niveau européen, les conditions d'accès à la nationalité d'un des Etats membres, puisque sa détention permet d'obtenir la citoyenneté européenne ; 2- développer une puissante politique de co-développement, ambitieuse par les moyens financiers déployés, et cohérente par ses objectifs (aider les populations affamées et démunies avant de soutenir les économies qui enrichissent des dirigeants corrompus et "indéboulonnables") ;
3- en créant une procédure d'accueil des immigrés, qui permettent de prendre en charge les candidats à l'immigration depuis leur pays d'origine et pour faciliter leur intégrationd dans le pays d'acceuil. Les candidats à l'immigration déposeraient, dans l'ambassade ou le consulat de France dans leur pays, une demande qui serait alors évaluer selon des critères, tels que ceux employés en Grande-Bretagne (connaissance de la langue, de l'histoire et de l'identité française)... sans que ces tests ne soient trop difficiles. Quand 0% des Britanniques sont capables de répondre à plus des deux tiers (c'est le seuil à atteindre pour valider le test) des réponses d'un questionnaire (comme l'a montré une enquête menée par une association), il est clair qu'il y a problème... Une fois le dossier validé, la France s'engage à trouver un logement et une formation professionnelle à ces migrants afin qu'ils viennent, tout de même, travailler dans notre pays. Cette politique d'immigration, juste et maîtrisée, ne serait-elle pas une (première) piste de réflexion? C'est la question que je vous pose et à laquelle je vous invite à réagir !