Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
21 Août 2007
Hier, c'était donc la rentrée: outre celle du gouvernement (pas moins de trois réunions interministérielles à l'Elysée, dont une pour répondre au drame de l'enlèvement du petit Enis), quelques milliers d'écoliers, de la maternelle ou du primaire, ont repris le chemin des salles de classe... pour ces enfants, le travail est réparti sur un plus grand nombre de semaines (soit moins de vacances !) mais aussi à travers la semaine de quatre jours (qui permet de libérer plusieurs après-midi, consacrés à des activités sportives et/ou culturelles). Ce nouveau rythme scolaire, sans doute plus adapté aux enfants de moins de douze ans, permet de mieux répartir le travail... retrouvez tous les arguments pour la généralisation de la semaine de quatre jours en relisant l'un de mes articles (en particulier, le second paragraphe), que vous pouvez consulter en cliquant ICI.
En attendant la rentrée officielle des autres élèves, dans deux semaines jour pour jour, les familles les plus défavorisées ont reçu, selon conditions de ressources et également hier, l'allocation de rentrée scolaire, dont le montant s'élève à 272,57€. Ce dispositif est-il efficace? Même si le principe en lui-même est forcément intéressant, ses modalités ne sont pas optimales: il n'est en effet pas très logique d'accorder la même somme à toutes les familles, quel que soient leurs revenus (tant que ceux-ci n'excèdent pas le plafond) et quel que soit le niveau d'études du (ou des) enfant(s) concerné(s). Là encore, ne serait-il pas préférable de créer une allocation dont le montant serait progressif, les revenus du foyer familial et le niveau d'étude de l'enfant servant alors de critères pour en déterminer le montant? Ainsi, l'aide accordée au lycéen d'une famille dans le besoin serait plus importante que l'aide accordée au collégien d'une famille moins modeste. Enfin, cette aide (précieuse) pour la rentrée scolaire ne pourrait-elle pas être étendue aux étudiants, encore à la charge de leurs parents et issus de familles modestes, alors que la première mensualité des bourses d'enseignement supérieur est versée, au mieux, mi-octobre, soit plus d'un mois après le début des cours?
Autant de questions auxquelles je vous demande de répondre... même si le thème principal de ce nouvel article concerne la carte scolaire. C'était en effet l'un des sujets de la campagne électorale, les deux candidats présents au second tour ayant exprimé deux visions opposées sur ce sujet. A l'approche de la rentrée des classes, c'est donc aussi l'un des thèmes qui devrait faire grand bruit, bien qu'à côté des suppressions de postes dans l'Education nationale, il ne pèse pas grand chose... Syndicats, parents d'élèves et hommes politiques de tous bords sont d'accord pour dire qu'une réforme de la carte scolaire (suppression ou assouplissement) est désormais nécessaire. Créée pour permettre une certaine mixité sociale, et ne pas reproduire dans les établissements scolaires la ségrégation qui existent dans le paysage urbain (notamment des grandes villes), ce dispositif a tout de même des inconvénients. Dès lors, il faut discuter de son aménagement, la suppression de la carte scolaire ne me semblant pas être la meilleure solution: la totale liberté pour toutes les familles de choisir un établissement mieux réputé, et souvent plus éloigné, ne bénéficiant qu'à ceux qui peuvent prendre en charge le coût du trajet... la situation étant la même que pour l'enseignement privé, qui n'est accessible qu'à ceux qui en ont les moyens !
De fait, la politique d'assouplissement de la carte scolaire a déjà commencé, dans la mesure où les dérogations accordées par le ministère ont été plus nombreuses cette année, comme le révélaient les chiffres parus au début de l'été. Le site du ministère de l'Education nationale, considérant que la carte scolaire n'est plus adaptée aux besoins de la société, donne quelques éléments de réflexion, que je retranscris ici, et qui permettront de lancer le débat.
1- Encourager la diversité sociale et géographique : l’objectif de cette évolution de la carte scolaire est de renverser la fatalité qui pèse sur les établissements scolaires les plus décriés, de manière à leur redonner leur attractivité. Ainsi, les établissements qui perdront des élèves ne perdront pas leurs moyens. Au contraire, ces moyens seront mobilisés pour conduire des projets personnalisés auprès des élèves en difficulté. 2- Une liberté nouvelle pour les familles : Xavier Darcos souhaite accorder une liberté nouvelle aux familles à la rentrée 2007 pour le choix de l’établissement dans lequel leur enfant sera scolarisé. Les demandes de dérogations pour l’inscription dans un établissement situé hors secteur seront examinées selon les critères prioritaires suivants (les élèves souffrant d’un handicap ; les élèves bénéficiaires d’une bourse au mérite ; les élèves boursiers sur critères sociaux ; les élèves nécessitant une prise en charge médicale importante à proximité de l’établissement demandé ; les élèves qui doivent suivre un parcours scolaire particulier ; les élèves dont un frère ou une sœur est scolarisé(e) dans l’établissement souhaité ; les élèves dont le domicile est situé en limite de secteur et proche de l’établissement souhaité).