Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
13 Août 2007
Même si l'enquête en cours doit déterminer qu'il s'agit bien là de la cause de son passage à l'acte (les proches de la victime évoquant des tensions familiales), rappelons que ce cultivateur avait caché à ses proches l'existence d'une parcelle OGM dans son exploitation: le fait même qu'un agriculteur doive cacher l'existence de ces parcelles pose la question du manque d'encadrement de ces pratiques. Si une vraie règlementation existait et si la culture d'OGM était véritablement encadrée, on en arriverait pas à de tels affrontements. Mais, que veulent précisément ces deux "camps"? et à quel niveau préconisent-ils d'agir? Voici quelques éléments de réponse puisés sur les sites Internet de la Confédération paysanne, d'une part (en vert) et de la Fédération Nationale des Syndiacts d'Exploitants Agricoles, d'autre part (en violet).
L’opacité de l’information sur les localisations [de semis de maïs transgéniques], associée à l’absence de règles de responsabilité et de réparation des préjudices, sont des éléments qui alimentent les tensions que vit actuellement le monde paysan. La Confédération paysanne dénonce la pression exercée par les semenciers sur les paysans en les incitant à utiliser des solutions de court terme, sans autre objectif que leur profit immédiat par la pollution génétique généralisée. Par ailleurs, une minorité d’agriculteurs ayant semé moins de 1 % des surfaces de maïs n’est pas légitime à imposer son choix technologique aux 62 % de paysans et d’apiculteurs et aux 86 % de citoyens qui veulent un moratoire. L’inquiétude s’amplifie quand on constate sur le terrain la présence de parcelles de multiplication de semences OGM et de parcelles « clandestines » qui montrent bien la volonté de pollution génétique généralisée et l’approximation de l’Etat dans la gestion de ce dossier. Pour la Confédération paysanne, le droit à produire sans OGM est une liberté fondamentale et un droit pour lequel elle se bat depuis plus de dix ans. Elle réaffirme que le moratoire immédiat sur les cultures ou les récoltes est la décision politique forte nécessaire à l’apaisement.
Si nous laissons la recherche sur les OGM aux mains de pays tels que les Etats-Unis, nous allons irrémédiablement accroître notre dépendance vis-à-vis d'eux. La FNSEA et les JA [Jeunes Agriculteurs] sont favorables à la recherche sur les OGM et s'insurgent contre les arrachages sauvages handicapant cette même recherche. Détruire la recherche c'est cultiver notre dépendance. C'est au Gouvernement de prendre ses responsabilités pour fixer les limites qui sont nécessaires. La FNSEA et les JA sont persuadés que des filières OGM, non-OGM et bio peuvent coexister sur le terrain. Avec les règles de traçabilité et d'étiquetage, le consommateur devra pouvoir choisir au final en connaissance de cause (...) Cet agriculteur a respecté toutes les réglementations. Il a œuvré dans le cadre légal de la production de cultures OGM. Alors, jusqu'à quand, quel autre drame doit-on encore attendre pour que la situation soit définitivement clarifiée et que justice et forces de l'ordre fassent le travail que l'on est en droit d'attendre d'eux. Dans cet esprit, la FNSEA et JA demandent que le gouvernement prenne ses responsabilités sur ce dossier des OGM et fasse respecter la légalité.
Moratoire pour interdire tous les OGM à l'échelle mondiale d'un côté et respect de la législation existante à l'échelle nationale de l'autre. Une troisième voie, composée d'une nouvelle règlementation à l'échelle européenne, dans le cadre d'une réforme plus large de la PAC, ne serait-elle pas envisageable? Laissez vos réponses et analyses, en postant un commentaire.