Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
6 Juillet 2007
Les plus fidèles lecteurs de ce blog risquent d'en avoir marre: mais, à l'approche de la fête nationale du 14 juillet, et avec le changement de locataire à l'Elysée, cette question de la grâce présidentielle collective pour les détenus se pose. Comme dans le cas de l'amnistie des PV, après l'élection présidentielle, qui n'a pas eu lieu cette année, il s'agit d'une mesure symbolique, un peu ringarde mais qui pose, en filigrane, d'autres problèmes. Dans le cas des PV, il s'agit bien sûr d'éviter une augmentation brutale des infractions à l'approche du scrutin, les automobilistes jouant la carte de l'amnistie. Pour ce qui est de la grâce présidentielle, deux logiques s'affrontent: la première se veut implacable, considérant cette grâce comme une intrusion de l'exécutif dans le domaine judiciaire, et considérant qu'une peine doit être strictement exécutée (ce qui rejoint le débat sur la perpétuité, que les Français veulent voir exécuter pleinement) ; la seconde se veut plus libérale, jugeant que la libération des personnes condamnées pour des faits mineurs n'est pas scandaleuse, surtout si elle permet de désengorger des prisons en surpopulation.
Les plus fidèles lecteurs de ce blog connaissent ma position: je suis contre l'amnistie des PV, pour la raison pré-citée, même si j'ai bien conscience que les infractions concernées sont mineures (mais la diminution du nombre de tués sur les routes est une priorité absolue !). Je suis également opposé à cette grâce présidentielle, laissant à la justice le soin de juger et condamner ceux qui enfreignent la loi: pour que celle-ci soit respectée, il est fondamental que ces décisions soient appliquées dans leur totalité. On sait l'émoi que suscitent les cas de récidive ou de libération anticipée de personnes condamnées à la perprétuité: dans la même logique, même pour les plus petites peines, il faut laisser à la justice le soin de juger de la pertinence d'une réduction de peine, sans que le président n'est a intervenir. Pour ce qui est du surpeuplement de nos prisons, qui risque de s'aggraver après l'adoption, cette nuit par le Sénat, de la première loi de l'ère Sarkozy, sur la récidive, il existe une (si ce n'est la) solution: la construction de nouvelles prisons... et, surtout, avec de nouvelles normes en matière de respect de la personne et de la dignité humaine.
Enfin, le 14 Juillet est aussi l'occasion de donner à n'importe qui la Légion d'honneur: on ne sait pas encore si le président Sarkozy aura la main aussi légère que le président Chirac en la matière... il faut espérer que non ! S'il rejette la grâce présidentielle, comme cela semble être le cas, après son refus d'une amnistie des PV, et s'il réduit les distirbutions de médailles, alors il y aura une vraie rupture, que l'on ne peut que saluer. La légion d'honneur, faut-il le rappeler, est une haute distinction qui vise à récompenser ceux qui ont "rendu un service à la nation": par définition, cette condition ne peut être remplie par n'importe qui. Il serait donc tout à fait normal de ne la décerner qu'à de très rares personnes, qui seraient alors vraiment mises en valeur, plutôt que de la distribuer à tour de bras, aux chanteurs, acteurs, journalistes proches du pouvoir !! Est-ce récompenser le travail et le mérite que de poursuivre cette mauvaise pratique?... Pour plus d'informations sur cette décoration, visitez la page "Légion d'honneur" de Wikipédia, et le site officiel de la Légion d'honneur, en cliquant ICI.