Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
3 Juillet 2007
Ca y est, les vacances ont officiellement commencé... bien qu'elles aient débuté officieusement vendredi soir. Et avec la fin d'année, une fois les conseils d'école et conseils de classe passés, les rendez-vous sont de plus en plus nombreux: une chorale, un groupe instrumental, une association théâtrale, une association sportive organisent leurs soirées de fin d'année. J'ai ainsi pu assisté, il y a une dizaine de jours, à un concert donné, dans une église, conjointement par les élèves d'un collège et les chanteurs d'une chorale locale, sous la direction d'une professeur d'éducation musicale, pour récompenser une année de dur travail, fait de répétitions hebdomadaires. Et il n'y a rien de plus agréable à écouter que ce type de manifestation pour laquelle les élèves sont clairement motivés: qu'il s'agisse d'un concert, d'une pièce de théâtre, d'un tournoi, on est toujours surpris de voir avec quelle passion ces jeunes réalisent leur spectacle qui ne peut être un succès que si cette même passion est au rendez-vous.
D'où cette proposition, que je faisais il y a quelques mois à propos d'une réforme plus globale de l'éducation nationale (que vous pouvez retrouver en cliquant ICI), de faire de certaines des matières actuellement obligatoires pendant les quatre ans du collège des options. La musique et les arts plastiques deviendraient, aux côtés des ateliers théâtre, une discipline d'option, les élèves devant choisir obligatoirement au moins une de ces options. L'objectif étant de permettre aux élèves de s'épanouir grâce à des séances "débarassées" de ceux qu'elles n'intéressent pas, et aux enseignants de pratiquer leur discipline, qui est aussi leur passion, dans de meilleures conditions, avec des élèves moins nombreux et plus motivés.
Le métier d'enseignant est loin d'être toujours aussi facile qu'on le pense trop souvent... et pourtant les étudiants sont nombreux à tenter leur chance pour les concours de l'enseignement. L'Etat étant l'employeur, ces concours sont des concours de recrutement: comme pour le bac, tout se joue sur une
épreuve par matière. Ni les résultats des années de fac (en licence), ni les résultats des concours blancs ne sont pris en compte pour embaucher les futurs enseignants: ainsi, des étudiants assidus, qui ont tout réussi pendant leur cursus, et qui chutent sur un sujet pour lequel ils étaient moins à l'aise, ne deviendront pas professeur. A l'inverse, d'autres, moins assidus (par exemple, qui ne viennent aux concours blancs que pour signer les feuilles d'émargement et s'en aller dès la première heure) et plus chanceux le jour du concours, pourront devenir enseignants. Récompenser le travail et le mérite ne passerait-il pas par une réforme de ces concours pour que la part de hasard, qui les caractérise, prenne moins de place?
Pour illustrer cette idée, je vais citer deux exemples vécus (qui ne me concernent pas personnellement, mais des proches ou des amis). 1- imaginez deux élèves en difficulté: le premier n'a jamais redoublé au lycée mais a atteint la terminale S sans avoir le niveau nécessaire (autrement dit, il n'aurait pas été inutile de refaire une année en Première) et le second qui a redoublé sa Terminale après un premier échec au Bac. Le premier ne travaille pas spécialement, participe peu et cumule les mauvaises notes... sauf au Bac où, grâce à un bon sujet de maths, récolte un 15, coefficient 9, qui lui fait passer la barre des 10 de moyenne globale. Le second multiplie les notes moyennes pendant l'année, réalise un maximum d'entraînements et échoue à son épreuve de maths au Bac, sanctionné par un 8 qui ne lui permet pas d'atteindre le seuil des 10 sur 20: pour sa deuxième tentative, il doit encore essayer au rattrapage. Le système actuel est-il juste? (je ne fais que poser la question, sans y apporter une réponse précise). 2- imaginez un étudiant, qui a échoué une première fois au CAPES d'histoire, sérieux et motivé, assidu et travailleur, et qui le repasse une seconde fois. Aux épreuves écrites, il obtient un très joli 16 en histoire (il faut 7 pour aller aux épreuves orales) et un décevant 4 en géographie (il faut 6 pour aller aux épreuves orales). A cause d'un sujet sur lequel il a échoué, il devra donc revenir l'année prochaine... est-ce juste?
Une fois le concours passé, et pour que les jeunes enseignants soient motivés, il est nécessaire de leur garantir de bonnes conditions de travail, notamment par le biais d'effectifs suffisants pour réduire ou maintenir à un niveau déjà très élevé le nombre d'élèves par classe. Or, le nombre de postes menacés de suppression (environ 10 000 en 2008, d'après le ministre, Xavier Darcos) est beaucoup trop élevé: ce n'est pas un hasard si le premier syndicat de professeurs du secondaire, le SNES-FSU, parle d'une "saignée, qui privilégie l'approche budgétaire à court terme, aux dépens de l'avenir". Si le non-remplacement des retraités est aussi massif que le gouvernement le prévoit, il est prévisible que le service rendu devrait se dégrader: l'école a besoin de réorienter ses moyens d'action. Non en ajoutant toujours plus d'argent, mais en le répartissant différemment, afin de privilégier la réussite de tous: les débats en cours sur la carte scolaire, sur les aides aux devoirs au-delà de 16h, sur les moyens mis à disposition des ZEP... permettent de réfléchir à cette répartition. Toutefois, si le gouvernement poursuit dans la même direction, il ne faudra pas s'étonner de voir les enseignants, stagiaires et vacataires défiler dans les rues.