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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Pour des enseignants motivés

Ca y est, les vacances ont officiellement commencé... bien qu'elles aient débuté officieusement vendredi soir. Et avec la fin d'année, une fois les conseils d'école et conseils de classe passés, les rendez-vous sont de plus en plus nombreux: une chorale, un groupe instrumental, une association théâtrale, une association sportive organisent leurs soirées de fin d'année. J'ai ainsi pu assisté, il y a une dizaine de jours, à un concert donné, dans une église, conjointement par les élèves d'un collège et les chanteurs d'une chorale locale, sous la direction d'une professeur d'éducation musicale, pour récompenser une année de dur travail, fait de répétitions hebdomadaires. Et il n'y a rien de plus agréable à écouter que ce type de manifestation pour laquelle les élèves sont clairement motivés: qu'il s'agisse d'un concert, d'une pièce de théâtre, d'un tournoi, on est toujours surpris de voir avec quelle passion ces jeunes réalisent leur spectacle qui ne peut être un succès que si cette même passion est au rendez-vous.

D'où cette proposition, que je faisais il y a quelques mois à propos d'une réforme plus globale de l'éducation nationale (que vous pouvez retrouver en cliquant ICI), de faire de certaines des matières actuellement obligatoires pendant les quatre ans du collège des options. La musique et les arts plastiques deviendraient, aux côtés des ateliers théâtre, une discipline d'option, les élèves devant choisir obligatoirement au moins une de ces options. L'objectif étant de permettre aux élèves de s'épanouir grâce à des séances "débarassées" de ceux qu'elles n'intéressent pas, et aux enseignants de pratiquer leur discipline, qui est aussi leur passion, dans de meilleures conditions, avec des élèves moins nombreux et plus motivés.

Le métier d'enseignant est loin d'être toujours aussi facile qu'on le pense trop souvent... et pourtant les étudiants sont nombreux à tenter leur chance pour les concours de l'enseignement. L'Etat étant l'employeur, ces concours sont des concours de recrutement: comme pour le bac, tout se joue sur une épreuve par matière. Ni les résultats des années de fac (en licence), ni les résultats des concours blancs ne sont pris en compte pour embaucher les futurs enseignants: ainsi, des étudiants assidus, qui ont tout réussi pendant leur cursus, et qui chutent sur un sujet pour lequel ils étaient moins à l'aise, ne deviendront pas professeur. A l'inverse, d'autres, moins assidus (par exemple, qui ne viennent aux concours blancs que pour signer les feuilles d'émargement et s'en aller dès la première heure) et plus chanceux le jour du concours, pourront devenir enseignants. Récompenser le travail et le mérite ne passerait-il pas par une réforme de ces concours pour que la part de hasard, qui les caractérise, prenne moins de place?

Pour illustrer cette idée, je vais citer deux exemples vécus (qui ne me concernent pas personnellement, mais des proches ou des amis). 1- imaginez deux élèves en difficulté: le premier n'a jamais redoublé au lycée mais a atteint la terminale S sans avoir le niveau nécessaire (autrement dit, il n'aurait pas été inutile de refaire une année en Première) et le second qui a redoublé sa Terminale après un premier échec au Bac. Le premier ne travaille pas spécialement, participe peu et cumule les mauvaises notes... sauf au Bac où, grâce à un bon sujet de maths, récolte un 15, coefficient 9, qui lui fait passer la barre des 10 de moyenne globale. Le second multiplie les notes moyennes pendant l'année, réalise un maximum d'entraînements et échoue à son épreuve de maths au Bac, sanctionné par un 8 qui ne lui permet pas d'atteindre le seuil des 10 sur 20: pour sa deuxième tentative, il doit encore essayer au rattrapage. Le système actuel est-il juste? (je ne fais que poser la question, sans y apporter une réponse précise). 2- imaginez un étudiant, qui a échoué une première fois au CAPES d'histoire, sérieux et motivé, assidu et travailleur, et qui le repasse une seconde fois. Aux épreuves écrites, il obtient un très joli 16 en histoire (il faut 7 pour aller aux épreuves orales) et un décevant 4 en géographie (il faut 6 pour aller aux épreuves orales). A cause d'un sujet sur lequel il a échoué, il devra donc revenir l'année prochaine... est-ce juste?

Une fois le concours passé, et pour que les jeunes enseignants soient motivés, il est nécessaire de leur garantir de bonnes conditions de travail, notamment par le biais d'effectifs suffisants pour réduire ou maintenir à un niveau déjà très élevé le nombre d'élèves par classe. Or, le nombre de postes menacés de suppression (environ 10 000 en 2008, d'après le ministre, Xavier Darcos) est beaucoup trop élevé: ce n'est pas un hasard si le premier syndicat de professeurs du secondaire, le SNES-FSU, parle d'une "saignée, qui privilégie l'approche budgétaire à court terme, aux dépens de l'avenir". Si le non-remplacement des retraités est aussi massif que le gouvernement le prévoit, il est prévisible que le service rendu devrait se dégrader: l'école a besoin de réorienter ses moyens d'action. Non en ajoutant toujours plus d'argent, mais en le répartissant différemment, afin de privilégier la réussite de tous: les débats en cours sur la carte scolaire, sur les aides aux devoirs au-delà de 16h, sur les moyens mis à disposition des ZEP... permettent de réfléchir à cette répartition. Toutefois, si le gouvernement poursuit dans la même direction, il ne faudra pas s'étonner de voir les enseignants, stagiaires et vacataires défiler dans les rues.

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H
En ce qui concerne les inspecteurs, je suis un peu plus dubitatif que vous. Certes, ils ont été bien notés. Certes, ils ont - normalement - un très bon niveau dans leur matière. Mais quelqu'un qui n'a pas eu une classe en face de lui depuis 10 ans est-il encore apte à juger des méthodes pédagogiques ?<br /> <br /> En ce qui concerne la formation continue, je ne peux qu'approuver. Mais, plus qu'une revue trimestrielle, l'obligation de d'assister à certaines conférences, l'obligation de passer une partie des 2 mois de vacances à se former, à parfaire ses connaissances me parait intéressant. Quant à savoir si les professeurs accepteront qu'une formation - encore faut-il que celle-ci soit bien pensée - empiète sur leurs vacances d'été...<br /> Notez bien que je ne suis pas favorable à ce que des professeurs (de secondaires) soient obligés de publier. En effet, bien souvent en faculté cela se fait au détriment des élèves...<br /> En ce qui concerne la durée de 3 ans, il 'agit bien sûr d'un minimum utopique. Je doute qu'il y'ait des résultats tangibles avant 10-15 ans, ce qui risque de commencer à faire tard. MAis peut être st-ce là mon côté d'incroyable optimiste qui ressort ;)<br /> <br /> <br /> Hesnoone
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A
Je crois, mais je peux me tromper, que ces inspecteurs fréquentent assez souvent les IUFM. Ou tout au moins leurs collègues formateurs des IUFM. Par ailleurs, ils peuvent prendre part aux oraux du CAPES... mais, d'une façon générale, il n'y a pas une méthode pédagogique meilleure qu'une autre et elles n'évoluent qu'en fonction du public que l'on a face à soi. C'est aussi aux professeurs de justifier auprès des inspecteurs leurs choix pédagogiques.<br /> J'avoue que, sur ce point, je ne suis pas encore très au point: je connaît un inspecteur, ancien professeur de maths, qui est, de ce point de vue, très au courant de ce qui se passe dans les IUFM, dans les lycées qu'il fréquente. Peut-être est-ce l'exception qui confirme la règle, je vous l'accorde...<br /> Pour ce qui est de la formation continue, elle existe mais elle est sans doute incomplète: la revue permet de renouveller ses connaissances grâce aux dernières recherches, les conférences dont vous parlez n'existent pas sous cette forme mais il existe des stages, réalisés pendant les périodes de cours (!?), qui permettent aux enseignants présents, aux côtés d'un inspecteur de l'éducation nationale, de confronter leurs méthodes de travail. Les enseignants sont globalement demandeurs d'une amélioration de ce système. Quant à savoir si cela doit se faire pendant les grandes vacances...
H
Lutter contre les inégalités entre lycées, nous sommes tous d'accord, à la condition expresse que l'on ne diminue pas artificiellement le niveau des bons lycées. Ceci peut paraitre une évidence pour le commun des mortels, mais je sais d'expérience que ce n'est pas le cas pour l'Education Nationale !<br /> <br /> Quant au contrôle continu, je vais essayer de me faire l'avocat du diable. <br /> <br /> Tout d'abord, la "disparition" de la "différence" - bien réelle ! - entre les lycées devrait être un préalable à toute réforme. <br /> Or, les lycées, dans le cas idéal, ne pourront avoir des résultats comparables avant plusieurs années, 3 au minimum (une "génération" de lycéens) Mais nous ne sommes plus à un an près maintenant, certes.<br /> <br /> Deuxième point "litigieux", la façon de noter des professeurs. <br /> Un exemple personnel : en histoire j'ai toujours fait les sujets de dissertations, n'aimant pas les études de documents. En première, ma moyenne tournait autour de 16. En Terminale, elle est passée à 8. Mais j'ai eu 16 au bac. <br /> Pourquoi ? Parce que mon professeur était de l'ancienne génération et notait comme il aurait noté un bac+2. Cela signifie-t-il que je n'ai pas acquis les connaissances nécessaires ? Non. Cela signifie-t-il que ce professeur n'était pas un bon professeur ? Non (il était même très bon). <br /> Mais, cela signifie que, s'il y avait eu un contrôle continu, j'aurais eu beaucoup moins de points au baccalauréat. <br /> Donc, en admettant que l'on puisse "égaliser" les lyées en un temps raisonnable, quid des différence entre les professeurs ? D'ailleurs, cette différence ne rend-elle pas impossible l'uniformisation du niveau des lycées ?<br /> <br /> Pour conclure sur cette "uniformisation", j'ai eu l'occasion d'entendre l'Intendant de mon lycée s'inquiéter : ce lycée est relativement côté, mais plusieurs éminents professeurs vont partir à la retraite. Nul ne sait comment seront leurs remplacants, on sait juste que ceux ci étaient excellent. Et un lycée ne devient pas renommé par lui même, mais à cause des - grâce aux ! - professeurs qu'il abrite, l'argent est "secondaire"...<br /> <br /> <br /> Hesnoone
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A
J'ai une des solutions possibles, même si je pense que sa mise en place serait à la fois complexe, coûteuse et contestée: la mise en place d'une vraie formation continue pour les enseignants, afin que ces écarts générationnels se réduisent. Aujourd'hui, pour prendre l'exemple des professeurs d'histoire, ceux-ci disposent d'une revue trimestrielle qui fait, en plus de 500 pages, le point sur les grands débats propres à la discipline, de façon à ce que les étudiants puissent en prendre connaissance, tout comme les enseignants déjà "âgés".<br /> Vous n'êtes pas sans savoir que les enseignants ne reçoivent la visite d'un inspecteur de l'éducation nationale qu'une fois tous les trois à quatre ans, en moyenne. Personnellement, je n'ai jamais vu un de mes professeurs être ainsi inspecté. Or, les inspecteurs, contrairement à une idée reçue, ne sont pas là pour dénoncer les travers d'un enseignant mais pour discuter avec lui de ses méthodes pédagogiques, afin de la critiquer, de les louer et de les corriger. Les inspecteurs de l'EN étant d'anciens professeurs, expérimentés et bien notés, ils se fixent d'abord comme objectif d'aider leurs collègues !!<br /> Alors que l'on parle beaucoup de formation tout au long de la vie, pour permettre aux chômeurs de se réorienter vers d'autres secteurs, il n'est pas inutile de parler d'une telle formation pour les tous les employés, même xeuc qui sont assurés de garder leur poste... pour qu'ils évoluent en même temps que leur époque !!<br /> Je ne sais pas si cette idée vous séduit, ni si elle est la meilleure... ce n'est qu'une piste qui a le mérite de répondre à certaines de vos préoccupations.<br /> Pour ce qui est, enfin, de la période de transition qui nous sépare d'une réduction des écarts de niveau entre les établissements, la durée de trois ans me paraît bien optimiste: il est clair qu'il faudra du temps pour y parvenir. Notamment le temps d'en prendre la décision politique !
H
Je vais juste relever un point : je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que tout jouer sur une épreuve est un peu dur, le facteur chance devenant non négligeable. Je suis personnellement favorable au contrôle continu. <br /> <br /> Mais, deux problèmes, m'apparaissent :<br /> <br /> 1- le problème de la triche, notamment avec le développement d'Internet et de "l'industrie parascolaire" (qui a pu naitre parce que l'école ne jouait plus complètement son rôle). Au Royaume Uni, où le contrôle continu est très présent, certains parlent de le supprimer devant les trop nombreux cas de triche avérés (la seule référence que j'ai réussi à retrouver est http://www.timesonline.co.uk/tol/newspapers/sunday_times/scotland/article597194.ece)<br /> <br /> 2- Le deuxième point est plus "anecdotique", mais j'aimerais connaitre votre opinion dessus : il me semble que l'on avait déjà parlé de faire un contrôle continu pour le bac. Levée de bouclier chez les syndicats car risque de création d'un "bac à deux vitesses". Quid de cet argument ?<br /> <br /> <br /> Hesnoone
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A
Le contrôle continu au bac? J'avoue, qu'a priori, j'y suis plutôt favorable... alors que mon propre résultat au bac (15,8) a été meilleur que mes résultats de l'ensemble de la terminale (14,2). Les arguments "pour" sont bien connus: je les ai développé dans l'article. Le principal argument "contre", mis en lumière par les syndicats d'enseignants, n'en est pas moins recevable: en parlant de "bac à deux vitesses", ils veulent parler du risque de voir "l'image du lycée déteindre sur la valeur du diplôme". <br /> Par conséquent, si j'étais ministre de l'éducation, à l'issue d'une discussion pesant le pour et le contre, je prendrais cette décision, en deux points: 1- lutter prioritairement contre les écarts de niveau entre les établissements: le fait qu'il existe de mauvais lycées et de très bons lycées n'est pas acceptable. 2- introduire une dose de contrôle continu, suffisamment importante pour valoriser les parcours des élèves, mais pas trop importante pour dévaloriser l'épreuve finale, qui conserve son importance (par son caractère national). <br /> Pour le brevet, le contrôle continu compte pour 220 points sur 340 (soit 65% de la note). Pour ce qui est du bac, je pense que 50/50 serait un objectif raisonnable: qu'en pensez-vous? Je vous donne, enfin, une référence qui fait le point sur ce sujet (il s'agit d'un article de L'Express de mars 2005): http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/educationnation/dossier.asp?ida=432097