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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Que vont faire les socialistes?

Ce samedi était jour de tension au PS, qui tenait son conseil national, chargé de tirer le bilan de la présidentielle et de préparer les législatives: à cette occasion, les divisions internes (qui ne sont un secret pour personne !) sont clairement apparues, chacun se présentant comme le "sauveur", se disant "disponible" pour mener la gauche aux prochaines échéances. Les "éléphants", qui n'ont aidé Ségolène Royal que tradivement (et avec peu d'entrain), veulent récupérer le parti, pour en faire l'outil de leur propre carrière: les Strauss-Kahn et Fabius, battus lors des primaires, espéraient (même s'il faudrait dire pariaient) sur cette défaite pour se débarasser de leur rivale. Car, pour eux, la désignation de la présidente de Poitou-Charente a été un affront, chacun étant convaincu d'être l'homme de la situation en 2007: à défaut, ils veulent maintenant s'imposer comme le recours pour 2012.

Dans cette logique, les législatives sont déjà perdues... d'ailleurs nombre d'élus socialistes ont déclaré aux médias que le système de la cohabitation est le pire, et qu'il ne faut pas le souhaiter. On ne saurait être plus clair ! Mais, les projets des deux éléphants pré-cités sont entravés par  deux membres éminents du parti. 1- François Hollande, en bon premier secrétaire, veut mener les législatives et se poser en arbitre, comme il l'a fait depuis cinq ans, privilégiant le compromis aux divisions: on a vu le résultat... et on ne peut que s'interroger sur son avenir à la tête du PS. 2- Ségolène Royal, bien que battue, avait déjà tenue un discours de rassemblement le soir de sa défaite, faisant comprendre aux militants enthousistes qu'elle n'avait perdue qu'une bataille mais pas la guerre, qu'elle entend continuer à mener. Après avoir démentie une candidature aux législatives dans les Deux-Sèvres (elle veut s'appliquer à elle-même le non-cumul des mandats, qui étaient l'une des mesures phare de son projet de réforme instiutionnelle), certains la voient succèder à son compagnon àla tête du parti pour achever elle-même une rénovation qu'elle a entamée grâce à cette présidentielle.

Elle s'est donc clairement posée en leader, lors du conseil national, tirant la première les conclusions de son échec: les éléphants se contentant d'appeler à une rénovation sans avancer la moindre proposition. Ségolène Royal vient de le faire: 1- elle juge, à raison, que les trahisons et attaques de la part de son propre camp n'ont fait que la pénaliser, en décrédibilisant son autorité. En affirmant se demander chaque matin, à la lecture des journaux, lequel des socialistes allait la critiquer, elle jette un pavé dans la mare... et renvoie chacun à ses responsabilités, car l'échec du 6 mai n'est pas que celui de la candidate ! 2- elle demande à ce que le candidat socialiste pour la présidentielle de 2012 soit désigné rapidement, dès après les législatives. En avançant cette idée, elle souligne un vrai problème: le candidat de l'UMP a construit sa candidature pendant cinq ans, éliminant ses adversaires à l'intérieur de son camp, afin de fédérer toutes les forces de la droite autour de lui. Elle y voit la clé de la victoire de Sarkozy et souhaite que le PS se désigne (enfin) un vrai leader. En effet, avant 2002, le candidat du parti était le premier secrétaire: ce poste doit retrouver la force qu'il a perdu avec Hollande !

Enfin, à propos des législatives, pour lesquelles le Ps va tout de même mener campagne, il s'agit de limiter la casse en constituant une large opposition de gauche, rassemblant tous les partenaires traditionnels du PS (l'ouverture au centre ne semblant plus être d'actualité !): 14 circonscriptions ont ainsi été proposées aux Verts, contre un accord de désistement. PRG et MRC ont déjà signé un accord, en même temps qu'ils apportaient leur soutien à Mme Royal pour la présidentielle. Seule ombre au tableau: non pas de savoir l'attitude de l'extrême gauche ou du Mouvement Démocrate, mais tenter d'éliminer des doublons dans certaines circonscriptions, où deux candidatures socialistes pourraient se concourrencer au premier tour. Au-delà du traditionnel afrontement entre le parachuté investi et l'homme politique local, ancré et soutenu par les instances départementales, il y a aussi le cas de députés sortants qui n'ont pas été choisi.

Exemple concret qui concerne la première circonscription de l'Aisne (celle de la préfecture, Laon): le député sortant, le discret René Dosière (photo), qui s'est récemment fait connaître pour son enquête sur les comptes de l'Elysée (un vrai travail de parlementaire, largement salué), n'a pas été choisi par les militants pour représenter le PS en juin. Un conseiller général lui a été préféré, à une poignée de voix. Silencieux sur ces intentions dans un premier temps, sans cacher son amertume, René Dosière a finalement annoncé sa candidature ce jeudi... et, aujourd'hui, à l'issue du conseil national, M. Hollande a annoncé que ces candidats, dissidents (et il y en a quelques-uns), seraient exclus du Ps si ils persistent !! Il y a sans doute mieux pour rassembler son camp...

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