Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
24 Mars 2007
Ca n'aura bien sûr échappé à personne: l'Union Européenne, héritière de la CEE, célèbre ce week-end, et précisément ce dimanche, le cinquantenaire de sa naissance, symbolisée par la signature à Rome d'un traité éponyme entre les six partenaires de l'époque (France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas). A cette occasion, les Européens rappelent leur ardent désir de continuer cette construction en dépassant les "Non" français et néerlandais à la Constituion européenne, que de nombreux autres Etats ont ratifié. Mais, du côté des candidats (à l'exception de quatre), on parle peu d'Europe, alors que celui ou celle qui succèdera à Jacques Chirac dans moins de deux mois aura à assumer la présidence de l'Union pendant son mandat (c'est plutôt symbolique) mais surtout à proposer à nos partenaires une solution pour sortir de la crise, dont nous sommes, en quelque sorte, responsables. Les Français vont donc devoir choisir la voie qu'ils veulent emprunter et celle qu'ils veulent proposer à nos amis Européens, sans pour autant considérer leur position comme la seule et unique vérité !! S'il fallait retenir un enjeu pour la campagne électorale, je placerai l'Europe en tête de mes préoccupations.
Il est un candidat qui soutient également cette position: François Bayrou, sans doute l'Européen le plus convaincu parmi les candidats, place le mot "Europe" dans nombre de ses propositions (mais pas toutes), considérant que cette échelle de décision serait, à l'avenir, plus que jamais indispensable. L'avenir de la France, c'est l'Europe !... et il a raison. Quant aux trois autres candidats qui parlent de l'Europe, ce sont d'anciens adversaires de la Consitution, qui sont aussi des adversaires de l'Europe: Jean-Marie Le Pen, malgré un léger fléchissement de ses positions, rejette l'échelon européen comme un échelon de décision, tout comme Philippe de Villiers. Enfin, Gérard Schivardi, candidat soutenu par le Parti des Travailleurs, prône (et c'est son droit) un retour en arrière par voie parlementaire, par la sortie de tout ce qui fait l'Europe: sortie du traité de Maastricht, de la zone €uro, entre autres. Or, je reste persuadé que les Français qui ont voté "Non" ont rejeté, en majorité, l'Europe telle qu'elle se construisait jusque-là (une Europe trop libérale): en cela, ce sont les leaders du "Oui" qui ont, semble-t-il, le mieux interprété ce résultat.
Mais, que disent-ils aujourd'hui, ces leaders? On ne les entend pas parler d'Europe, si ce n'est Marie-George Buffet pour réclamer une Europe sociale et pas une Europe des grands groupes financiers... Sarkozy a eu la mauvaise idée de lancer un faux débat sur l'identité nationale, faisant croire qu'il en est déjà le garant et que ses adversaires n'en ont que faire: tous les français partagent le point de vue du candidat de l'UMP et personne ne peut se dire en désaccord avec les propos qu'il tient lors des meetings. De son côté, Ségolène Royal a eu la mauvaise idée de répondre par une proposition mal venue: faire que chaque foyer ait un drapeau tricolore, qui puisse être accrochée sur les rebords de fenêtre le jour du 14 juillet... à mon grand regret, si ça continue comme cela, la campagne risque d'être mauvaise (elle l'est sans doute déjà) et cela profitera encore aux extrêmes !!... à moins, que le candidat UDF ne parvienne à rassembler ceux qui veulent un nouveau souffle pour la France. Et vous, qu'en pensez-vous? [Je précise, pour finir, que je n'ai pas fait mon choix mais que je suis en pleine réflexion et en plein doute: je vais voter pour la première fois pour une présidentielle et je fais partie de ces électeurs de gauche qui sont séduit par François Bayrou]