Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
14 Mars 2007
C'est souvent comme ça (et dans un sens, tant mieux): deux informations totalement contradictoires, reflétant deux visions inconciliables de la société, ont été annoncées le même jour. D'une part, une
grande enquête sur la sexualité des Français est rendue publique, confirmant l'évolution des moeurs vers plus de liberté pour les individus, notamment pour les femmes: l'âge du premier rapport sexuel des jeunes filles se rapprochant de celui des garçons, évalué à 17 ans... ce qui suppose que ces relations se font hors mariage (ceci n'est pas un scoop !). D'autre part, le pape Benoit XVI (photo), pour la première annonce apostolique de son pontificat, a rappelé le dogme de l'Eglise dans sa version la plus ultra-conservatrice possible: non aux relations sexuelles hors mariage (avant la cérémonie ou avec une autre personne que son conjoint), non au divorce avec refus du sacrement de la communion pour les divorcés et remariés, non aux mariages entre deux personnes du même sexe. On remarquera l'emploi du mot "non" plutôt que "oui"... ce qui souligne les interdits préconisés par l'Eglise, ne laissant pas de place à la liberté des individus. On remarquera, en confrontant ces deux infos, que l'Eglise, au moins son chef, se borne à des conceptions qui snt en total décalage avec la réalité de notre temps.
Si cette conception de la famille est très minoritaire en France, elle l'est beaucoup moins aux Etats-Unis: le journal de 13 heures de France 2 propose cette semaine son feuilleton en cenq épisodes, consacrés au "bal des vierges" dans le Dakota du sud. Cette cérémonie, qui consiste en un serment donné par les enfants à leurs parents (les filles au père et les fils à la mère) de rester vierges jusqu'à leur mariage, est un passage obligé (à 11 ans) pour les membres des familles les plus puritaines des Etats-Unis. Derrière ce bal se cache un message politique fort: non aux avortements, non aux relations sexuelles avant le mariage... là encore, plus de "non" que de "oui" ! Pour les membres des associations anti-avortement, qui organisent ce bal et en profitent pour faire passer leurs messages, leur meilleur représentant est... George W. Bush qui, selon l'organistrice de la cérémonie, veille à ce que l'organisation reçoive du gouvernement fédéral l'argent nécessaire à sa quête. Mais, le pire, c'est véritablement ce qu'une jeune fille dit devant la caméra: "La plupart de mes amies ont des petits copains. Ca a l'air sympa, amusant, mais finalement c'est sans intérêt, parce qu'on souffre forcément. Il faut avant tout se rappeler que nous ne sommes pas sur Terre pour nous faire plaisir mais pour plaire à Dieu".
Quand on entend cela, on est plutôt content de vivre dans un pays où la laïcité est, en matière religieuse, le maître-mot. Car, le plus choquant dans cette histoire, ce n'est pas que ces jeunes filles pensent cela (elles en ont parfaitement le droit, et la liberté) mais c'est que l'Etat finance massivement ce type d'associations (et, en l'occurence, dans un but avant tout électoraliste). La liberté de conscience est ne absolue nécessité: chacun a la liberté de croire ou non en Dieu; mais cette liberté doit se cantonner à la sphère privée car, la liberté, c'est aussi de pouvoir avorter, ou de pouvoir divorcer (qui peut préférer le malheur d'une femme battue au bonheur retrouvé d'une femme remariée?). Aussi bien dans le cas américain, que dans celui du pape, ces idées ultra-conservatrices (respectables pour elles mêmes) ne doivent pas être mises en avant avec une telle rigueur. Surtout si elle va à l'encontre des libertés individuelles qui sont fondamentales pour la bonne vie d'une société: ce n'est pas un hasard si le mot "liberté apparaît en première place dans notre devise républicaine !