Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
31 Janvier 2007
C'est l'objet d'une enquête publiée par le magazine Phosphore (photo) ce mois-ci: les
jeunes de 16 à 25 ans ont été interrogé sur l'actualité politique, et plus particulièrement sur le droit de vote à 16 ans. Le résultat du sondage est particulièrement clair: 68% y sont opposés, considérant notamment qu'ils n'ont pas les outils en main pour accomplir cet acte, qu'ils considèrent comme une lourde responsabilité. Certes. Mais voici mon expérience personnelle: à 16 ans, en 2002, élève de première, déjà intéressé par la politique et ayant suivi la campagne électorale avec intérêt, je me serais fait une joie d'aller glisser mon bulletin dans l'urne, pour les scrutins présidentiel et législatif. Deuxième argument, mis en lumière par l'un des journalistes du magazine, interrogé sur France Info: le candidat de l'UMP, ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, propose de distinguer parmi les mineurs, selon qu'ils ont plus ou moins de 16 ans, les premiers ayant la même responsabilité pénale qu'un majeur. Si cette mesure était appliquée, pourquoi ne pas instituer l'âge de la majorité à 16 ans, ce qui reviendrait au même? A cette question, je réponds par la positive: il serait très ambitieux de faire passer l'âge de la majorité à 16 ans, avec tous les droits et devoirs que cela comporte. En contre-partie, d'autres mesures concernant l'inscription sur les lois électorales, pour rendre celle-ci volontaire, doivent parallèlement être prises: je vous renvoie à un article particulièrement intéressant, du blog de Jacques Heurtault, intitulé Révision des listes électorales.
Enfin, il est indispensable qu'une réforme des parcours scolaires soit mise en place, comportant deux volets. 1- la scolarité obligatoire, qui va de la grande section de maternelle (année fondamentale pour préparer l'entrée au CP) au brevet (dont l'obtention sanctionne l'acquisition du socle commun de connaissances), permet à tous les enfants d'avoir une base solide de connaissances, de compétences et de savoir-faire: c'est un outil d'égalité des chances. La scolarité, toujours organisée en cycles, serait ponctuée d'évaluation régulière, notamment d'une grande évaluation de fin de CM2, qui conditionnerait l'entrée en sixième. 2- une nouvelle place pour l'éducation civique: cet enseignement, rattaché à juste titre à l'histoire-géographie, est d'autant plus fondamental que la connaissance de l'histoire de la France et de l'Europe, de la géographie du monde et des enjeux de la citoyenneté doivent être associés pour construire un adulte responsable. Cet enseignement, qui prépare à l'exercice de la citoyenneté, est renforcé au collège, pour donner aux futurs citoyens et électeurs les clés nécessaires à la compréhension de la vie politique. Enfin, au lycée, en seconde et première, l'éducation civique est remplacée par les TPE (qui permettent de travailler, par groupe, sur un sujet croisant plusieurs matières). Pendant l'année de terminale, un dossier de ce type, croisant philosophie et éducation civique, sur un des sujets de l'actualité, serait proposer de façon facultative aux élèves (les points obtenus constitueraient un bonus pour le "bac").
Ajout d'un troisième volet (modification le 4/02): dans le cadre d'une politique de refonte du parcours scolaire, une rénovation des programmes, notamment ceux des collèges, est à mettre en oeuvre, afin de donner plus de place à certains aspects, et de rendre des matières secondaires facultatives (dans la mesure où elle ne serve pas à toute la population, comme l'électronique, la seconde langue...). En ce qui concerne les programmes, une dimension civique peut leur être ajoutée: par exemple, pourquoi attendre la terminale scientifique pour apprendre le fonctionnement du virus du SIDA, alors qu'il serait possible de le faire, de façon simplifiée, dès la troisième, et ainsi toucher plus d'élèves? Dans le cadre d'un tel cours, des actions de prévention, ainsi que des dossiers, réalisés par groupes, pourraient être envisagées. Ce qu'il faut, c'est apprendre à nos enfants les bases de la vie en collectivité, d'une façon plus plaisante que les leçons apprises par coeur, sans que l'attention soit portée sur le sens de ce qui est appris... et pour cela, tout cours dispensé dans le cadre de la préparation au brevet, doit avoir une dimension civique.