Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
23 Décembre 2006
Rien de très original bien sûr (tous les candidats vont proposer des solutions plus ou moins radicales, efficaces, et sincères) mais il serait stupide de ne pas en parler (et je n'ai pas la prétention d'apporter une réponse miracle)...d 'autant plus que les Français ont, à raison, l'impression de perdre de leur pouvoir d'achat. Les politiques de l'emploi, de l'accompagnement, de la réponse aux licenciements, de la prise en charge financière des chômeurs, de relance du pouvoir d'achat ont toutes, plus ou moins, échouées car les politiques sont tous convertis au thèses néolibérales, qui ont montré leur grande capacité à creuser les inégalités car, quand on voit les profits, les salaires des grands patrons, on peut vraiment se dire que jamais le monde riche n'a été aussi riche et que le monde pauvre n'a jamais été aussi pauvre (c'est vrai en France, mais ça l'est encore plus dans les pays en voie de développement).
Il faut d'abord changer de discours (beaucoup le font) mais aussi de méthodes (très peu le feront). Partons d'un constat simple, que chaque électeur est en mesure de comprendre (contrairement aux grands discours économiques de certains hauts technocrates): la croissance (c'est-à-dire la progression de la richesse nationale) se nourrit de l'investissement (qui, selon les libéraux, est absent car rongé par les impôts) et de la consommation des ménages qui, faute d'un pouvoir d'achat au beua fixe, est incertaine et fluctuante. Deuxième constat: d'après les experts, jamais l'épargne s'est aussi bien portée qu'en ce moment. Or, faute d'argent suffisant, les couches populaires n'épargnent pas; ce sont logiquement les plus riches (ceux dont les profits devraient servir à l'innovation) qui s'en mettent plein les poches et préparent leurs vieux jours (et ceux de leurs descendants !). Enfin, troisième définition: le pouvoir d'achat (ou salaire réel, dans le vocabulaire économique) correspond au salaire nominal (défini par les contrats de travail et invariable) amputé de l'inflation. Ces mises au point nécessaires (extraites de mon cours sur la "mondialisation") vont servir à la suite de l'exposé.
1- relancer le pouvoir d'achat par des mesures simples: permettre à chacun de pouvoir vivre décemment suppose de changer radicalement de politique des salaires, qui passerait par trois mesures aussi urgentes qu'indispensables. A/ indexer le salaire nominal sur le taux d'inflation en obligeant les entreprises à augmenter les salaires à chaque échéance du contrat de travail d'au moins autant que l'inflation. Mathématiquement, le salaire réel, sans augmenter systématiquement (seulement dans les cas où les patrons décideraient de faire profiter à leurs salariés des gains réalisés par l'entreprise), resterait stable (ce qui n'est pas toujours le cas actuellement). B/ instaurer le SMIC comme référence absolue, sous laquelle auquel salaire a temps plein ne pourra descendre, et fixé à 12€ de l'heure. C/ instituer une nouvelle méthode de calcul des salaires, à la signature d'un contrat: le salaire nominal brut doit être au moins équivalent au SMIC, revalorisé de 2% par année d'études au-delà du bac et de 0,5% par année d'ancienneté dans un même secteur d'activité (dans le limite de 30 ans). Ainsi (exemple concret), un employé à BAC+4 salarié depuis vingt-deux ans dans l'informatique recevrait environ 1650€ par mois (au moins car, sur la base du SMIC).
2- la question du temps de travail: une proposition des plus concrètes et des plus justes a déjà été faite sur ce point. Elle proposait une augmentation du temps de travail global, tout en prenant en compte les temps de trajet pour aller et repartir de son lieu de travail (en favorisant, en plus, les transports en commun). Retrouvez-là en cliquant ICI.
3- veiller au maintien des systèmes des indemnités de chômage: la croissance reposant sur la consommation, et les personnes en difficulté sociale (au premier rang desquelles les chômeurs) dépensant toutes leurs ressources dans la cxonsommation, il paraît nécessaire de maintenir les indemnités de chômage, à des niveaux suffisamment élevés pour permettre de vivre dans de bonnes conditions (un haut niveau de RMiste n'est pas, pour un pays comme la France, un élément de réussite), mais à un niveau suffisamment modeste pour rendre attractif une activité salariée. Certes, le contrôle des chômeurs doit être réalisé, afin de sanctionner ceux qui refusent des proposition de l'ANPE pour ne pas travailler. Pour cela, il faut établir un profil pour chaque chômeur et l'envoyer automatiquement aux employeurs pour qui le profil en question correspond à la recherche qu'il entreprend. L'ANPE serait le point de passage obligé de tous les employeurs embauchant et de tous les sans-emplois: pour cela ilo faut continuer à créer des maisons de l'emploi proposant tous les services d'accompagnement en un même lieu, et donner plus de moyens (notamment humains) à cet organisme.
4- veiller au maintien de tous les systèmes de solidarité: là aussi, au nom de la justice sociale et de la juste redistribution des revenus et richesses, les systèmes de bourses d'enseignement (sans lesquelles nombre d'étudiants -moi le premier- ne pourraient pas construire un projet professionnel) et de sécurité sociale sont à perfectionner. Permettre une bonne couverture de chacun, limiter l'emprise des assurances privées, demander plus d'efforts à chacun (comme la prise en charge d'une partie des soins, toujours en fonction de ses ressources) sont des nécessités... sinon le système coulera et les inégalités se creuseront encore davantage.
5- lutter plus efficacement contre les délocalisations: c'est l'un des principaux chevaux de bataille de l'extrême-gauche, qui a raison de dénoncer la timidité des gouvernements à cet égard. La seule recherche du profit et des bas salaires dans les pays émergents répond à une logique à très court terme, dont la pertinence est à nuancer au regard des conséquences désastreuses qu'elle engendre sur le long terme. Ces pratiques, détruisant le tissu industriel et ravageant des bassins d'emploi en France, vont également coûter très chers aux pays pauvres, qui ne verront pas la couleur de ces milliards d'€uros qui passent sous leur nez. Trois mesures s'imposent: A/ exiger le remboursement intégral des aides publiques perçues par une entreprise délocalisant, tout en y ajoutant une taxe et l'obligation de verser aux localités la taxe professionnelle pendant encore dix-huit mois (presque tout ceci se trouve dans le projet PS, en espérant qu'en cas de victoire de Ségolène, ce soit mis en place). B/ la stricte interdiction des licenciements économiques ou boursiers, c'est-à-dire des compressions de personnels d'une entreprises réalisant des bénéfices. La réintégration des employés licenciés et de lourdes amendes seraient ainsi exigées. C/ inscrire ces mesures dans une nouvelle Constitution européenne afin d'éviter la concourrence à l'intérieur de l'UE, ce qui nuit à notre compétitivité et à notre attractivité (salaire minimum, temps de travail, temps de repos, interiction des licenciements économiques, politique contre les délocalisations). Tous les pays ne pouvant s'entendre, même des mesures à minima sont les bienvenues: on ne réussira pas à imposer partout les 35 heures, mais limitons à 40h le temps de travail hebdomadaire (hors heures supplémentaires).
Mon objectif étant, par ces propositions dignes d'un projet présidentiel, d'ouvrir le débat sur six grands chantiers du prochain quinquennat, votre avis m'intéresse. Faisons comme si cette mesure (dans son ensemble !) étant soumise à référendum, que voteriez-vous? Oui ou Non? Ou vous absteneriez-vous? Dites-le moi en laissant un commentaire.