Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
6 Septembre 2006
A partir de demain, les parlementaires attaquent le dossier de la fusion GDF/Suez, constituant la privatisation, de fait, du premier: à l'occasion d'une session extraordinaire, dont la durée est estimée à
deux semaines (ce qui risque d'être plus long !), les élus de la Nation vont débattre d'un sujet essentiel, que certains, même à droite, aimeraient plutôt voir trancher à l'occasion de la prochaine présidentielle: François Hollande expliquait récemment, sur RTL, qu'il serait difficile pour la gauche de faire marche-arrière après le scrutin, et qu'il était donc nécessaire de mener le débat "à fond" tout de suite. L'opposition a fait le choix de l'obstruction parlementaire, par le biais des amendements au projet de loi: malheureusement, PS et PC ne peuvent s'opposer au projet que par ce moyen et, malheureusement, ils donnent au gouvernement un argument pour recourir au 49-3, évitant tout débat (contrairement à ce que veut la gauche). Comme le remarque François Bayrou, l'examen des 137 450 amendements (représentant un kilomètre de feuilles de papier empillées et une forêt abattue) va fausser le débat, faisant porter l'attention sur des stupidités et non sur le fond même du problème, alors même que certaines voix s'élève déjà au sein de l'UMP pour s'opposer au projet. Pour ceux-là, comme pour la gauche, ce sont les conséquences au niveau des prix qui font craindre le pire: les députés UMP craignant qu'une perspective de hausses de prix ne leur coûte leur fauteuil lors des prochains rendez-vous électoraux.
Toutefois, comme l'affirme Bernard Accoyer, il existe une majorité absolue pour voter le projet, alors même qu'elle n'existait pas à la veille des vacances: il faut dire qu'entre temps Sarko a répandu sa bonne parole, se montrant favorable au texte. Le président (UMP) de la commission des affaires économiques de l'Assemblée préfère évoquer la pertinence du choix stratégique du gouvernement, à savoir la constitution d'un géant énergétique permettant de renforcer l'indépendance énergétique de la France, sur le modèle de ce qui s'est fait dernièrement en Europe. Les arguments semblent d'autant plus convaincant que Jean-Pierre Chevènement se déclare plutôt favorable à ce rapprochement, à condition de connaître les intentions de la commission de Bruxelles avant de voter le texte. Car, tout nous ramène à l'Europe: en signant les accords de Lisbonne et Barcelone (sous le gouvernement Jospin), la France s'est engagée à ouvrir à la concurrence le marché de l'énergie. Le nouveau groupe n'aurait donc pas le monopole de la distribution de gaz, ce qui est pour le gouvernement le gage de prix stabilisés: la commission laisserait enfin au gouvernement le pouvoir de déterminer la limite de prix supportable par les ménages, comme il le fait aujourd'hui. Cela suffirait-il à convaincre les Français? Une chose est sûre: la lutte pour l'amélioration du pouvoir d'achat est aujourd'hui la seule préoccupation des Français... que les politiques en tiennent compte, à sept mois de la présidentielle !!