Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
30 Août 2006
Depuis cette année, la Belgique ferme en partie ses portes aux étudiants français et, plus largement, étrangers, en limitant le nombre de places pour les étudiants extérieurs à 30% des effectifs, contre plus de 70% ces dernières années dans certaines filières. Parmi les plus prisées, la filière médecine tient bonne place, faute au manque de places en France qui est le résultat de trois facteurs: coût des études trop élevé, numerus clausu trop faible à l'issue de la première année, et obligation de passer un concours d'entrée pour certaines spécialités... autant d'obstacles que la Belgique n'applique pas !! Cette limitation du nombre de places est une mauvaise nouvelle pour ces bacheliers français qui ne sont pas acceptés dans les universités françaises, mais révèle surtout les difficultés de l'université française sur laquelle les prétendants pour 2007 ferait bien de se pencher quelque peu. La prime de rentrée universitaire est, à ce sujet, une illustration des politiques menées actuellement, à savoir des réponses ponctuelles, partielles et sans avenir: la prime concerne les étudiants boursiers quittant le foyer familial pour s'installer dans un autre logement (pour lequel ils obtiennent une aide financière de la CAF). Ainsi, les étudiants, boursiers (donc de milieu modeste) et issus de familles nombreuses (pour lesquelles il vaut mieux ne pas demander d'aide au logement, ce qui fait diminuer de beaucoup les allocations familiales pour les parents), ne peuvent en bénéficier: en plus de ne pas avoir l'APL, ces boursiers n'ont pas d'aide supplémentaire.
A propos des études de médecine en France, la solution réside dans la refonte totale de notre système scolaire et universitaire: il faudra redonner au baccalauréat son poids d'avant et mieux orienter les élèves dans des filières qu'ils devraient intègrer dès la seconde. Telle ou telle faculté ou école supérieure ne pourrait être accessible qu'après examen du dossier scolaire par une commission de professeurs et après obtention d'un baccalauréat conforme à la nature de ces études. Deux conséquences: orienter les élèves selon leurs envies et leurs compétences, relever le niveau global des études dispensées (tous les bacheliers ayant un parcours commun). Mais, la revalorisation du baccalauréat passe par celle du brevet qui ne vaut plus rien aujourd'hui: il devrait désormais être le titre nécessaire pour entrer dans une voie de formation, qu'elle soit sous forme lycéenne, technique ou professionnelle. Pour cela, il faut instaurer trois nouveautés dans le parcours des élèves: rendre l'école obligatoire, non plus de 6 à 16 ans, mais de la grande section de maternelle au brevet; faire de la classe de troisième la classe de consolidation des acquis (l'idée du socle commun de connaissance trouve ici tout son sens et son efficacité); faire de la classe de troisième la classe de l'orientation en instaurant un trimestre de découverte des métiers par le biais de stages ou de journées passées dans d'autres établissements.
Ce nouveau parcours scolaire se baserait sur quatre étapes, dont les deux premières seraient obligatoires. 1- l'éveil et l'apprentissage de la langue française et des premières connaissances (de la grande section de maternelle au CP). 2- l'acquisition du socle de connaissances et la formation du citoyen (au collège). 3- la consolidation des acquis ou l'apprentissage en alternance d'un métier (après le brevet). 4- l'acquisition et la consolidation de compétences techniques par le biais d'études supérieures. L'université doit par ailleurs connaître une vraie refondation, basée sur le principe d'égalité: les plus modestes bénéficiant des aides nécessaires à la poursuite de leurs études, dans les domaines des transports, du logement et des frais d'inscription. Une piste sur ce point: équilibrer le montant de ces frais, en réduisant celui des étudiants non boursiers (car ils sont exubérants aujourd'hui) et en augmentant légèrement celui des boursiers (qui peuvent tout de même débourser plus que 4,57€). Le lien université/entreprise doit par ailleurs être renforcée, permettant aux futurs employeurs d'investir (comme beaucoup le souhaitent) dans la recherche universitaire chargée de former leurs futurs employés. Cette rationalisation des parcours doit enfin s'accompagner d'une réforme des écoles maternelle et primaire: à suivre, en début de semaine prochaine, un article sur ce thème mais, en attendant, réagissez aux propositions ci-dessus en laissant vos commentaires.