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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Une main de fer dans un gant de velours

Cette expression, que je trouve très intéressante, a été utilisée ce matin par une journaliste de France Info pour qualifier les décisions prises par les Grands de ce monde au G20 de Pittsburgh (Pennsylvanie). Alors qu'ils devaient s'entretenir de la finance mondialisée et négocier sur la manière de moraliser ce capitalisme qui a conduit le monde à la catastrophe, les chefs d'Etat et de gouvernement ont du gérer la "surprise iranienne" qui, en fait, n'en était pas une. Je m'explique: la découverte d'une deuxième usine d'enrichissement d'uranium (située près d'une ville sainte, au sud de Téhéran) qui montre l'avancement des Iraniens vers l'obtention d'une technologie qui pourrait déboucher, quoi qu'en dise Téhéran, sur une arme nucléaire ne date pas d'hier. Cela fait plusieurs jours, voire plusieurs semaines, que les services américains en avaient la connaissance. Or, Barack Obama a décidé de le révéler à ce moment précis; pourquoi? D'une part, pour peut-être minimiser ce qui vient de ce passer au G20, à savoir une reculade de l'administration américaine, et des anglo-saxons ultra-libéraux en général, à propos des bonus car ils ont fini par accepeter la position franco-allemande, plus interventionniste, sur laquelle je reviendrais plus loin. D'autre part, en plaçant l'Iran au centre de la réunion, surtout au lendemain de l'intervention d'Ahmadinejad dans l'enceinte de l'ONU, on espérait peut-être masquer ce qui aurait pu être un échec des 20 premières puissances mondiales, la probabilité qu'elles se mettent d'accord sur le sujet économique étant faible. Cette diversion est d'autant plus efficace que, ce matin, on parle davantage de l'Iran que des décisions économiques prises par le G20. Il faut dire que la mise en scène était soignée: un à un, les trois pays les plus déterminés sur la question iranienne se sont exprimés, par la voix de Barack Obama, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy (photo). Passons sur la petitesse de notre Grand à nous: cela m'avait fait sourire la 1ère fois. Mais, que notre Président ait à baisser le micro de dix centimètres, en passant après son homologue américain, et que le pupitre lui arrive aux épaules n'est qu'anecdotique.
 
Cela ne change rien à la détermination de nos trois pays pour rappeler que l'Iran a clairement violé les directives onusiennes en matière de transparence sur le nucléaire. C'était, en effet, un des deux messages des trois dirigeants, le second étant de monter le ton: si cela continue comme cela, les sanctions vont pleuvoir et, cette fois, elles auront de lourdes conséquences... manière détournée de reconnaître que celles qui étaient prises depuis de longs mois n'avaient eu aucun effet ! Mais, bon. C'est le résultat final qui comptera. D'autant que, dans ses interventions de la semaine, le président américain n'a cessé de rappeler sa politique de la main tendue à l'égard de l'Iran, repoussant l'expiration de cette diplomatie du dialogue au 31 décembre (le délai initial du 30 septembre se rapprochant dangereusement). Il faut dire qu'Obama joue une partie de sa crédibilité mondiale sur ce dossier, lui qui fut traité d'amateur et de naïf, pendant les primaires, par une Mme Clinton hilar(i)e de la proposition de son adversaire à l'égard d'un pays "ennemi". Or, le locataire de la Maison-Blanche a déjà du passer l'éponge sur la présidentielle truquée de juin dernier pour ne pas risquer de perdre la face... la voilà désormais en position délicate, alors qu'Ahmadinejad a eu l'occasion de s'exprimer devant ce qu'il restait des représentants des Etats membres de l'ONU. Le président iranien, poursuivant ses provocations sur Israël, et innovant en se lançant dans une attaque en règle contre un capitalisme qui court à sa perte, a de nouveau fait parler de lui. Sans compter que cette affaire de la "deuxième centrale" lui donne l'occasion de jouer la montre: ce matin, il affirme que cette usine n'est en rien secrète, dans la mesure où les experts de l'AIEA (Agence Internationale sur l'Energie Atomique) pourront la visiter et la contrôler.
 
Un autre homme est parvenu à faire parler de lui: le colonel libyen Kadhafi, venu s'exprimer à la tribune des Nations Unies. Son discours, non boycotté par les grandes puissances, a eu le mérite de permettre aux "petits" d'être représenté par une voix forte et audible. Son propos? L'ONU est illégitime et doit être réformée. Son constat? D'une part, le Conseil de sécurité, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, permet à cinq pays (les membres permanents) de faire la loi dans le monde grâce à leur droit de veto. D'autre part, l'organisation interne de l'Organisation est en décélage avec les principes contenus dans sa Charte fondatrice, où il est convenu que tous les pays doivent être également représentés. Certes, chaque Etat dispose d'une seule voix lors des votes de l'Assemblée générale. Mais, la composition "tournante" du comité restreint, qui prend les décisions les plus sensibles, n'est pas forcément un gage d'équité. Alors, là, j'applaudis. Comme beaucoup d'entre vous, ce Kadhafi m'insupporte au plus haut point. Son règne dictatorial sur la Libye et le caractère totalitaire et amoral de sa politique en font l'un des hommes les plus méprisables de la planète. Mais, comme Le Pen en politique nationale, ce sont souvent ces gens-là qui disent les vérités les plus crues, celle que les citoyens pensent tout bas et que les dirigeants technocrates font mine d'ignorer. Une réforme de l'ONU est indispensable... D'ailleurs, dans le domaine économique, les Obama et Sarkozy l'ont bien compris, eux qui ont milité (et finalement décidé) de remplacer le G8 par un G20 plus représentatif, intégrant des puissances moyennes émergentes dont le poids ne fait que croître dans le monde. La même volonté devrait permettre aux Nations Unies de se renforcer, là où aujourd'hui sa voix n'est plus aussi écoutée et respectée qu'auparavant.
 
Mais, revenons au G20, et à cette décision concernant la moralisation du capitalisme. Je le dis clairement: avant la tenue du sommet de Pittsburgh, j'étais assez pessimiste sur son issue. D'une part, je voyais mal Obama, quoi que fragilisé par une côte de popularité en baisse, céder sur les sacro-saints principes du libéralisme qui caractérise son pays (d'autant que la bataille autour de l'assurance santé montre que les Américains y sont très - trop? - attachés). D'autre part, en écoutant notre président, dans son intervention (très réussie car pédagogique) de mercredi soir, j'avais peur qu'on ne parvienne qu'à masquer les symptômes sans s'attaquer aux causes profondes de la crise. Le président parlait d'une "crise financière, devenue économique". J'attendais le mot "sociale". Il ne le prononçait pas: grande déception. N'aurait-il pas tout compris de cette crise? Au final, sans trop se réjouir tout de même, on nous présente ce sommet comme une réussite: Obama a abondé dans le sens des Français et la moralisation du capitalisme, commencée à Londres, se poursuit. Les bonus des traders, versés sur des périodes plus longues (pour les contraindre à réfléchir sur le moyen terme), pourront être amputés d'un malus, en cas de mauvais résultats. On ne parle ici ni de taxation exceptionnelle ni de montant maximal à ne pas dépasser (c'eût été trop pour les Américains), mais c'est un premier pas. Qui ne suffit pas pour autant. Car, dans une intervention devant les sénateurs, le président de la BNP a affirmé qu'il serait impossible de faire la part des choses entre la responsabilité individuelle d'un opérateur et la responsabilité collective d'une entreprise dans les pertes qu'elle pourrait enregistrer. En version décodée, cela signifie que, même en cas de mauvais résultat, le trader touchera son bonus intégral, au bout de 3 ou 4 ans, le malus ne pouvant lui être imputé que s'il est incontestablement à l'origine de la perte.
 
Le sommet aurait-il accoucher de décisions fermes enrobées d'un discours très convenu (une main de fer dans un gant de velours)? Je ne le crois pas. L'affaire des paradis fiscaux est d'ailleurs là pour le démontrer. A Pittsburgh, il a été décidé que les autorités nationales de régulation pourraient infliger des amendes aux établissements qui ne respecteraient pas les principes édictés au G20 et, dans le cas des paradis, ces sanctions suivront toute entrave à la suppression du secret bancaire. En clair, dès qu'une banque suisse refusera de donner les noms de ses clients à une administration étrangère, des pénalités financières seront appliquées. Bien ! Sauf que, dans le même temps, on continue d'alléger la liste de ces mêmes paradis fiscaux par d'honteux artifices. Lors de la 1ère étape, pour passer de la liste noire à la liste grise, il suffisait de prendre un certain nombre d'engagements, et c'était bon: la liste noire disparaissait quelques semaines après le sommet de Londres. Désormais, pour passer de la liste grise à la liste blanche, il suffit à ces paradis pour fraudeurs de conclure un certain nombre d'accords bilatéraux avec d'autres Etats, avec l'engagement de coopérer, pour être blanchis. Ainsi, Monaco n'est plus sur la liste grise, le Rocher ayant signé des accords avec... Andorre, le Luxembourg, les Bahamas, le Lichentenstein. Bref, les autres paradis fiscaux ! Et on voudrait nous faire croire que le capitalisme se moralise: comme s'il suffisait de laisser les voyous entre eux pour espérer qu'ils stoppent leurs activités. La blague... C'est comme l'affaire du Rafale. Hier, deux avions de Dassault se seraient percutés au-dessus de la Méditerranée, au large de Perpignan. C'est la version officielle provisoire. Et c'est la seule possible: alors que la France a réussi à trouver un premier acheteur étranger de cet avion ("le meilleur au monde" d'après Sarko) en 30 ans, une autre version ruinerait les chances de Dassault, l'ami du président, par ailleurs inéligible pour un an pour achat de voix à Corbeil-Essonnes, de vendre ses Rafale, qui n'ont pour l'instant séduit aucun autre pays. Un beau succès commercial, comme se félicite notre diplomatie ! J'espère qu'on arrêtera, un jour, de nous prendre pour des c... Bon week-end !!
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T
<br /> Bravo d'abord pour ton blog , trés riche en information et analyse , j'ai bcp lu sur le G20 , et je reste sceptique , comment peut-on aspirer a un monde plus juste avec des puissances dont<br /> l'interet premier est de ne pas trop déranger l'ordre actuel des choses ? pas seulement pour les paradis fiscaux ...Par contre , je ne partage pas votre point de vue concernant la Lybie , qui , je<br /> pense ,  vous le savez , n'a été admise au cercle " de l'axe du bien , quelle blague " qu 'aprés quelques négociations honteuses et indignes de tous ...le monde riche et puissnt joue<br /> enormément sur les façades et les apparences ...malheureusement pour nous , Bonne journée<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Bonjour et ravi de vous accueillir sur Jes6 !<br /> <br /> Vous avez raison: le gouvernement mondial, surtout sous la forme d'un G8, ne défendra forcément que les intérêts des puissants, des multinationales qui s'y trouvent... et ne protégera donc pas<br /> les plus faibles, qui mériteraient pourtant d'être défendus ! Toutefois, avec le G20 (85% de la richesse mondial), on se trouve face à un groupe d'Etats qui n'ont pas forcément les mêmes intérêts.<br /> Chine et USA sont dans le même bateau, mais n'ont pas nécessairement la même vision que les Brésiliens ou les Saoudiens.<br /> <br /> A propos de la Libye, je ne fais que dire que Kadhafi dénonce un fonctionnement interne de l'ONU où, précisément, les petits ne sont pas également représentés face aux puissances qui, toujours<br /> elles, ont la haute main sur les affaires du monde. Sur ce point, et seulement celui-là, il a raison. Pour le reste, la Libye n'en est pas pour autant un pays fréquentable de par la présence, à sa<br /> tête, d'un dictateur !<br /> <br /> Je vous invite par ailleurs à rejoindre la communauté "Pour un monde meilleur": vous y seriez la bienvenue !<br /> <br /> <br />