Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
11 Août 2006
Septembre 2001: le président Bush, depuis moins d'un an à la Maison Blanche, promet de vanger les Américains morts lors des attaques du 11 septembre et de combattre les terroristes d'Al-Quaïda, ainsi que les groupuscules s'en réclamant et les Etats les hébergeant. Alors que le cinquième anniversaire de cette tragédie approche, et deux geurres plus tard, le constat est sans appel: le terrorisme est loin d'avoir régressé (il paraît même renforcé), le monde est loin de s'être sécurisé et les Etats-Unis n'en ont pas encore fini dans leur guerre contre le terrorisme islamiste. La meilleure preuve? Ces attentats déjoués hier à Londres et dont les auteurs, interpelés par Scotland Yard, sont en lien avec les nébuleuses d'Al-Quaïda, d'après un spécialiste des milieux terroristes: qu'ils s'agissent de membres actifs de ce groupe ou de membres de groupuscules qui s'en réclament, l'objectif et les moyens sont les mêmes. Tuer le plus d'Occidentaux possibles, de façon spectaculaire, pour frapper les esprits et faire régner un climat de terreur encore plus grand aux Etats-Unis et en Europe (voyez déjà les mesures prises dans les aéroports pour fouiller les passagers). Pourquoi Londres et pourquoi maintenant? 1- le choix de la capitale britannique est simple à comprendre: il s'agit de placer cette possible attaque dans le sillage des attentats du 7 juillet 2005 et de frapper de nouveau le principal allié des Etats-Unis dans la guerre d'Irak. 2- le choix de la période d'action est plus ou moins directement lié à l'environnement international, selon un spécialiste du terrorisme. Les "fous de Dieu" ont aujourd'hui le vent en poupe: le bourbier irakien est toujours au même point, une guerre essentiellement religieuse sévit au Proche-Orient... et, donc, la communauté internationale est dans le pétrin, engluée dans ces problèmes.
Les discussions à l'ONU piétinent toujours à propos de la guerre isarélo-libanaise, chacun faisant chaque jour une nouvelle proposition, que les autres rejettent pour des raisons différentes... et, pendant ce temps, les bombardements israélens, comme les tirs de roquette du Hezbollah, se poursuivent. Avec deux conséquences: des civils affamés, blessés, tués (la barre des mille victimes cumulées vient d'être franchie), alors que l'aide humanitaire ne peut plus leur parvenir faute de pouvoir circuler librement. Coluche disait, il y a déjà vingt ans: "En 14, il y eu un civil tué pour dix militaires. En 40, c'était cent civils pour un militaire. Comme quoi, dans la prochaine, y a intérêt à être militaire pour rester vivant". L'actuelle situation me fait en effet penser à la première guerre mondiale, pour trois raisons. 1- dans le discours israélien, la durée du conflit ne cesse d'évoluer: d'un conflit rapide (au début), on est passé à dix jours d'effort supplméntaires après déjà deux semaines d'attaques, alors que désormais Ehud Olmert parle d'un deuxième mois nécessaire à la destruction de tous les moyens du Hezbollah, qui ont été sous-estimés (en nombre comme pour leur capacité de résistance). En 1914, tous les gouvernements annonçaient à leurs soldats une geurre courte qui s'achèverait vers Noël... 2- l'aide humanitaire est impossible, les convois de la Croix-Rouge Internationale ne pouvant circuler dans la région du sud Liban la plus proche de la frontière. A sa création, cette instance avait pour ambition de sillonner les champs de bataille pour y ramasser blessés et autres tués, pour les ramener à l'arrière et les soigner, en profitant de leurs tenues blanches, frappées d'une croix rouge et de leur drapeau facile à reconnaître. Un objectif loin d'être atteint aujourd'hui... 3- deux adversaires qui campent sur leurs positions, qui ne les modifieront pas tant que la communauté internationale ne se sera pas mise d'accord. Aujourd'hui, comme dans les premiers mois de la première guerre mondiale, il faudra sans doute attendre avant qu'une solution acceptée de tous soit rédigée et entérinée.
Et ce ne sont pas les propositons qui manquent, ces derniers jours: en tout, trois ont été formulées avec, à chaque fois, l'espoir de mettre un terme à ces violences de plus en plus insoutenables. 1- la proposition libanaise de déployer une partie de son armée dans le sud Liban: cette force armée, qui recevrait l'assentiment des membres Hezbollah du gouvernement de Beyrouth, remplacerait l'armée israélienne pour contrôler le mouvement chiite dans le sud du pays, afin de l'empêcher de tirer sur l'Etat hébreu. Ce dernier, n'ayant pas confiance dans cette armée (il est vrai, sporadique et très mal équipée) refuse de céder la place à autre chose qu'une force internationale dite d'interposition (c'est aussi le souhait américain). 2- le président Chirac, suspendant ses vacances pour une réunion de crise, a rappelé la position française qui propose un règlement en trois temps: un cessez-le-feu immédiat et total suivi d'une négociation politique (première résolution), avant que n'intervienne une force sous mandat de l'ONU et sous commandement français (deuxième résolution). Autrement dit, les Américains veulent aller trop vite... ce qui n'est pas faux !! Espérons qu'une résolution dans ce sens puisse rapidement aboutir car cette solution est sincèrement la meilleure. 3- aujourd'hui même, la Russie propose de stopper les combats pendant 72 heures, le temps de rétablir l'aide humanitaire partiellement interrompue en ce moment pour secourir les populations civiles bombardées. Nouveau refus d'Israël qui craint que le Hezbollah ne reprenne des forces pendant cette trêve: voilà une quatrième similitude avec la première guerre mondiale, au cours de laquelle tous les belligérants refusèrent la proposition du pape Benoit XV de stopper les combats pour 48 heures au moment de Noël. A intensifier ses frappes (ce qui donne encore plus de force au Hezbollah vers qui les civils libanais se tournent) et à refuser les propositions de paix (ce qui discrédite la thèse d'une attaque défensive), Israël va tout perdre !! De plus, songeons que la guerre de 14 s'est achevée par un traité complexe et déséquilibre, attaqué de toutes parts dans les années qui suivirent, et dont l'injustice qu'il faisait supporter aux Allemands expliquent pour partie le conflit de 1939-45. La communauté internationale doit donc faire vite, mais doit aussi bien réfléchir !!
Pour finir, sachez que le ministère des affaires étrangères français organise l'opération intitulée "Un bateau pour le Liban", sollicitant l'aide et la générosité des particuliers, des entreprises et des collectivités pour l'envoi d'un bateau chargé d'aide humanitaire, dans les plus brefs délais. Toutes les infos sur ce lien du Site du ministère (cliquer sur le "2" du second paragraphe intitulé "Aide humanitaire d'urgence"). Cette page d'information sur la situation du Proche-Orient et sur l'action du quai d'Orsay est mise à jour quotidiennement.