Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
7 Août 2006
Le chemin est encore long pour faire comprendre aux petits partis qu'ils feraient mieux de nouer des alliances électorales durables au niveau des législatives plutôt que se lancer dans une campagne présidentielle, qui leur garantit une certaine audience mais qui risque de leur coûter cher: en plus de pénaliser le candidat socialiste (le mieux placé à gauche), il risque de payer leurs frais de campagne en totalité, en cas de score inférieur au seuil des 5%. Après la déclaration de François Hollande (qui demande aux élus socialistes de n'apporter leur parrainage qu'au seul candidat PS), la première réaction a été celle de Christiane Taubira, d'ores et déjà candidate à l'investiture de son parti (le Parti Radical de Gauche). "Je ne sais pas si, de la part du numéro un du PS, il s'agit d'affolement ou de panique ou si ça doit être pris comme une déclaration d'hostilité envers les partenaires du PS", s'est interrogée l'élue de la Guyane, pour qui, "dans ce cas-là , ça reviendrait à les traiter comme des vassaux". Nul question de faire du PRG un vassal du PS mais de limiter la probabilité d'un nouveau 21 avril qui n'est pas seulement dû (loin de là) au seul emittement des candidatures, qui n'en demeure pas moins un facteur d'explication. Le scrutin de 2007 s'annonce d'ailleurs encore plus délicat pour la gauche, confrontée à une droite mobilisée derrière un chef qui a le mérite de rassembler son camp, mais aussi confrontée à une multiplicité de candidatures qui lui sera plus préjudiciable qu'au président de l'UMP, ou à celui du FN. L'obstacle des parrainages, créé à cet effet, serait un moyen efficace de limiter ses candidatures farfelues (non sans intérêt, pourtant), dont la dernière en date est celle de l'urbaniste Roland Castro qui a lancé, hier, sa campagne présidentielle sur la base d'un projet en 89 propositions, dont l'une d'elles est la démission de Georges Frêche (!?)... finie la rigolade... la présidentielle est un moment trop important pour faire n'importe quoi !
Le chemin est encore long aussi sur le front de l'emploi: après le CNE, ce sont les mesures de strict contrôle des chômeurs qui fêtent leur anniversaire en ce moment. Avec ce constat: la situation n'a pas changé, elle ne s'est ni dégradée ni améliorée... seule une certaine modération dans l'application des sanctions est à relever, les suspensions d'allocation chômage étant en recul. L'encadrement des demandeurs d'emploi, leur accompagnement dans une formation ou vers un nouveau secteur d'activité suppose de simplifier les démarches (les maisons de l'emploi en ont l'ambition). Mais il est aussi nécessaire d'augmenter le nombre de conseillers d'ANPE pour un meilleur taux d'encadrement qui passe par une personnalisation des parcours et par une plus grande fréquence des entretiens. Les maisons de l'emploi sont l'avenir de la lutte contre le chômage: la gestion des offres, des dossiers de candidature, la lutte contre les discriminations devront passées par elles. A propos de discrimination, en voilà une qui vient d'être tolérée par la commission européenne: une entreprise irlandaise, qui avait refusé un employé parce qu'il était fumeur (donc, dans la logique de l'employeur, sujet à des arrêts maladie plus fréquents) n'a pas été condamnée par Bruxelles ! Le projet socialiste, profitant d'une certaine frilosité du gouvernement sur le sujet, devrait comporter une clause de santé publique, qui mette en avant la prévention des risques de cancer (dès l'école) et la lutte contre toutes les dépendances (notamment à l'alcool).
Enfin, le chemin est encore long pour trouver une solution politique viable au problème corse, qui empoisonne la République depuis plusieurs années. Alors que les mouvements indépendantistes régionaux (polynésien, basque, catalan, breton, corse) étaient réunis à Corte pour les journées nationalistes annuelles, la question se pose d'autant plus urgemment que le communiqué final des organisations présentes ne laisse guère de doutes quand à leurs motivations. Dans cette "déclaration commune et solennelle des peuples sans Etat sous domination française" (qui se veut
"à la fois une interpellation et une mise en cause visant l'Etat français"), les nationalistes réunis réclament "le droit à la reconnaissance comme peuple et nation, celui à l'autodétermination et à mettre en oeuvre un processus de décolonisation". Faute de quoi, prévient Jean-Guy Talamoni (photo), "nous constatons qu'une trêve des attentats n'est pas à l'ordre du jour malgré les appels au dialogue des nationalistes". Manière de légitimer les actions terroristes qui, pas plus tard que le week-end dernier, ont frappé l'île, à travers les villas de "métropolitains" ainsi que les bâtiments des pouvoirs publics ! Au-delà de ces déclarations (en décalage avec la volonté des Corses?), le texte souligne le besoin d'action pour garantir au peuple corse l'accès à "sa" terre, dont le prix a flambé ces dix dernières années... une piste pour les candidats à la présidentielle, soucieux de s'attirer les voix de plusieurs centaines de milliers d'électeurs supplémentaires. Alors même que les mouvements autonomistes ont brandi la menace de présenter un candidat commun pour 2007. Et, voilà, la boucle est bouclée: encore une candidature qui ne ferait rien gagner à notre pays !!