Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

Publicité

Brève: voilà un dictateur sur lequel taper

Il y a quelques semaines, le coup d'Etat perpétré contre le président du Honduras, Manuel Zelaya, toujours en exil forcé hors de son pays, provoquait des réactions diverses. Plus que mollement, la communauté internationale réclamait le retour du président démocratiquement élu pour mettre fin à une situation illégitime. On voit le résultat aujourd'hui: toutes les tentatives de Zelaya pour rentrer à Tegucigalpa, la capitale, ont échoué, les militaires au pouvoir quadrillant l'aéroport international. Certains ont cru voir dans ce président déchu un pseudo-dictateur en herbe, car il souhaitait organiser un référendum modifiant la Constitution afin de lui permettre de briguer un nouveau mandat présidentiel. Jusque-là, le Loi fondamentale du pays n'autorisait le président qu'à effectuer un seul mandat (ce qui n'est visible dans aucune autre démocratie au monde). Son projet était donc de permettre au chef de l'Etat de réaliser deux mandats. Jugé illégal par la plus haute instance du pays, le référendum n'eut pas le temps de se tenir grâce à l'intervention de l'armée (dont le chef d'état-major venait d'être limogé), et qui a chassé Zelaya pour installer le président de la Chambre, Roberto Micheletti, à la tête du pays. J'avais alors pris la défense de Zelaya faisant remarquer deux choses:
1- un référendum aurait permis au peuple souverain, dont les droits sont mille fois supérieurs à ceux de tout organe fût-il légal, de se prononcer sur ce projet et, s'il le jugeait légitime, de permettre à Zelaya de briguer un second mandat, qu'il n'aurait obtenu que par l'élection;
2- il est curieux de critiquer un homme qui veut limiter le nombre de mandats présidentiels à deux sous prétexte que son projet ne va pas dans le bon sens. Parce qu'il passe de 'un' à 'deux' (soit dans le sens ascendant), ce projet serait moins démocratique que celui qui fait passer les mandats présidentiels de 'trois' à 'deux' (soit dans le sens descendant), alors que le résultat final est le même.
Pour ces deux raisons, je considérais que le président hondurien était la victime du coup d'Etat qui l'a chassé d'une place qu'il occupait légalement. Et, donc, que la communauté internationale aurait du se mobiliser bien davantage pour le remettre dans son bon droit.
 
Il faut dire que la "violence" (c'est une manière de parler !) des réactions diplomatiques est proportionnelle au degré des intérêts de tel ou tel pays dans la région. Ainsi, les Etats-Unis sont-ils plus prompts à dénoncer une dérive anti-démocratique au Venezuela (contre un Chavez qui, lui, ne cache pas son ambition de multplier, à l'infini, les mandats présidentiels, dans le cadre d'élections libres) qu'au Honduras. Certes, les situations ne sont guère comparables, mais ce pauvre petit pays d'Amérique centrale (qu'une grande majorité d'entre nous ne savons pas placé sur une carte) peut bien subir une dictature militaire que l'administration Obama ne bougera pas le petit doigt. Et, puisqu'il est question d'Hugo Chavez, je profite de cet article pour relayer une inormation lue sur le site de Courrier International: le ministère de l'information vient de suspendre l'autorisation d'émission d'une quarantaine de chaînes de télévision et de radio, notamment d'opposition, sous le prétexte de redistribuer ces droits d'émettre à des projets qui attendent depuis plusieurs années. Quand l'information ne circule plus librement, que la pluralité des points de vue ne peut pas s'exprimer, alors, là, on tombe dans un régime dictatorial. Ce n'est pas parce que M. Chavez est d'extrême-gauche, qu'il pratique (avec ses collègues de Bolivie ou d'Equateur) des nationalisations symboliques et qu'il s'affichait ouvertement anti-bushiste, qu'il faut le considérer comme un danger. C'est parce qu'il musèle son opposition et qu'il risque de monopoliser le pouvoir en surfant sur ses bons résultats socio-économiques (qui ne sont pas encore extraordinaires pour autant) qu'il bafoue les plus élementaires principes démocratiques. Et c'est pour cela, et cela seulement, qu'il faut le dénoncer.
 
Et pour ceux qui, comme moi, de temps en temps, veulent taper sur un dictateur, je vous en donne l'occasion aujourd'hui. Et cette fois, il s'agit d'un vrai dictateur en herbe. Au Niger. La situation est simple à comprendre, tant elle ressemble à celle du Honduras: le président en place, dont le second (et théoriquement, dernier) quinquennant arrive à terme en décembre, Mamadou Tandja (photo), 71 ans, convoque un référendum aujourd'hui. Son projet? Prolonger de trois ans son mandat actuel et, une fois celui-ci expiré en décembre 2012, pouvoir se représenter pour un nouveau mandat présidentiel. En clair, la limitation a deux serait remplacé par une possibilité d'enchaîner, de manière illimitée, les mandats présidentiels. Là, on est véritablement dans la totale régression... D'autant plus que, depuis quelques semaines, le président multiplie les actes purement autoritaires: il a décidé, coup sur coup, de dissoudre le Parlement et la Cour constitutionnelle qui, tous deux, dénonçaient son projet. Il s'est ensuite arrogé les pleins pouvoirs exceptionnels, gouvernant désormais par décrets. Et, devinez l'argument qu'il utilise? Il fait tout cela "au nom de la volonté du peuple". Evidemment. D'ailleurs, le ministère de l'Intérieur nigérien a prévenu: la police réprimera sévèrement toute personne compromettant les opérations de vote (autrement dit, les opposants). Bref, quand un même homme détient plus d'un seul pouvoir entre ses mains (ici, les pouvoirs exécutif et législatif), en violant la Constitution en vigueur et en se faisant passer pour le seul recours dont dispose son peuple, on peut légitimement parler de dictature !! Alors, faites-le... Et plus vigoureusement, s'il vous plaît, que le Quai d'Orsay qui a dénoncé des "atteintes répétées à la démocratie". A oui, j'oubliais: le Niger, ancienne possession française, pays peuplé de 15 millions de pauvres, est le 3ème producteur africain d'uranium.
Source: dépêche AFP relayée par le site "Google actualités".
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article