Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Le monde vient d'assister à un évènement plus rare: un pays vient de décréter dix jours de deuil national après la mort d'un de ses anciens dirigeants. C'est la présidente des Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo, deuxième femme à diriger ce pays de 98 millions d'habitants, qui a pris cette décision pour rendre hommage à l'une de ses prédecesseurs, Corazon Aquino. Cette dernière, première femme à diriger un pays en Asie, est décédée hier des suites d'un cancer du colon contre lequel elle luttait depuis un an et demi. Âgée de 76 ans (elle est née en janvier 1933 !), elle restera dans l'histoire de son pays celle qui a rétabli la démocratie en 1987, année où elle fit déclarée "femme de l'année" par le magazine Time (photo). Son histoire est particulièrement intéressante car rien ne prédisposait cette mère de cinq enfants à faire de la politique, dans laquelle son époux était engagé. Benigno Aquino, élu maire, puis gouverneur et enfin sénateur, il fut l'un des plus fervents opposants à la pseudo-dictature du président Ferdinant Marcos, chef de l'Etat pendant vingt ans. Victime de la loi martiale (juridiction d'exception qui donne le pouvoir de maintien de l'ordre à l'armée) qu'imposa ce dernier, il fut arrêté, condamné à mort et s'exila aux Etats-Unis en 1980. Trois ans plus tard, ayant obtenu la promesse de garder la vie sauve, il rentra au pays et, à peine descendu de l'avion, il fut assassiné. C'est alors que sa femme s'engagea en politique, avec la ferme intention de mettre fin à ce régime qui traquait ses opposants et, donc, de reconstruire une véritable démocratie.
En fait, c'est sous la pression de la population philippine, qui lui demandait de prendre symboliquement la tête de l'opposition, qu'elle accepta et se présenta à la présidentielle de 1986. En février de cette année, les deux camps se déclarèrent vainqueur: ayant perdu le soutien de l'armée, qui se déclara neutre dans cet affrontement politique, et n'ayant plus la confiance de la rue, le président Marcos s'exila à son tour... laissant le champ libre à Mme Aquino, qui devint présidente de la République, avec le soutien de l'Eglise (le pays est majoritairement catholique). En 1987, une fois son pouvoir installé fermement, elle fit adopter une nouvelle constitution démocratique et, en 1992, ne souhaitant pas se représenter, le pays connut la première alternance non violente depuis longtemps. C'est donc à une grande démocrate que le pays va rendre hommage pendant une semaine et demi.
Une femme d'exception dont le parcours contient deux éléments intéressants: - l'épouse reprenant le combat de son mari contre un régime autoritaire ne vous rappelle rien? On peut pourtant faire un parallèle intéressant avec la situation au Pakistan où, après le retour et l'assassinat de sa femme, Bénazir Bhutto, Asif Ali Zardari a pris la tête de l'opposition au président Musharraf dont il a pris la succession à la tête du pays. Pour le moment, le résultat est loin d'être le même qu'aux Philippines. Mais, sait-on jamais: le Pakistan finira bien par se stabiliser; - une présidentielle où deux camps rivaux se déclarent vainqueurs et où le président sortant est chassé sous la pression de la rue et de la communauté internationale, cela ne vous fait penser à rien? Je pense qu'il y a de quoi comparer cette situation avec ce que traverse l'Iran depuis près d'un mois. L'opposition au président Ahmadinejad ne faiblit pas. La répression se poursuit, en même temps que les manifestations. Mais, cette fois, la communauté internationale semble bien plus faible. En tout cas, la présidence de Corazon Aquino restera comme un grand moment pour l'Asie. Celui de la démocratisation renforcée d'un pays alors instable. Bref, un modèle qui montre que la volonté politique, même si elle ne semble émaner que d'une minorité apparente, sous l'impulsion de quelques hommes (ou femmes) politiques tenaces, est la clé de la démocratisation dans le monde.
L'autre clé étant, souvent, entre les mains d'une communauté internationale qui doit savoir parler d'une même voix dans les grands moments. Et l'Europe, peut-elle parler d'une seule voix? Bernard Kouchner peut-il être un bon ministre des Affaires étrangères de l'UE? C'est la question que je vous pose dans le "sondage de la quizaine" depuis la semaine dernière. N'oubliez pas que vous pouvez y répondre en un seul clic... Cela ne vous demandera que quelques secondes, alors rendez-vous dans la colonne de droite. Merci de votre participation et bon dimanche !!
Bonjour Aurélien, Il est parfois intéressant de voir comment la mémoire des peuples garde l'empreinte d'un(e) ancien(ne) dirigeant, et une reconnaissance dans l'histoire.La présidente actuelle ne semble pas spécialement reconnue pour sa probité, d'ailleurs elle est toujours critiquée pour des affaires de corruption; mais la pression et l'émotion populaire l'ont poussé à décréter ce deuil de dix jours exceptionnel.On pourra n'y voir que de la bonne politique, pour calmer l'opinion pendant quelques temps, mais votre article parle aussi de quelque chose de primordial, et qui manque à mon avis au fronton de votre blog (très bien fait au demeurant) c'est la liberté...Une république , ou une démocratie plutôt, ne peut pas se passer de liberté, et celle-ci est gagnée par le peuple. Elle l'a été aux Philippines quant le dictateur Marcos n'a pu finalement que s'enfuir, après des élections; elle le sera un jour en Iran, bientôt je l'espère, car non pas la rue, mais la plus grande masse de la population un jour prendra son essor. Les Perses sont des expérimentateurs civiques, ils ont depuis longtemps dépassé le cap des cultures tribales Arabes et Moyen Orientales qui minent encore aujourd'hui les pays du Golf, le Pakistan, l'Afghanistan sans même parler de l'Irak...!Alors viendra le temps d'un représentant, un Homme ou une Femme qui marquera l'histoire comme la fait Corazon Aquino, l'exception oui, mais l'espoir d'abord, celui que porte le souffle de la liberté.Bonne journée.Pelion
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Bonjour Pelion,<br />
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Plus je progresse dans ma réflexion sur un monde, une Europe et une France meilleurs (grâce à mon blog), plus je partage ton avis: la liberté est une valeur fondamentale. Elle manque en effet<br />
au triptyque du blog.<br />
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Je réfléchis d'ailleurs à un changement de nom. Je devrais, en septembre peut-être, acheter un nom de domaine (sans le suffixe "over-blog" dans l'adresse du blog) en utilisant les (maigres) droits<br />
d'auteur que j'obtiens. Je lancerais un sondage sur le sujet pour que vous me donniez votre avis. Mais, le mot "liberté devra apparaître.<br />
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Bonne journée à toi aussi, et à bientôt !<br />
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M
METEXTOFF
02/08/2009 22:56
Je suis d'accord pour penser que l'ex présidente des phillipines était une femme exeptionnelle par son courage et son désintéréssement . De là à comparer le mari de la défunte Benazir à cette Dame , il y a un fossé que je ne franchirai pas . Il n'apparait pas avoir les qualités politiques et surtout morales (et c'est un euphémisme ) qui permettrait à ce pays de s'en sortir . Et puis ce n'est pas le même type de "population" ou la logique ou le "vivre mieux" bref , la démocratie ne semble pas être la priorité...
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Il est clair que la démocratie n'est pas une priorité des actuels dirigeants pakistanais. Et les Etats-Unis n'en font pas non plus leur priorité, dès l'instant que le pays reste assez stable<br />
politiquement pour être un allié bien utile dans la région, notamment dans la fameuse lutte contre le terrorisme.<br />
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Je suis content que vous réagissiez à ce parallèle. Car, plus que comparer Mme Aquino au président pakistanais, je soulignais la proximité des deux situations. Etant entendu que l'ancienne<br />
présidente philippine est plus proche, en terme politique et moral, de Mme Bhutto elle-même (et non son mari, bien sûr).<br />
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P
Patricia
02/08/2009 19:27
Sondage "pour ou contre la présence française en Afghanistan?http://http://localhost//sondages/sondage-gratuit-7212_66435.phpparticipez et votez