Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
3 Août 2006
C'est en ce moment l'anniversaire du CNE (Contrat Nouvelle Embauche): tous les médias en parlent, mais dans la classe politique, à droite comme à gauche, on reste bien silencieux (vacances obligent) ! Seul le PS a affirmé vouloir supprimer ce contrat en cas de victoire l'an prochain, tout en condamnant les mensonges du gouvernement, qui fournirait des chiffres erronés. Une chose est sûre: cette bataille des chiffres ne cache pas le relatif échec de la mesure, le nombre des CNE signés depuis août 2005 étant nettement inférieur à celui attendu. D'autant plus que la plupart d'entre eux ne font que remplacer d'autres contrats qui auraient été signés sans que ce contrat ne soit créé: 10% environ des CNE représentent une réelle création d'emplois. Mieux que rien ou très insuffisant? A droite, on se félicite des emplois créés et du sort des salariés qui ont eu la chance de signer un CNE plutôt qu'un CDD de courte durée, qui aurait pu ne pas être renouvelé. A gauche, on stigmatise la précarité de la situation de ces salariés. Il faut cependant reconnaître qu'un tel contrat, même s'il institue une certaine précarité, est préférable à un CDD: la plupart des employeurs qui y ont recours recherche du personnel pour lancer une jeune, donc vulnérable, entreprise de moins de vingt salariés. Cette flexibilité pour les petits patrons est un atout mais... il manque encore une plus grande sécurité de l'emploi pour les chômeurs, qui passe entre autres par la sécurisation du parcours professionnel ou encore la formation tout au long de la vie.
Toutefois, un an après sa création, le CNE ne fait pas l'unanimité, pour deux raisons. 1- la tentative de création d'un CPE l'a amputé d'une image initiale plutôt positive (pour les raisons ci-dessus). La volonté de Dominique de Villepin d'étendre une certaine flexibilité aux jeunes n'a pas plu car elle ne répond pas aux craintes des moins de 25 ans. L'idée d'une flexibilité pour les petites entreprises n'était pas tout à fait mauvaise, alors que le jeune gouvernement Villepin bénéficiait d'une popularité élevée, liée à son discours sur la préservation et la consolidation du modèle social français. 2- du fait des nombreuses procédures judiciaires engagées contre les employeurs "voyous" (qui sont, dans les premiers jugements, condamnés), les petits patrons hésitent à avoir recours à un CNE dont le nombre de signatures conclues diminue au fil des mois. Nuancons toutefois en soulignant que les médias focalisent l'attention du public sur les cas négatifs, sans pour autant nier l'existence d'employés satisfaits et confiants dans leur avenir. Ceux-ci apprécient la possibilité de transformer un CNE en CDI, quitte à être licencié sans justification pendant deux ans (période au cours de laquelle ils peuvent eux aussi mettre un terme au contrat)... occasion de faire ses preuves et d'acquérir une expérience professionnelle sont, pour ces salariés (pas forcément jeunes), les principaux avantages. Reste, donc, à sécuriser les parcours professionnels et à relancer la croissance et la consommation pour nourrir le marché de l'emploi.