Vous savez, si vous êtes fidèles lecteurs de Jes6, que je suis friand des petites infos qui, sans liens les unes avec les autres, nous apprennent beaucoup sur un sujet: dès demain, je reviendrais sur les évènements qui se déroulent tant en Iran qu'en Chine (en plus d'un autre article sur le G8 de L'Aquila). Mais, ce soir, j'aimerais parler de nous. Des Français. Car, en trois informations, qui font la "une" depuis hier, on peut en venir à la conclusion sans appel que je placarde en titre: nos politiciens ont bien raison de se plaindre de nous, ce peuple loin d'être docile et qui semble haïr le changement (la rupture, diraient certains). Rassurez-vous: cet article n'est pas un plaidoyer pro-sarkozyste ! Aucune des informations que je vais traiter n'ont de lien avec notre président. C'est bizarre, mais c'est vrai. D'ailleurs, cela fait au moins deux jours qu'on ne l'a pas entendu ! Il faut dire qu'il est en Italie, noyé au milieu des Berlusconi, Obama et Merkel qui attirent la lumière des caméras. Preuve, s'il en fallait une, que le monde tourne mieux quand les grands décideurs se réunissent... au moins, ils nous fichent un peu la paix. Vous l'aurez compris (et je vais enfin mettre fin au suspense qui vous tient en haleine), il faut prendre tout ce qui suit au second degré. Quoique. A vous de juger: n'hésitez pas à poster un commentaire pour en débattre...
1- les cyclistes français sont au ras des pâquerettes: la première victoire d'un coureur tricolore sur le Tour de France n'aura pas suffi. Thomas Voeckler, dix jours maillot jaune en 2004 (tout le monde s'en souvient?), a remporté la 5ème étape en s'échappant à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée à Perpignan. Or, après avoir relaté l'exploit, les médias s'empressaient de dire: et pourtant pas un Français en bonne place au classement général, le premier n'étant que 49ème ! Quelle bande de nuls, ces coureurs français, incapables d'être réguliers. Et nos journalistes de se lamenter... en regardant dans le rétroviseur, une fois de plus. Pour nous rappeler qu'Untel a gagné le Tour en telle année, ou qu'un autre a terminé deuxième. Et pour mieux souligner également que les Français ne savent pas aussi bien (je n'ai pas dit autant) se doper que les autres? La preuve: nos médias n'ont d'yeux que pour Armstrong, le dopé le plus intelligent du peloton (d'après un journaliste qui a enquêté sur son cas) et le miraculé d'un cancer. Tous les soirs, on entend: "Untel a gagné l'étape, machin reste en jaune et Armstrong passe de la 10ème à la 2ème place !". Je vais le dire clairement: on s'en fout ! Se focaliser sur un seul homme, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, en éclipsant les autres, c'est du journalisme de m...
2- les Français sont les pires touristes du monde: une enquête paraît-il très sérieuse nous placent en queue du peloton des touristes les plus agréables. Nous serions trop râleurs, pas assez aimables et polis. Certains interprètent cela comme une marque d'exigence, qui se traduit par des comportements désagréables à l'égard des prestataires de service. C'est donc une très bonne nouvelle: nous ne nous laissons pas marcher sur les pieds et exigeons un service à la hauteur du prix payé ! Mais, il est vrai qu'avec un sourire et un "bonjour" (ce que nous sommes nombreux à exiger des caissières peu aimables que nous avons déjà tous croisés au moins une fois), ce serait évidemment mieux. Mais, il y a une autre raison à ce mauvais classement: contrairement aux Japonais ou aux Espagnols, plus agréables, nous rechignons à parler étranger ou à faire un petit effort en anglais. Car, hors de cette langue universelle, qu'on nous impose, point de salut. Personnellement, je pense être relativement courtois et, parce que je parlerais pas assez bien anglais (ce que je ne nie pas !), je serais désagréable. De qui se moque-t-on?
3- les Français sont de vrais chauffards: il a suffi que le nombre de tués sur nos routes bondissent de 33% en juin, ce qui est dramatique évidemment, pour que les donneurs de leçons se réveillent. Le ministre promet d'accentuer la chasse aux contrevenants, comme on chasse les immigrés clandestins. Les associations rappellent que la vitesse est en cause dans bon nombre d'accidents mortels et que ces satanés de jeunes sont parmi les premiers responsables. Nos médias relaient ces informations et nous proposent des tests sur autoroute: il suffit de rouler à 130 km/h pour se faire allégrement doubler. Conclusion sans appel depuis hier? L'indiscipline est de retour et il faut sévir d'urgence. Sauf qu'en plus de la vitesse, la consommation de drogue ou d'alcool, l'absence de pauses régulières et d'étirements lors des grands voyages, ne sont pas non plus scrupuleusement respectés. Quelques semaines après la lancement de la dernière campagne de la Prévention routière, qui félicite les automobilistes pour leurs conduites ayant sauvé des vies, le vent a bien vite tourné... Preuve d'une vision de court terme?
4- évidemment, les consommateurs (et les associations chargées de les défendre) montent au créneau contre l'augmentation des tarifs voulues par la PDG d'EDF: il a suffi d'une phrase de Pierre Gadoneix pour déclencher la colère des usagers, bien relayées par les médias. Une hausse de 20% des tarifs échelonnés sur au moins trois ans: tel est le voeu du patron de l'Electricité française qui justifie cette augmentation par le besoin de désendetter un groupe souhaitant se lancer dans des investissements pour améliorer son réseau. Invité du 13 heures de France 2 hier, celui qui devient le nouvel adversaire de notre pouvoir d'achat a pu s'expliquer... et tenter de répondre au refus du gouvernement, défenseur acharné dudit pouvoir d'achat des Français. Or, augmenter les tarifs pour désendetter l'entreprise et mener des investissements, c'est-à-dire réfléchir à long terme, c'est évidemment ce qu'il faut faire. Par son refus, l'Etat veut encore nous faire croire que la facture de son endettement accéléré (on devrait approcher les 100% à la fin du quinquennat) ne se règlera pas par une hausse d'impôts. Foutaise ! Avec l'exemple d'EDF, on comprend que l'usager, pour avoir un service de qualité, doit mettre la main à la poche. Et, si, dans le même temps, ces Français devenus écolos changeaient leurs habitudes de consommation d'énergie, cette hausse ne serait-elle pas plus indolore? Allez, un petit effort...
5- une petite touche d'optimisme pour finir. L'information a été donnée hier soir, par le 20 heures de France 2: les Wallons francophones de Belgique sont de plus en plus nombreux à vouloir être rattachés à la France, au point qu'un parti défendant cette idée a vu le jour. Parti qui entame ses réunions publiques par la Marseillaise. Donc, j'en conclus que la France est un pays attractif. Et que, pour nos voisins belges, nous n'avons pas tous les défauts de la terre. Mais, seraient-ils aveugles, sourds et naïfs nos chers voisins? On vient de leur démontrer, par A+B, que nous étions un peuple de boulets, incapables d'accepter des réformes difficiles et de se projeter dans un avenir un peu plus lointain que la fin de l'été. Ou, alors, les trois points précédents ne sont pas assez pertinent pour en juger. Personnellement, j'en doute: l'Europe n'est-elle jamais plus populaire à l'extérieur (au sein des peuples qui souhaitent y adhérer) qu'à l'intérieur (où une grande majorité des citoyens ne se déplacent même plus aux urnes lors de ce qui devraient être de grands rendez-vous électoraux)? Non ! La France, la patrie des droits de l'homme (qui a perdu son secrétariat d'Etat) et de la solidarité nationale (lancée par le Conseil National de la Résistance, redevenu politiquement à la mode), est évidemment une grande nation !