Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
24 Mai 2006
L'actualité de cette semaine me donne l'occasion de tenter une novelle approche, celle de l'exercice de la présidence de la République... je m'imagine dans la peau de Chirac et me dis que ce n'est pas cela présider la France !! Le message des Français est d'ailleurs clair sur ce point: la popularité du premier ministre (qui "dirige la politique de la nation", selon l'article 20 de la Constitution) est si basse qu'elle va finir par atteindre un symbole: celui des 82% d'opinions défavorables. Vous voyez pourquoi? ce serait un désavoeu sanglant pour notre président de voir son score du 5 mai 2002 s'être inversé à ce point !! Face à ce constat, on comprend mieux le thème de campagne de Lionel Jospin (pour ceux qui n'auraient pas compris le titre) ainsi que le fait que le parti RPR, rebaptisé UMP, n'est rassemblé qu'à peine 20% au premier tour. Mais alors, qu'est-ce que c'est présider la France?
1- c'est un président qui montre l'exemple: or, la grâve accordée à Guy Drut, ancien ministre des Sports et désomais député UMP, est du plus mauvais goût. Pour preuve, ce sondage réalisée sur le site de l'Express: 1395 votants en date du 28 mai. Cette amnistie est caractérisée de scandale (51%), d'abus de pouvoir (21%), de discutable (11%), de logique (11%), de "moindre des choses" (2%), et 5% de sans avis. Des chiffres qui confirment la tendance 2006, le gouvernement gouvernant à contre-courant de l'opinion publique comme le douloureux conflit du CPE l'a montré. Et surtout une mesure injuste, qui va à l'encontre du principe de justice et d'égalité dont le Président est théoriquement garant: c'est raté car, entre amis, on se rend de petits services. La chiraquie ne tient plus debout... le président comme le Premier ministre justifie la grâce par le "service rendu à la nation" par ce champion, dont l'obtention d'une médaille mondiale lui donne le droit de ne pas bénéficier de la même justice que ses électeurs. Et ce que l'on ne dit pas, c'est que la grâce accordée est légale en vertu d'une loi adoptée en plein coeur de l'été (sans que personne n'en est entendue parler) qui donne au chef d'Etat la possibilité de grâcier via un simple décret.
2- un président qui soit présent: les Français ont besoin de voir leur Président, d'autant plus depuis qu'il est élu au suffrage universel direct. Chirac est actuellement en voyage (Brésil puis Chili), dernière étape d'une semaine chargée, après un petit détour par l'Alsace, seule région à être restée à droite après les régionales de 2004, pour inaugurer entre autres le tramway de la ville de Mulhouse. Voilà une bonne chose, mais trop rare: le président doit être présent sur le terrain, quitter son bueau élyséen pour aller à a rencontre de ses "chers compatriotes de métropole et d'Outre-mer". Mais, la présence du chef de l'Etat, c'est aussi celle dans les médias et dans l'actualité: pourquoi devoir attendre un mois pour qu'il prenne la parole dans le conflit du CPE (une courte intervention après un conseil des ministres, par ailleurs sans réel intérêt)? pourquoi attendre six mois avant de l'entendre solennelement s'exprimer sur une multitude de sujets (31 décembre et 14 juillet)? pourquoi n'intervient-il pas dans les journaux télévisés, en se confrontant aux questions des journalistes, plutôt que de lire un texte monotone, dans contradiction? Il va falloir en changer: un chef d'Etat doit intervenir sur tous les grands dossiers, devant les caméras, et réserver à la déclaration de voeux son bilan et sa perspective pour l'année qui s'ouvre !! A suivre...