Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
1 Février 2009
Sortant de son silence, après son échec à devenir Premier secrétaire du PS lors du Congrès de Reims (dont il a été le grand perdant), le maire de Paris a accordé une interview au quotidien Le Parisien, édition de ce dimanche. Interview dans laquelle il évoque la situation économique et sociale du pays, au terme d'une semaine marquée par cette grève de jeudi, aui a été l'occasion de montrer une opposition ferme à la politique gouvernementale. Voilà donc ce que dit M. Delanoë: "Les Français sont dans le désarroi. Le gouvernement devrait donc expliquer (...) et assumer un dialogue social indispensable. Or, que voit-on? Un pouvoir brutal, enfermé dans ses certitudes, qui mène une politique fiscale clientéliste et multiplie les annonces mort-nées". Constat que je partage évidemment: c'est, en gros, ce que je développais à l'occasion de cette semaine sociale chargée, en dénonçant la méthode de gouvernance utilisée par un Sarkozy persuadé d'être le meilleur et le seul à détenir les réponses aux problèmes du pays. Evoquant la place de l'opposition dans ce contexte, le maire de Paris poursuit: "Dans ce contexte grave, le PS doit être actif. Pas seulement pour dire non, mais aussi pour porter un autre projet, une autre culture politique". Il affirme ensuite soutenir le "contre-plan" de relance annoncé par Martine Aubry la semaine dernière, estimant que ce texte "illustre une vraie alternative" face à la crise, car "il faut relancer puissamment investissements et consommation".
Et je profite de cette occasion pour évoquer, à mon tour, ce contre-plan de relance que je n'avais pas encore commenter. Avant tout, une remarque: les attaques de la droite, des porte-paroles de l'UMP et de certains ministres, sont parfois fondées. Oui, vous avez bien lu ! Il est vrai que les réactions de certains socialistes à ce plan, ainsi que le fait qu'il soit présenté cinq mois après le début de la crise, n'illustrent ni la réactivité ni l'unanimité qui auraient du caractériser cette contre-proposition. Ceci dit, elle a tout de même le mérite d'exister. Et on ne peut pas dire que Martine Aubry a tout de même changé l'image du parti, devenu plus audible (ses porte-parole sont plus effiaces dans la communication et l'opposition au gouvernement), plus incisif (présent dans les manifs, réalisant des coups médiatiques - car de celà dont il s'agit - pour s'opposer à certains projets sarkozystes, par ailleurs inacceptables). Et, en plus de s'opposer, de protester, le voilà qui fait des propositions clairement déposées sur la place publique. Défendues (avec force et pertinence) par la première secrétaire lors de l'émission "A vous de juger", ce jeudi, au soir de la grande journée de manifestation. Mais, sur le fond, ce contre-projet est plutôt moyen. Certes, rappeler qu'une politique de relance de l'économie, passant par des investissements et des mesures pour le pouvoir d'achat direct des ménages (autrement dit, utiliser les deux leviers de la croissance), est nécessaire, est une bonne chose. Utiliser Obama comme argument marketing pour légitimer le projet l'est déjà moins. En revanche, insister sur le fait que Sarko, qui n'est plus président du Conseil européen, joue cavalier seul et ne fait plus autant d'efforts pour coordonner son action avec ses partenaires (qui ne vont d'ailleurs pas tous dans la même direction) semble important. Au final, je pense que le plan du gouvernement, aussi faible soit-il, a un avantage principal: baser sa réflexion sur une vision à long terme, sur des investissements lourds qui permettent une modernisation du pays et qui, par la création d'emplois, vise à améliorer le pouvoir d'achat... même si ce n'est pas tout de suite. Et d'ailleurs, le fait que Martine Aubry parle à plusieurs reprises d'une action "à court terme", dans l'émission Arlette Chabot, est symptomatique de cet écart droite-gauche. Il n'en demeure pas moins, et je conclue volontairement là dessus, qu'une grande politique salariale (avec revalorisation du SMIC, réduction des cotisations sociales mais suppression des exonérations que l'on a trop tendance à multiplier, définition d'un salaire maximal, réforme fiscale), ainsi qu'un renforcement des services publics, est plus que jamais nécessaire. A l'échelle de l'Europe. Mais, cela, Sarko ne le fera pas: et j'affirme là, haut et fort, mon principal désaccord (un gouffre) avec le président !!