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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Oui, nous préparons l'avenir de nos enfants !

Comme promis, je termine cette série de trois articles, publiés depuis mardi, sur le thème de l'éducation. Ce secteur, auquel je suis attaché et que je connais mieux que les autres, est l'un des principaux moteurs de la grande grève inter-professionnelle pour le pouvoir d'achat et la défense du service public, qui se déroule aujourd'hui. Grève qui, au passage, concerne aussi bien les transports, la Poste, les enseignants... et les élèves ! Car, quand un seul prof assure ses cours, soit une heure dans toute la journée, la plupart de nos enfants ne se déplace pas pour cet emmerdeur qui veut les obliger à travailler. Jour de grève, cela ne veut pas dire jour chômé? Mais tant pis pour cet enseignant qui a parfois fait plusieurs dizaines de kilomètres en se levant très tôt, compte-tenu des perturbations prévisibles, pour finalement se retrouver seul face à son tableau. Et le pire, c'est que les parents - qui font parfois défaut pour l'éducation de leurs enfants - cautionnent ces attitudes... tout en dénonçant les fainéants de cheminots qui les obligent à rester à la maison ! Bref. Revenons au coeur du débat: l'éducation est en danger et, avec la politique menée depuis près de deux ans (bien plus violente que la précédente, sous Chirac), on a envie de crier "Darcos, dehors !". Cela ne m'arrive pas souvent. Et j'ai même hésité à choisir cette apostrophe comme titre de mon article. Certes, je sais bien que le départ d'un homme, en l'occurence le ministre de l'Education, ne changera rien à la politique menée par le véritable maître des lieux, Nicolas Sarkozy. A moins que la rue, ou la colère des jeunes (qui ont obtenu le report de la réforme du lycée), ne l'oblige à se remettre en cause. Lui qui vient d'opérer un virage étonnant, en reconnaissant que les Français avaient des raisons d'être inquiets et que le mouvement allait être fort (alors que, paraît-il, les grèves en France, "plus personne ne s'en aperçoit" depuis un certain 6 mai 2007 !). Ce premier grand test pour le nouveau président, qui devrait également mettre en difficulté le beau principe du service minimum (auquel les Français ne semblent pas adhérer si massivement, y voyant une limitation, indirecte, de leur droit de grève), est d'autant plus important qu'il manifeste l'exaspération massive de Français soucieux de leur avenir.
 
Car, au-delà de ce que certains pourraient considérer comme l'agglomération de la défense d'intérêts corporatistes, cette grève nationale est la manifestation, claire et massive, d'un ras-le-bol généralisé. Contre la politique inégalitaire du gouvernement. Contre ce plan de relance, insuffisant, qui a couvert d'or les banques (qu'il fallait évidemment sauver) sans que l'Etat n'ait d'autre rôle à jouer que celui de trésorier. Contre un président muet face aux inquiétudes des Français, enfermé dans ses certitudes et sa détermination à poursuivre ce qu'il appelle "réforme". Mais, voudrait-il nous faire croire que, parce qu'il les appele "réformes", ses mesures sont, par essence, les meilleures et les plus justes? N'est-il pas en train de nous prendre pour des c..., nous qui sommes tout de même capables de formuler un jugement sur le contenu desdites réformes ! Et, quand enseignants, chefs d'établissement, étudiants, lycéens et parents d'élèves, s'opposent à une de ces réformes, n'est-ce pas le signe que son contenu n'est peut-être pas si bon que cela? Est-ce toujours la faute à la communication, cet outil indispensable qui pourrait permettre de faire avaler au peuple les pires potions sous prétexte qu'elles leur soient bien expliquées et présentées? Soyons sérieux. Non seulement, la méthode Sarko est insupportable. Et l'impopularité, croissante et méritée, de Xavier Darcos s'explique par le fait que le ministre en a été le parfait relais. Considérant, avec mépris, tous ses contradicteurs, lesquels sont, soient trop bêtes pour comprendre la réforme, soient trop archaïques pour imaginer ce qui serait la modernité. Et faisant de l'application de sa réforme, dans sa version intégrale et non amendée, à la date qu'il a choisi, la première de ses priorités... aux dépens du dialogue social et de l'adhésion des premiers concernés à cette réforme que tout le monde juge nécessaire.

 

Or, après l'épisode de la réforme du lycée, nous n'étions pas au bout de nos suprises. Alors que la politique du gouvernement visait, jusque-là, à supprimer des postes (en construisant le nouveau lycée pour mieux les faire passer, et les rendre presque logiques) et à faire des économies, voilà que le ministre annonce l'embauche de 5000 "médiateurs de la réussite scolaire" pour lutter contre l'absentéisme qui, c'est vrai, atteint parfois des proportions inquiétantes. Mais, deux questions se posent: 1- comment un gouvernement de droite peut-il décider de recourir, en 2007, à une solution que ses prédécesseurs, du même bord, ont tant décrié, en 2002, à savoir les emplois jeunes? 2- comment justifier la suppression de 13500 postes d'enseignants, amorçant une nouvelle dégradation des conditions de travail des élèves assidus, et ces 5000 embauches? Où est la cohérence? Nulle part. Pour preuve? Martin Hirsch, nouveau haut commissaire à la Jeunesse, et le président de Science-Po Paris, Richard Descoing (encore une caution de gauche pour le gouvernement !), vont être les maîtres d'oeuvre d'une réforme du lycée repensée, concertée et qui se fera, paraît-il, sans suppression de postes dans les budgets 2010 et suivants. On attend de voir: car, en Sarkozye, on ne sait pas trop ce que signifie "réforme concertée". On en a jamais vue ! En attendant, je tiens à réaffirmer deux choses: 1- ce n'est pas en supprimant des postes, ou en en créant massivement au risque de fragiliser l'équilibre du budget de l'Education (comme le veulent certains syndicats), que nos enfants prépareront plus efficacement leur avenir: cessons de nous enferme dans une logique comptable; 2- l'ensemble du système éducatif, inadapté pour une grande part aux besoins de l'économie et, par contre-coup, à la réussite future des lycéens, qu'il faut repenser. Le gouvernement serait donc bien inspiré de lancer une réforme complète, de la maternelle aux universités (et uniquement dans ce sens-là), par le biais de débats régionalisés, faisant appel aux contributions de TOUS les acteurs du monde éducatif. En arrêtant de penser qu'une refonte du système, rapide et radicale, en moins d'un an, est souhaitable: donnons-nous le temps de penser l'avenir du pays !
 
Cet article était donc le dernier d'une série de trois, que je désirais publier à l'occasion de cette semaine sociale agitée. Semaine dont il faut profiter pour débattre des choix gouvernementaux mais aussi de la définition d'un service public, à laquelle nous devons collectivement parvenir. Car, dans l'Europe du XXIème siècle, c'est un thème majeur... qui pourra refaire son apparition au moment de la campagne des élections européennes. Et, sur ce sujet, je vous rappelle que le "sondage de la quinzaine" est justement consacré aux services publics: alors, allez voter !

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