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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Convergence Usagers-Cheminots

C'est par cette accroche que débute un tract que j'ai trouvé sur le siège d'un TER que j'ai emprunté lundi matin. Tract émanant des six fédérations syndicales de cheminots qui appellent à la grève ce jeudi (CGT, CFDT, FO, SUD Rail, CFE-CGC, FGAAC), profitant de cette journée nationale d'action interprofessionnelle pour appeler à la défense du service public ferroviaire. Intitulé "Où va la SNCF?", je crois utile de le reproduire intégralement ici (et d'y ajouter, entre parenthèses, mes remarques personnelles, qui ne sont en rien une analyse complète). Ce document pouvant servir de base à une discussion sur le statut de l'entreprise, sur sa stratégie actuelle de développement et sur les propositions constructives que les syndicats opposent à la politique actuelle du gouvernement. Après l'avoir lu, je vous invite à poster vos réflexions, de manière à ce que cette semaine sociale agitée soit l'occasion, pour nous, de débattre de l'avenir de notre pays et de la manière de "Réformer la France".
 
"La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche direment une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu'ils n'en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d'emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise [Remarque: le constat posé, bref mais efficace, traduit bien le désarroi des Français qui, devant le plan de relance du gouvernement, se pensent les seuls à devoir fournir des efforts, une fois de plus, pour espérer traverser sans trop d'encombres cette période difficile]. Dans cette période complexe et difficile, il y a besoin de plus de solidarité, de plus d'égalité, de plus de réponses aux aspirations sociales donc de plus de services publics [Remarque: dans le même ordre d'idée, cette première défense d'un service public quelque peu malmené par la politique de N. Sarkozy apparaît nécessaire]. En ce sens, et alors que le gouvernement trouve en quelques semaines des milliards pour sauver les banques, il faut attribuer les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de notre société et de la population. Le choix de l'Etat est éloquent: un plan de suavetage des banques de 360 milliards d'€uros alors que, par exemple, le déficit de la Sécurité sociale est de 9 milliards et la dette du système ferroviaire de 40 milliards d'€uros [Remarque: cette attaque illustre l'incompréhension de Français qui ne font pas la différence entre l'argent réellement mis sur la table par l'Etat et les sommes pour lesquelles il se porte garant, sans les dépenser. Ceci étant dit, cette remarque rejoint la position de Ségolène Royal, invité de RTL ce matin, qui dénonçait les erreurs du gouvernement qui donne l'impression, avec le paquet fiscal et son plan de relance, de favoriser une partie de la population au détriment d'une autre, celle à laquelle on demande de manière récurrente de faire des sacrifices].
 
Dans le cadre des politiques libérales décidées par Bruxelles et le gouvernement, au fur et à mesure des différentes déclinaisons (restructurations, filiolisations...) au sein de la SNCF, vos conditions de transport ne cessent de se dégrader: augmentation des tarifs, fermetures de lignes, suppressions de trains, baisse de la qualité et du confort par manque de moyens humains et matériels, détérioration du niveau de sécurité et de sûreté dans les trains et les gares... [Remarque: en listant les problèmes, qui ont récemment fait l'actualité, les salariés veulent s'approprier les revendications des usagers et sortir du piège dans lequel Sarko tente de les enfermer en jouant l'opposition grévistes-gentils travailleurs qui ne demandent qu'à aller travailler plus pour gagner plus]. Il y a bien un lien de causalité entre les situations que subissent les usagers et la nature des politiques poursuivies depuis des années dans l'entreprise SNCF. Une politique basée sur les indicateurs financiers plutôt que sur la réponse aux besoins des usagers. Alors que le Président de la SNCF multiplie les opérations "d'excuses médiatiques" invoquant la fatalité, sa stratégie interne est rythmée par des restructurations poussées à marche forcée. Le seul objectif poursuivi est la réduction des coûts en supprimant massivement les emplois, en réduisant les moyens matériels et financiers et en supprimant ou différant des investissements au nom des économies à réaliser, quel qu'en soit le prix pour les usagers, les cheminots et la collectivité [Remarque: on est donc, là, dans l'opposition classique entre service public, à l'abri de la course à la rentabilité, la qualité du service étant supérieure aux moyens déployés pour y parvenir, et entreprise privée dont le but est de faire varier les leviers - matériels, quantité de services, masse salariale - pour engranger des bénéfices visant à racheter les concurrents. Ainsi, apparaît ici une fracture entre un gouvernement de droite et une vision qu'on placera, par opposition et de manière provocatrice, à gauche].
 
Dans le même temps, la SNCF a augmenté au 1er janvier 2009 ses tarifs de 3,5% en moyenne, non pour améliorer vos conditions de transport mais pour financer sa stratégie de croissance externe avec le rachat d'entreprises ferroviaires à l'étranger, voire d'entreprises sans lien avec son activité ferrée. Cette orientation purement comptable est suicidaire pour le Service public. Il n'y a pas de fatalité à cette dégradation du service public ferroviaire SNCF. Les moyens existent, il ne manque que la volonté politique que les mobilisations sociales et citoyennes peuvent imposer pour inverser les choix et orientations [Remarque: il est vrai que, face à un gouvernement sourd aux revendications extérieures, campé sur ses certitudes et refusant de se remettre en cause, seules des actions de grève et de manifestations massives semblent pouvoir aboutir à des résultats]. Exigeons ensemble du gouvernement des moyens pour: le réseau ferroviaire, son entretien, sa rénovation, sa modernisation et son développement; l'amélioration des dessertes et la régularité des trains; l'embauche de cheminotspour assurer la sécurité des circulations, la sûreté dans les trains et les gares. Usagers, salariés, cheminots, imposons un véritable service public SNCF de qualité. Ensemble, saisissons-nous de la journée d'action du 29 janvier pour faire entendre nos revendications [Remarque: ce dernier appel à l'unité des manifestants, au-delà de leurs différents statuts et emplois, permet aux syndicats de parler pas seulement aux usagers, mais aussi aux salariés d'autres secteurs qui, eux aussi, ce jeudi, peuvent se mobiliser pour défendre leur propre secteur]."
 
Cet article est le premier d'une série de trois que je désire publier à l'occasion de cette semaine sociale agitée. Semaine dont il faut profiter pour débattre des choix gouvernementaux mais aussi de la définition d'un service public, à laquelle nous devons collectivement parvenir. Car, dans l'Europe du XXIème siècle, c'est un thème majeur... qui pourra refaire son apparition au moment de la campagne des élections européennes. Et, sur ce sujet, je vous rappelle que le "sondage de la quinzaine" est justement consacré aux services publics: alors, allez voter !
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